Palais public – Musée civique
Piazza del Campo, 1. Sienne.
Informations :
Se rendre au Palazzo Pubblico :
« Le grand monument se dresse sur la partie inférieure et pourrait paraître, en dépit de sa masse considérable et de sa corniche crénelée, plutôt décontenancé par le défi des hautes constructions privées occupant l’éminence opposée. Ce serait se pourrait, en effet, sans l’extraordinaire dignité du geste architectural avec lequel cet énorme édifice aux larges épaules s’affirme.
Sur la frange solide du palais, se déploie et se découpe sur le ciel une haute et mince tour qui jaillit encore et encore jusqu’à ce qu’elle ait pris note de la majesté de la ville et des montagnes bleues qui limitent l’horizon. Elle s’élève aussi droite et élancée qu’une lance à oriflamme plantée au bout de la chausse d’acier d’un chevalier sur sa monture, et garde entièrement pour elle-même, dans l’azur, loin au-dessus des pratiques mercantiles de la place, la fière conscience, la précieuse arrogance, qui autrefois furent cimentées en elle. Cette tour magnifique, la plus belle chose de Sienne et, en son allure rigide, d’une beauté aussi permanente que celle d’un nez véritablement élégant dans un visage de n’importe quel âge, fait ici encore figure d’une Déclaration d’Indépendance à côté de laquelle la nôtre, prononcée à Philadelphie, paraît n’avoir guère fait davantage que de se soumettre aux besoins du Temps. » [1]Henry JAMES, Italian Hours, « Siena Early and Late », part I (Heures italiennes, « Sienne tôt ou tard », trad. de l’anglais, annoté et préfacé par Jean Pavant, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2020, pp. 430-431.
[2]Florence, étant d’une chaleur oppressante et livrée aux moustiques, les circonstances m’ont paru favoriser cette visite à Sienne que j’avais plus d’une fois projetée et manquée. Je suis arrivé tard dans la soirée, à la lueur d’une lune magnifique, et tandis qu’un couple de petits vieux marmottant gentiment faisait mon lit à l’auberge, j’ai … Poursuivre
présentation
Au Moyen Âge, l’édifice était appelé Palazzo dei Signori, Signori (Seigneurs) étant le nom donné au gouverneurs de la cité.
Extérieur du palais
- FAÇADE DONNANT SUR LE CAMPO
- FAÇADE DONNANT SUR LA PIAZZA DEL MERCATO
- TORRE DEL MANGIA
- CAPPELLA DI PIAZZA
Intérieur du palais
On accède au palais par l’entrée donnant dans la cour du Podestà.
Depuis la cour du Podestà, un perron donne accès à la porte du :
L’entrée du Musée est située sous le portique, à droite. Un escalier métallique moderne du à l’architecte Mario Terrosi (1979) conduit vers les étages. Cet escalier occupe l’emplacement d’une ancienne ruelle qui reliait la Place du Marché, située à l’arrière et en contrebas du Palais, à la Piazza del Campo. Cet également en empruntant cet escalier qu’il est possible de se rendre dans les anciens Magasins de sel (Magazzini del sale), eux aussi restaurés, où se déroulent régulièrement des expositions temporaires.
Sur le premier palier de l’escalier, sculpture anecdotique de Daphné du Barry représentant le français Blaise de Monluc, héros de la résistance alliée des siennois aux assauts des armées impériales au milieu du XVIe siècle.

Dans la vitrine de l’un des demi-paliers, est exposée un objet remarquable : il s’agit de la cloche de l’église de San Cristoforo, lieu dans lequel se réunissaient le Consiglio della Campana, organe principal du Gouvernement de la République avant la construction du Palazzo Pubblico. Cette cloche, fondue en 1109, porte gravée l’inscription : « EGO ALBERTUS FECI HANC CAMPANAM Anno Domini MCIX ». [3]« Moi, Alberto, j’ai fait cette cloche en 1109 ». C’est par elle que, en 1260, les siennois ont appris la victoire inespérée de leurs troupes contre les Florentins à Monteaperti.
