Marie Madeleine, ou Marie de Magdala, ou encore Marie la Magdaléenne [1]Cette terminologie peut signifier qu’elle est effectivement originaire de Magdala, ville de pêcheurs sur la rive occidentale du lac de Tibériade., disciple de Jésus de Nazareth. Figure importante du christianisme, elle est mentionnée au moins douze fois dans les quatre Évangiles canoniques, plus que la plupart des apôtres. La tradition occidentale, soutenue par Grégoire le Grand [2]« Figure synthétique, la Madeleine occidentale naît au VIe siècle de la fusion, opérée par Grégoire le Grand, de trois figures évangéliques. 1) L’anonyme du repas chez Simon dans les synoptiques (Mt 26, 6-13 ; Mc 14, 3-9 ; Lc 7, 36-50) : notons que seul Luc la qualifie de pécheresse. 2) Marie de Béthanie : modèle de contemplation (Lc 10, 38-42), elle accomplit l’onction … Poursuivre a longtemps associé, et parfois confondu, trois figures évangéliques féminines. Ainsi se sont superposées :
- une pécheresse anonyme lors du repas chez le pharisien (ou une femme de Béthanie chez Simon le lépreux), déversant du parfum sur les pieds de Jésus et les essuyant avec ses cheveux
- Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare
- enfin Marie de Magdala ou Marie Madeleine
Aucune autre figure biblique n’a, tout au long de l’histoire du christianisme, suscité autant de discussions ni déclenché autant de polémiques quant à son identité [3]Le Vatican s’est récemment efforcé de mettre un terme (définitif ?) aux interrogations. En février 2021, un décret de la Congrégation pour le Culte Divin ordonnait que soit inscrite au Martyrologe romain la mémoire des saints Marthe, Marie de Béthanie et Lazare, tous les trois ensemble, justifiant cette décision par le fait que « l’incertitude de la tradition de l’Église latine … Poursuivre. Peu d’autres figures de saints ont donné l’exemple d’un démembrement de leur dépouille mortelle (Dilaceratio corporis) aussi complexe et durable. [4]« Après sa mort en Provence, la sainte aurait été placée dans un tombeau, sur lequel s’éleva plus tard l’abbaye de Saint-Maximin ; et encore actuellement dans la crypte se trouve un reliquaire qui contiendrait son chef. Les ossements en effet auraient été cédés, sinon vers 860 à Girart de Roussillon, du moins au XIe siècle à un comte mal connu et, pour les recevoir, fut … Poursuivre
Les trois figures Féminines dans les évangiles
Voir lien ci-dessus.
Iconographie
Marie Madeleine, ou Madeleine, est représentée
- soit sous l’apparence d’une belle jeune femme la plupart du temps décoiffée (en signe de « mauvaise vie »)
- portant un vase d’onguent
- tenant un crucifix
- soit sous l’aspect d’une vieille femme pénitente dans le désert, hagarde et décharnée, dont la nudité est cachée sous de longs cheveux qui descendent jusqu’à terre
Episodes de la vie de la sainte :
- Elle oint les pieds du Christ.
- Elle rencontre le Christ après la Résurrection de celui-ci (Noli me tangere)
- Placée par les païens dans un bateau sans gouvernail, en compagnie de Marthe, Lazare, Maximus et d’autres encore, elle vogue jusqu’à Marseille, guidée par des anges. [5]Il existe, au Museo Civico de Fucecchio, dans la province de Pise, une représentation du départ pour cet étrange voyage. Voir : Giovanni di ser Giovanni Guidi, detto lo Scheggia, Madonna in Gloria con i Santi Sebastiano, Lazzaro, Maria Maddalena e Marta.
- Marie Madeleine prêche en France.
- Pendant trente ans, Madeleine vit dans le désert et est emportée au ciel par des anges sept fois par jour, à chaque heure canonique [6]Voir Antonio del Pollaiolo, Assunzione di santa Maria Maddalena.
- Un prêtre, lui aussi retiré dans le désert, et dont le nom n’est pas connu, la voit quotidiennement effectuer miraculeusement ce voyage céleste portée par des anges.
