Sala del Mappamondo

La salle de la Mappemonde a été la première salle aménagée à l’étage (v. 1304-1310). Elle était destinée à accueillir le conseil général de la république, ce qui lui a longtemps valu la dénomination de Salle du Grand Conseil. Celui-ci comptait un nombre important de participants : 300 membres permanents, auxquels pouvaient s’ajouter 150 autres participants occasionnels, ainsi que le Podestà et ses juges, le Maggior sindaco et la Seigneurie. La Maestà que Simone Martini y a peinte, en deux temps, entre 1312 et 1321, était destinée à ce public, tout comme les vers inscrits sur les marches du trône de la Vierge leur étaient directement adressés :

Les fleurs angéliques, roses et lys,
dont s’orne la céleste prairie,
ne me délectent pas plus que les bons conseils.
Mais je vois parfois que certains, par leurs ambitions,
me méprisent et trompent ma cité
et que, plus vil est leur propos, plus ils sont loués.
Que chacun regarde qui ces paroles condamnent.

Le nom de « salle de la Mappemonde », fréquemment utilisé de nos jours, provient d’une œuvre aujourd’hui détruite, dont la réputation était pourtant extraordinaire. Réalisée en 1345 par Ambrogio Lorenzetti [1], elle avait l’aspect d’un demi globe peint sur des fragments de parchemin montés sur une structure de bois qui lui donnait son apparence sphérique (en fait, un polyèdre). Sur cet objet qualifié de mappemonde étaient figurés l’ensemble des territoires régis par la République de Sienne. Le Consistoire permit une première restauration de la Mappemonde en 1393 et dépensa une somme substantielle afin de payer les couleurs nécessaires au travail des peintres, ce qui suggère que la surface picturale possédait des proportions monumentales. [2]

Un extraordinaire ensemble de fresques recouvre aujourd’hui la part la plus importante des murs de la salle :

Mur Est 

Mur Sud (percé de fenêtres vers la Piazza del Mercato) 

Mur Ouest

Ce mur, qui sépare la salle de la Mappemonde de la salle de la Paix porte, au revers, la fresque illustrant les Effets du bon gouvernement, d’Ambrogio Lorenzetti …

Sous la figure de Sant’Ansano peinte par le Sodoma, on peut encore voir la trace cintrée, typiquement médiévale, du sommet de la porte qui permettait initialement le passage d’une pièce à l’autre. Cette porte a été murée en 1466, en même temps que celle de droite a été percée afin de modifier la circulation à l’étage du palais, conséquence de la destruction et du remplacement de l’escalier qui permettait initialement d’y accéder. On verra combien sa localisation était pourtant importante pour comprendre l’intelligence de la scénographie qui règle l’organisation des fresques de la salle de la Paix peintes par Ambrogio.

Mur Nord (percé d’arcades)

[1] « El Napamondo, che e in palazo de’ segnori di Siena fu fatto in questo anno ; fecelo maestro Ambruogio Lorenzetti dipentore da Siena. » Agnolo di Tura del Grasso, Cronaca, 1345.

[2] Ces proportions sont révélées par les traces circulaires dues au mouvement circulaire de la Mappemonde, encore visibles de nos jours sur le mur Ouest de la salle. A ce propos, Cesare Brandi s’étonne de la « désinvolture stupéfiante » avec laquelle Ambrogio Lorenzetti avait « installé sa fameuse mappemonde ‘volubile’ » par dessus une fresque pré-existante. (Cesare Brandi, « Il mappamondo rotante » (1980), in Pittura a Siena nel Trecento. Torino, Einaudi, 1991).