Pietro di Giovanni d’Ambrogio, « Étendard de la Confrérie de sainte Catherine d’Alexandrie »

Recto.
Verso.

Pietro di Giovanni d’Ambrogio (Sienne, connu de 1410 à 1449)

Stendardo della Confraternita de Santa Caterina d’Alessandria (Étendard de la Confrérie de sainte Catherine d’Alexandrie), 1444-1445.

Bannière de procession, tempéra et or sur toile, 205 x 172 cm.

Inscriptions :

  • Recto : Catherine d’Alexandrie en gloire entourée des allégories de ses vertus
    • (sur le livre) : « Ego me XPO / sponsa[m] tra/didi. Ille gl/oria mea, ille / amor meV/s, ille dVlce/do et dile/[c]tio mea. // Ab ejVs am/ore nec b/landimen/tia, nec t/orment/a me pot/erVnt sep/arare » [1]Ego me Christo sponsam tradidi. Ille gloria mea, ille amor meus, ille dulcedo et dilectio mea. Ab ejus amore nec blandimentia, nec tormenta me poterunt separare (« Je me suis confiée au Christ comme épouse. Il est ma gloire, Il est mon amour, Il est ma douceur et ma joie. De son amour ni la joie ni le tourment ne pourraient me séparer). ».
    • (aux pieds de la sainte, sur le cartouche porte par trois confrères de sainte Catherine) : « [CHaterina sponsa Christi accipe coronam vi]rtV[tis] » [2]Dans le document rédigé lors de la commande de l’œuvre, daté de juin 1444, on peut lire cette description : « […] e da piey Sancta Chaterina doi frustati da onni lato. Certe lectere messi a oro, videlicet “Chaterina sponsa Christi accepta corona virtutem” ; grâce à cette description, il a été possible de reconstituer l’inscription portée dans le cartouche de la manière … Poursuivre.
    • (sur l’encadrement en bas) : « Petrus Johannis Ambrosii de Senis Pinxit. MCCCCXXXXIIII. »
    • (dans l’encadrement des médaillons, les noms des saints) : « S. Gregorius, Franciscus, Benedictus, Nicholaus, Bernardinus D. Senis, Antonius, Dominic, Ieronimus. »
  • Verso : Crucifixion
    • (dans le titulus au sommet de la croix en « tau », sur fond rouge) : « I.N.R.I. »
    • (dans la partie inférieure de la bordure, signature et date) : « PETRVS IOHANNIS AMBROSII DE SENI PINXIT MCCC-CXXXXIIII » [3]« Petrus Johannis Ambrosii de Senis Pinxit, MCCCCXXXXIIII »
    • (dans l’encadrement des médaillons, de gauche à droite, les noms des saints) : « S. Marcus », « Bertholomeus », « Stephanus », « Iulianus », « Matheus », « Maria Magdalena », « Elysabet » ; « Ionaes, », « Andreas », « Laurent », « Iacobus », « Luca », « Petrus »

Provenance : Confrérie de Santa Caterina à Borgo Sansepolcro [4]Commandé le 1er juin 1444 par la Compagnia di Santa Caterina di Borgo San Sepolcro ; acquis par les époux André de l’antiquaire Stefano Bardini à Florence en 1888 ; legs de Mme Nélie Jacquemart-André à l’Institut de France, 1912..

Paris, Musée Jacquemart-André.

Catherine d’Alexandrie, qui donne son nom à la Confrérie pour laquelle a été peint cet étendard de procession, trône véritablement « en majesté », c’est-à-dire frontalement, face au spectateur, selon un modèle iconographique emprunté à la Vierge de l’Assomption de la porte Camollia, à Sienne, conçu par Simone Martini. Ses attributs iconographiques sont représentés à proximité d’elle : à ses pieds, quelques fragments de la roue dentée brisée par les anges, et un morceau de la même roue glorieusement exhibé dans sa main droite. Des attributs secondaires sont également présents : parmi eux, le livre ouvert couvert d’écritures à l’attention du spectateur [5]Voir note 1., la couronne et l’habit princiers, la palme du martyre. Catherine a les cheveux blonds rassemblés et recouverts d’un voile très fin et légèrement ondulé ; elle porte une couronne entrelacée de feuilles et de roses blanches, de boutons rouges et de bleuets, attribut des âmes bienheureuses du Paradis [6]Le bleuet est le symbole du Paradis..

Deux anges vêtus de vêtements blancs, un diadème dans les cheveux, tiennent au-dessus de la tête de la Sainte une lourde couronne, rappel de ses origines royales, riche de perles blanches et gris argenté, symboles de pureté et de chasteté. Catherine porte un manteau royal de brocart rouge et or. Le précieux tissu présente un « motif de la grenade » [7]Le motif, ainsi appelé correspond traditionnellement, dans les tissus de la Renaissance, à des compositions de formes similaires à la grenade, à la fleur de chardon, à la pomme de pin et à la fleur de lotus. La signification symbolique était multiple : abondance, richesse, fécondité, résurrection..

