Giotto [1]« Giotto » est probablement la modification phonétique du diminutif d’un prénom qui pourrait être Ambrogiotto (Ambrogio) ou Biagiotto (Biagio). di Bondone (Vespignano del Mugello [2]Aujourd’hui frazione de Vicchio di Mugello, près de Florence., v. 1267 – Florence, 1337) : peintre, il est également célébré comme architecte et comme sculpteur. Les sources, dans lesquelles se mêlent histoire et légende, s’accordent à considérer que le jeune Giotto a été formé dans l’atelier de Cimabue. Ghiberti est le premier à raconter l’histoire de la découverte du jeune talent par Cimabue qui aurait surpris celui-ci alors qu’il faisait paître ses moutons tout en dessinant :
Cominciò l’arte della pictura a sormontare in Etruria. In una villa allato alla città di Firenze, la quale si chiamava Vespignano, nacque uno fanciullo di mirabile ingegno. Passando Cimabue pictore per la strada a Bologna, vide el fanciullo sedente in terra, il quale sì ritraeva del naturale una pecora in su una lastra. Prese grandissima ammiratione del fanciullo, essendo di si picola età, fare tanto bene, veggendo aver l’arte da natura. Domandò il fanciullo come egli aveva nome. Rispose e disse: – Per nome io son chiamato Giotto e ‘l mio padre ha nome Bondoni e sta in questa casa che è apresso – disse a Cimabue. Andò con Giotto al padre, aveva bellissima presentia. Chiese al padre el fanciullo e ‘l padre, era poverissimo, concedettegli el fanciullo a Cimabue, menò seco Giotto. E’ fu discepolo di Cimabue, tenea la maniera greca; in quella maniera ebbe in Etruria grandissima fama.
Fecesi Giotto grande nell’arte della pictura. Arrecò l’arte nuova, lasciò la rozzezza de’ Greci, sormontò excellentissimamente in Etruria; e fecionsi egregiissime opere, e spetialmente nella città di Firenze, e in molti altri luoghi; e assai discepoli furono, tutti dotti al pari delli antichi Greci. Vide Giotto nell’arte quello che gli altri non agiunsono; arecò l’arte naturale e ‘lla gentilezza con essa, non uscendo delle misure. Fu peritissimo in tutta l’arte, fu inventore e trovatore di tanta doctrina, la quale era stata sepulta circa d’anni 600. [3]Lorenzo Ghiberti, Commentario II, dans Guido GATTI SILO, Per una edizione critica dei Commentarii di Lorenzo Ghiberti. 2. Testo dei Comentarii, Tesi di laurea in Letteratura italiana discussa nell’anno accademico 1981-82. Università degli Studi di Firenze, Facoltà di Lettere e Filosofia, pp. 48-49.
L’art de la peinture commença à se répandre en Étrurie. Dans une cité proche de Florence appelée Vespignano naquit un enfant d’une intelligence merveilleuse. Alors qu’il passait sur la route de Bologne, le peintre Cimabue aperçut le jeune garçon assis par terre en train de dessiner un mouton sur une pierre. Il éprouva une grande admiration pour l’enfant qui, bien que très jeune, dessinait déjà si bien, et observant que cet art lui était naturel. Il lui demanda quel était son nom. Celui-ci lui répondit : « Mon nom est Giotto, et mon père s’appelle Bondoni ; et il habite tout près dans cette maison ». Cimabue se rendit avec Giotto chez son père ; il avait une belle présence. Il demanda le garçon au père, et le père, qui était très pauvre, donna le garçon à Cimabue, qui emmena Giotto avec lui et l’enfant devint son disciple. Cimabue suivait la manière grecque et c’est ainsi qu’il parvint à une grande renommée en Étrurie.
Giotto devint grand dans l’art de la peinture. Il apporta un art nouveau, abandonna la grossièreté des Grecs, surpassa en excellence tous les autres en Étrurie ; il réalisa des travaux très excellents qui furent exécutés notamment dans la ville de Florence et dans de nombreux autres lieux ; et il avait de nombreux disciples, tous instruits comme les anciens Grecs. Giotto voyait dans l’art ce que d’autres n’y ajoutaient pas ; il apporta avec lui l’art naturel et la courtoisie, sans dépasser les limites. Il était très expert dans tout l’art, et fut l’inventeur et le découvreur de toute la doctrine des arts qui était enfouie depuis environ 600 ans.
La légende vasarienne du « O de Giotto » [4]L’anecdote légendaire est racontée par Vasari dans sa Vie de Giotto : Benedetto IX da Trevisi mandasse in Toscana un suo cortigiano, a vedere che uomo fusse Giotto e quali fussero l’opere sue, avendo disegnato far in S. Piero alcune pitture. Il quale cortigiano venendo per veder Giotto, e intendere che altri maestri fussero in Firenze eccellenti nella pittura e nel musaico, parlò in … Poursuivre témoigne avec éloquence de l’aura dont bénéficiait le peintre de son vivant. La gloire de Giotto fut si considérable que Dante éleva l’artiste, son contemporain, à la hauteur des héros en l’introduisant dans son Purgatoire. « Ainsi, Giotto entra vivant dans le panthéon de Dante, en trois vers qui traverseront les siècles » [5]Marcelin PLEYNET, Giotto, Paris, Hazan, 1985. :