Premier étage

- PIANEROTOLO (1)
- Palier d’accès au premier étage
- LIBRERIA DEL MUSEO (2)
- QUADRERIA DEL MUSEO CIVICO (3, 4, 5)
- Fermé pendant plus de 10 ans, le musée civique a été entièrement restauré et présente actuellement (2024) ses collections de peintures et de sculptures dans des conditions exceptionnelles.
- TORRE DEL MANGIA (6)
- L’accès à la tour se fait par la cour du Podestat, au rez-de-chaussée.
- SALA DEL RISORGIMENTO (7)
- Peintures murales du XIXe s. célébrant la construction de l’Unité Italienne.
- CORRIDOIO (8)
- Ce lieu de passage entre les salles du premier étage permet également d’accéder à l’escalier qui conduit à la loggia.
- SCALONE DI ACCESSO ALLA LOGGIA (9)
- Un palier donne accès à l’EX GIPSOTECA, aujourd’hui fermée
- SALA DI BALÌA (10)
- Cycle de fresques de Spinello Aretino, Storie di papa Alessandro III.
- SALA DEI CARDINALI (11)
- SALA DEL CONCISTORO (12)
- Cycle de fresques de la voûte : Domenico Beccafumi, Figure allegoriche, eroi ed episodi della storia greco-romana.
- VESTIBOLO (13)
- ANTICAPPELLA (14)
- Fresques de Taddeo di Bartolo, Allegorie ed eroi della Reppublica romana.
- CAPPELLA DEI SIGNORI (15)
- Fresques de Taddeo di Bartolo, Storie della Vergine.
- SALA DEL MAPPAMONDO (16)
- SALA DEI NOVE (17)
- SALA DEI PILASTRI (18)
Second étage
Un second escalier ancien, raide et d’une seule volée, donne accès à la terrasse couverte d’une loggia qui ouvre au sud :
- SCALONE DI ACCESSO ALLA LOGGIA
- EX GIPSOTECA (salles fermées)
- LOGGIA
- SALA DEL CAPITANO DEL POPOLO
- SALA DELLE STAMPE
Rez-de-chaussée
Remarque importante : En règle générale, les « salles secrètes » du rez-de-chaussée, utilisées de nos jours par les services administratifs de la Commune ne se visitent pas. Cependant, depuis quelques années, elles ouvrent exceptionnellement au public à certaines dates de l’année.
Lorsqu’elles sont exceptionnellement ouvertes, les salles du rez-de-chaussée permettent d’admirer un ensemble d’œuvres qui offrent un point de vue particulier sur l’histoire civique, politique et artistique de la ville, de son organisation et de ses structures judiciaires.
Lippo Vanni, Incoronazione della Vergine
- SALA DELLE LUPE
- STANZA DEL SALE
- CAPPELLA DEI NOVE
- ATRIO
- EX SALA GIUNTA
- CANCELLERIA DI BICCHERNA
- BILANCERIA DI BICCHERNA
- UFFICIO DI GABELLA
Héraldique au sein du Palazzo Pubblico [5]D’après l’article « Araldica nel Palazzo Pubblico di Siena », site Internet de la Commune de Sienne (https://www.comune.siena.it/La-Citta/Cultura/Strutture-Museali/Araldica-nel-Palazzo-Pubblico-di-Siena, consulté le 30 mars 2021).
- Répertoire des familles nobles dans le Palazzo Pubblico
- Répertoire des familles nobles non identifiées dans le Palazzo Pubblico
- Répertoire des blasons de la sala delle Lupe
- Répertoire des blasons du cortile del Podestà
Notes
| 1↑ | Henry JAMES, Italian Hours, « Siena Early and Late », part I (Heures italiennes, « Sienne tôt ou tard », trad. de l’anglais, annoté et préfacé par Jean Pavant, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2020, pp. 430-431. |
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| 2↑ | Florence, étant d’une chaleur oppressante et livrée aux moustiques, les circonstances m’ont paru favoriser cette visite à Sienne que j’avais plus d’une fois projetée et manquée. Je suis arrivé tard dans la soirée, à la lueur d’une lune magnifique, et tandis qu’un couple de petits vieux marmottant gentiment faisait mon lit à l’auberge, j’ai poussé plus loin ma promenade, en quête d’une première impression. Cinq minutes suffirent à me conduire au lieu où je pouvais la recueillir sans entrave ; elle s’épanouit dans le blanc clair de lune. La grande Piazza de Sienne est célèbre ; et quoique en nos jours de multiplication des photographies, de surprises déflorées, de révélations profanées, aucune des merveilles du monde ne puisse prétendre, comme le fantôme du délice de Wordsworth, vraiment « surprendre et empoigner », pourtant, en débouchant dans l’antichambre par un sombre passage voûté, je n’eus conscience d’aucune usure du tranchant d’une sensibilité délicatement offerte.