- Guidée par un ange, elle découvre l’emplacement de sa grotte et lui donne son manteau.
- Un ange lui apporte chaque jour la Communion dans la grotte où elle s’est retirée.
- Des anges l’emportent quotidiennement au ciel.
- Les funérailles de la sainte.
Notes
| 1↑ | Cette terminologie peut signifier qu’elle est effectivement originaire de Magdala, ville de pêcheurs sur la rive occidentale du lac de Tibériade. |
|---|---|
| 2↑ | « Figure synthétique, la Madeleine occidentale naît au VIe siècle de la fusion, opérée par Grégoire le Grand, de trois figures évangéliques. 1) L’anonyme du repas chez Simon dans les synoptiques (Mt 26, 6-13 ; Mc 14, 3-9 ; Lc 7, 36-50) : notons que seul Luc la qualifie de pécheresse. 2) Marie de Béthanie : modèle de contemplation (Lc 10, 38-42), elle accomplit l’onction dans le quatrième évangile (Jn 12, 1-11.). Enfin, 3) Marie de Magdala, la disciple fidèle. Libérée de sept démons par le Christ (Lc 8, 2 ; Mc 16, 9), elle l’accompagne au Golgotha (Mt 28, 55-56 ; Mc 15, 40 et Jn 19, 25. Luc ne la mentionne pas et évoque uniquement « des femmes qui l’avaient suivi depuis la Galilée » (Lc 23, 49) et sera, au matin de Pâques, le premier témoin de sa Résurrection (Mt 28, 1-9 ; Mc 16, 1-8 ; Lc 24, 1-11 et Jn 20, 1-18). » Katherine RONDOU, « “Des souvenirs dormant dans cette chevelure”… Étude de la chevelure de sainte Madeleine dans la littérature contemporaine », Studi Francesi, 161 (LIV, II), 2010, pp. 232-243. Le pape Paul VI est revenu sur cette assimilation en dissociant à nouveau les personnages pour en faire des saintes distinctes. |
| 3↑ | Le Vatican s’est récemment efforcé de mettre un terme (définitif ?) aux interrogations. En février 2021, un décret de la Congrégation pour le Culte Divin ordonnait que soit inscrite au Martyrologe romain la mémoire des saints Marthe, Marie de Béthanie et Lazare, tous les trois ensemble, justifiant cette décision par le fait que « l’incertitude de la tradition de l’Église latine quant à l’identité de Marie – la Madeleine à qui le Christ est apparu après sa Résurrection, la sœur de Marthe, la pécheresse dont le Seigneur a pardonné les péchés – a été résolue dans des études et des temps récents, comme l’atteste le Martyrologe romain actuel, qui commémore également Marie et Lazare ce même jour ». |
| 4↑ | « Après sa mort en Provence, la sainte aurait été placée dans un tombeau, sur lequel s’éleva plus tard l’abbaye de Saint-Maximin ; et encore actuellement dans la crypte se trouve un reliquaire qui contiendrait son chef. Les ossements en effet auraient été cédés, sinon vers 860 à Girart de Roussillon, du moins au XIe siècle à un comte mal connu et, pour les recevoir, fut construite l’église de Vézelay. En 1267, on fit, en présence de saint Louis, une translation des reliques de la crypte au maître-autel, et à cette occasion fut détachée une côte de la sainte : donnée par l’abbé au légat du pape, elle fut cédée par ce dernier à la cathédrale de Sens. Les reliques restées à Vézelay furent profanées par les protestants en 1568 et l’abbaye entra en décadence ; mais à la fin du XIXe siècle, dans l’église restaurée, fit retour la côte de la Madeleine conservée à Sens. » Pierre Duparc, « Dilaceratio corporis », Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, année 1982 (1980-1981), pp. 360-372. |
| 5↑ | Il existe, au Museo Civico de Fucecchio, dans la province de Pise, une représentation du départ pour cet étrange voyage. Voir : Giovanni di ser Giovanni Guidi, detto lo Scheggia, Madonna in Gloria con i Santi Sebastiano, Lazzaro, Maria Maddalena e Marta. |
| 6↑ | Voir Antonio del Pollaiolo, Assunzione di santa Maria Maddalena |