A ses pieds, de chaque côté, on peut voir des frères agenouillés ; trois d’entre eux portent des manteaux à capuche [8]L’habit des frères est fait d’une cape blanche à capuche fermée à la taille par un cordon. Cette cape possède une ouverture dans le dos pour l’autoflagellation pratiquée pour l’expiation des péchés afin de confirmer l’appartenance à une Confrérie des Flagellants ; la roue dentée, attribut de sainte Catherine d’Alexandrie, est brodée en bleu sur … Poursuivre, mais à visage découvert, et tiennent un parchemin sur lequel se devine une inscription, désormais illisible dans son intégralité. Cependant, dans la partie centrale, on peut encore lire quelques lettres, notamment, sur la ligne du bas, les trois consonnes : « RTV », faisant référence au mot latin virtus ([vi]rtu[s]). Grâce à un document d’archives conservé à Sansepolcro, cet assemblage de trois lettres a permis de reconstituer l’inscription initiale dans sa totalité.

De part et d’autre de la figure de Catherine d’Alexandrie, six anges aux auréoles octogonales et aux ailes multicolores, portent des couronnes de laurier : des roses blanches et rouges avec des bleuets, semblables à celle de la Sainte. Ce sont les allégories des Vertus. Chacune d’elles porte ses attributs :

  • le premier Ange à gauche porte « l’épée » et représente la JUSTICE
  • le deuxième Ange à gauche « vide une cruche dans un verre » et représente la TEMPÉRANCE
  • troisième Ange à gauche tient un « serpent » et représente la PRUDENCE
  • le premier Ange à droite porte une colonne avec base et chapiteau
  • deuxième ange à droite, avec la robe verte, regarde vers le haut, dans une guirlande de couronnes, un visage, représente l’ESPÉRANCE
  • la troisième des vertus théologales est la Foi.

La bannière présente une bordure sur ses quatre côtés, formée d’éléments carrés dans les angles, et circulaires sur les côtés, à l’intérieur desquels se trouvent diverses figures de saints, alternées avec d’élégants motifs décoratifs. Dans les angles figurent les quatre Docteurs de l’Église ; en partant de l’angle supérieur gauche et en continuant dans le sens des aiguilles d’une montre :

  • Grégoire-le-Grand : vêtu des habits papaux, coiffé du trirègne symbolisant les trois pouvoirs impérial, royal et sacerdotal, et portant un livre en tant que Docteur de l’Église.
  • Jérôme de Stridon : vêtu de l’habit cardinalice et coiffé du galero ; un livre en tant que Docteur de l’Église, probablement la Vulgate, traduction de la Bible en langue latine.
  • Augustin d’Hippone : coiffé de la mitre épiscopale, portant le piviale et un livre.
  • Ambroise de Milan : il porte la mitre épiscopale, un piviale et un livre.

Nel lato superiore, nella parte centrale, in due tondi, a sinistra l’Arcangelo Gabriele, in volo e con il giglio simbolo di amore puro e virginale, porta l’Annuncio a Maria. Maria, nel tondo a destra, con le mani giunte in preghiera piega il capo in segno di devota sottomissione.

Nel primo tondo sul lato sinistro, San Francesco, parallelo, sul lato destro, San Domenico, i due fondatori degli Ordini di Frati Predicatori: Francescani e Domenicani.

  • François : con saio e cingolo, « tonsura », , crocifisso in mano e libro della regola.
  • Dominique : con abito bianco e mantello nero, « tonsura », giglio in mano, stella in fronte e libro della regola.

Nel secondo tondo sul lato sinistro, San Benedetto; parallelo, sul lato destro, Sant’Antonio, i due fondatori del Monachesimo Cristiano.

  • San Benedetto: con abito bianco (cocolla) benedettino, li-bro della Regola « Ora et Labora »
  • Sant’ Antonio Abate: primo Abate, con abito da eremita, bastone a « T »

Nel terzo tondo sul lato sinistro, San Nicola di Bari; parallelo, sul lato destro, San Bernardino da Siena. Il primo, protettore dei poveri, l’altro, predicatore di penitenza e povertà.

  • San Nicola di Bari: con abiti vescovili, mitria, pastorale, tre palle d’oro, il suo attributo principale.
  • San Bernardino da Siena: con saio francescano, « IHS », il nome di Gesù e il libro della Riforma Francescana.

Nel lato interiore, nella parte centrale, in due tondi, ci sono a si-nistra, Sant’Orsola e a destra Sant’ Agata: Martiri-Donne, entrambe protettrici di fanciulle.