Cette antichambre, comme je l’ai nommée, avait la forme d’un fer à cheval élargi – ainsi qu’un lecteur n’ayant pas voyagé mais ayant feuilleté les souvenirs de ses amis voyageurs peut respectueusement se le rappeler ; ou, mieux, d’un arc dont la façade haute et large du Palazzo Pubblico formerait la corde, et tout le reste la tige. Elle était vide de toute présence humaine qui pût me rappeler l’année en cours ; de sorte que, clair de lune aidant, j’eus pendant une heure un aperçu sans limites de l’Italie médiévale. La Piazza ayant été bâtie sur le versant d’une colline – ou plutôt, comme me semble-t-il la science l’affirme, dans un cratère volcanique -, le vaste pavement converge vers le bas comme un éventail de pierre incliné, ou comme les rayons d’une grande roue vers un point central, au pied du Palazzo, qui peut figurer le moyeu, quoiqu’il ne soit guère plus ornemental qu’une bouche d’égout. Le grand monument se dresse sur la partie inférieure et pourrait paraître, en dépit de sa masse considérable et de sa corniche crénelée, plutôt décontenancé par le défi des hautes constructions privées occupant l’éminence opposée. Cela se pourrait, en effet, sans l’extraordinaire dignité du geste architectural par lequel cet énorme édifice aux larges épaules s’affirme. (« Florence being oppressively hot and delivered over to the mosquitoes, the occasion seemed to favour that visit to Siena which I had more than once planned and missed. I arrived late in the evening, by the light of a magnificent moon, and while a couple of benignantly-mumbling old crones were making up my bed at the inn strolled forth in quest of a first impression. Five minutes brought me to where I might gather it unhindered as it bloomed in the white moonshine. The great Piazza of Siena is famous, and though in this day of multiplied photographs and blunted surprises and profaned revelations none of the world’s wonders can pretend, like Wordsworth’s phantom of delight, really to « startle and waylay, » yet as I stepped upon the waiting scene from under a dark archway I was conscious of no loss of the edge of a precious presented sensibility. The waiting scene, as I have called it, was in the shape of a shallow horse-shoe–as the untravelled reader who has turned over his travelled friends’ portfolios will respectfully remember; or, better, of a bow in which the high wide face of the Palazzo Pubblico forms the cord and everything else the arc. It was void of any human presence that could figure to me the current year; so that, the moonshine assisting, I had half-an-hour’s infinite vision of mediæval Italy. The Piazza being built on the side of a hill – or rather, as I believe science affirms, in the cup of a volcanic crater – the vast pavement converges downwards in slanting radiations of stone, the spokes of a great wheel, to a point directly before the Palazzo, which may mark the hub, though it is nothing more ornamental than the mouth of a drain. The great monument stands on the lower side and might seem, in spite of its goodly mass and its embattled cornice, to be rather defiantly out-countenanced by vast private constructions occupying the opposite eminence. This might be, without the extraordinary dignity of the architectural gesture with which the huge high-shouldered pile asserts itself. » Henry JAMES, Italian Hours, « Siena Early and Late », part I (Heures italiennes, « Sienne tôt ou tard », trad. de l’anglais, annoté et préfacé par Jean Pavant, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2020, pp. 429-430. |
| 3↑ | « Moi, Alberto, j’ai fait cette cloche en 1109 ». |
| 4↑ | D’après Fabio Bisogni et Marco Ciampolini (dir.), Guida al Museo Civico di Siena, Sienne, 1985. |
| 5↑ | D’après l’article « Araldica nel Palazzo Pubblico di Siena », site Internet de la Commune de Sienne (https://www.comune.siena.it/La-Citta/Cultura/Strutture-Museali/Araldica-nel-Palazzo-Pubblico-di-Siena, consulté le 30 mars 2021). |