  • Sant’Orsola: con abito regale, corona, vessillo bianco con croce rossa, simbolo di vittoria sulla morte per mezzo del martirio e palma del martirio.
  • Sant’Agata: con tenaglia in mano, piatto con i seni recisi.

Il bordo inferiore dello stendardo è più sciupato, non si vedono più le scritte dei nomi dei quattro santi raffigurati, inserite nella bor-datura chiara degli spazi quadrati e in quelli tondi.

Tra il tondo con Sant’Orsola e quello con Sant’ Agata, c’è la firma del pittore, poco visibile a sinistra, mentre più chiara nella parte de-stra: « PETRUS IOHANNIS AMBROSII DE SENI PINXIT MCCC-CXXXXIIII », impostata su due righe. Un puntino rosso separa le parole e i numeri.

La croce è a « tau », con la scritta INRI su fondo rosso. La figura del Cristo ha la testa reclinata e il corpo abbandonato; le ferite sono sanguinanti. Due Angeli in volo, in alto, raccolgono il sangue dalle mani inchiodate, a sinistra lo raccoglie con le mani unite, mentre a destra l’angelo apre la veste sul petto. Sotto la croce, a sinistra, la Madonna addolorata con le mani giunte, indossa un mantello azzurro con l’interno nero su un abito rosa; a destra, San Giovanni Evangelista comunica il suo dolore portando le mani al volto, indossa un mantello rosa su una tunica marrone. Dal « suppedaneo » il sangue scivola sul « calvario » fino a terra. Ai piedi della croce, i Confratelli della Compagnia, disposti in ginocchio, tre per parte, che pregano. Anche qui le cappe presentano sia il colore che i simboli della rispettiva Confraternita.

Su questa faccia lo Stendardo presenta nei quattro angoli, partendo dall’alto a sinistra e procedendo in senso orario: San Marco, San Luca, San Giovanni Evangelista e San Matteo: i Quattro Evangelisti. in alto a sinistra, San Marco, San Pietro, San Giovanni Battista, San Luca; sotto a sinistra, San Bartolomeo; sul lato destro, San Jacopo; al centro a sinistra, Santo Stefano; sul lato destro, San Lorenzo; sotto a sinistra, San Giuliano; sul lato destro, Sant’Andrea; sul fondo a sinistra; San Matteo, Santa Maria Maddalena, Sant’Elisabetta, San Giovanni Evangelista.

Nicoletta Cosmi, Gli stendardi “ritrovati” delle Confraternite di Santa Maria Maddalena e di Santa Caterina di Borgo San Sepolcro (secc. XIV-XV), Umbertide, UB, University Book, Biblioteca del Centro Studi “Mario Pancrazi”, vol. 21, 2019.

Notes

Notes
1 Ego me Christo sponsam tradidi. Ille gloria mea, ille amor meus, ille dulcedo et dilectio mea. Ab ejus amore nec blandimentia, nec tormenta me poterunt separare (« Je me suis confiée au Christ comme épouse. Il est ma gloire, Il est mon amour, Il est ma douceur et ma joie. De son amour ni la joie ni le tourment ne pourraient me séparer). »
2 Dans le document rédigé lors de la commande de l’œuvre, daté de juin 1444, on peut lire cette description : « […] e da piey Sancta Chaterina doi frustati da onni lato. Certe lectere messi a oro, videlicet “Chaterina sponsa Christi accepta corona virtutem” ; grâce à cette description, il a été possible de reconstituer l’inscription portée dans le cartouche de la manière suivante : “Chaterina, sponsa Christi, accipe coronam virtutis”. « Catherine, épouse du Christ, reçois la couronne des vertus. »
3 « Petrus Johannis Ambrosii de Senis Pinxit, MCCCCXXXXIIII »
4 Commandé le 1er juin 1444 par la Compagnia di Santa Caterina di Borgo San Sepolcro ; acquis par les époux André de l’antiquaire Stefano Bardini à Florence en 1888 ; legs de Mme Nélie Jacquemart-André à l’Institut de France, 1912.
5 Voir note 1.
6 Le bleuet est le symbole du Paradis.
7 Le motif, ainsi appelé correspond traditionnellement, dans les tissus de la Renaissance, à des compositions de formes similaires à la grenade, à la fleur de chardon, à la pomme de pin et à la fleur de lotus. La signification symbolique était multiple : abondance, richesse, fécondité, résurrection.
8 L’habit des frères est fait d’une cape blanche à capuche fermée à la taille par un cordon. Cette cape possède une ouverture dans le dos pour l’autoflagellation pratiquée pour l’expiation des péchés afin de confirmer l’appartenance à une Confrérie des Flagellants ; la roue dentée, attribut de sainte Catherine d’Alexandrie, est brodée en bleu sur l’épaule.

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