Chiesa e convento di San Lucchese, Poggibonsi

Église et couvent de San Lucchese

L’ensemble monastique de San Lucchese est situé à moins d’un kilomètre de Poggibonsi, sur les hauteurs qui dominent la forteresse de Poggio Imperiale. Il a été construit sur les fondations de l’église primitive de Santa Maria in Camaldo.

La légende veut que l’origine du couvent soit liée à la rencontre de Lucchese da Caggiano avec François d’Assise lors d’une visite que fit celui-ci dans le Val d’Elsa en 1213.

L’église a été construite à partir du début du XIIIe s. (1213) par des moines bénédictins camaldules. Dans la pure tradition des ordres mendiants, l’architecture est d’une grande simplicité : précédée d’un portique dépouillé, elle présente une nef unique, typique des structures construites par un ordre mendiant [1], éclairée par de larges ouvertures gothiques et se concluant, à son extrémité opposée, par trois chapelles à voûtes sur croisées d’ogives.

Elle est agrandie au XIVe s. (construction de la partie absidiale).

Plus tardif, le portique de la façade de la basilique date du XVIIe s.

Très endommagée en 1943, au cours de la dernière guerre mondiale, elle a fait l’objet d’une importante restauration dans son style gothique franciscain d’origine.

Le campanile, quant à lui, est de construction récente.

L’entrée du couvent, ainsi que l’accès au cloître, se trouve sur la droite de l’église.

intérieur de l’église

L’église renferme plusieurs œuvres d’art importantes.

Sur la paroi de droite de la nef, dans une lunette située en hauteur :

Immédiatement sous cette lunette se trouve l’une des deux œuvres de Bartolo di Fredi qui se font face de chaque côté de la nef :

Juste avant le transept droit se trouve l’entrée de la sacristie à l’intérieur de laquelle est conservé un meuble décoré de dix-sept figures d’apôtres et de saints que l’on attribue à Niccolò di Segna [2] ou à Memmo di Filipuccio [3]. On peut y voir la première représentation de Lucchese et de son épouse Bona, sainte elle aussi, dans la peinture toscane.

Transept gauche : Capella San Lucchese

La chapelle de San Lucchese s’ouvre sur une arche imposante, décorée de nombreuses figures exécutées par Cennino Cennini [4] et Taddeo Gaddi [5].

Arche du transept San Lucchese.png

L’arche donnant sur le transept gauche

Cennino Cennini, qui œuvre ici aux côtés du Florentin Taddeo Gaddi, a été l’élève d’Agnolo Gaddi, fils du même Taddeo. L’unité de style de l’ensemble décoratif n’est pas étrangère au fait que les deux artistes, au delà de leurs formations respectives, ont eu l’occasion de travailler en étroite collaboration sur différents chantiers.

Ci-dessous, à revoir sur place

Sur l’intrados de l’arche, on peut reconnaître plusieurs vertus théologales parmi lesquelles : la Foi (Fede), l’Espérance (Speranza) et la Charité (Carità).

Sur les deux piliers qui supportent l’arche sont représentées quatre figures de saints : saint Augustin et sainte Catherine d’Alexandrie (fig. 1) [6], à gauche et saint Jean-Baptiste (fig. 2) et saint François d’Assise, à droite. Au sommet, on distingue, entre autres, les prophètes Isaïe et Jérémie.

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Fig. 2.png

1                           2

Sur le haut mur perpendiculaire, à gauche de l’arcade monumentale, sont peintes trois scènes peu fréquentes [7] de la vie de saint Etienne :

Au delà de l’arc qui la sépare de la nef, on accède à la chapelle de San Lucchese [1] proprement dite, dont l’intérieur est entièrement couvert de fresques réalisées au début du XXe s. par Arturo Viligiardi [2]. Ces fresques représentent des épisodes de la vie du saint éponyme.

De retour dans la nef, sur la paroi de gauche, au delà du saint Nicolas de Bartolo di Fredi étudié plus haut : 

En sortant de l’église, se trouve à droite du porche, l’entrée du couvent. En passant par le cloître, on peut accéder au réfectoire dont le mur du fond est orné de deux fresques :

[1] Voir annexes : San Lucchese.

[2] Arturo Viligiardi (Sienne, 27 juillet 1869 – Sienne, 21 octobre 1936) : peintre, sculpteur, architecte et urbaniste italien. Formé par Louis Dupré et Luigi Mussini à Sienne, il est, notamment, l’auteur de la restructuration du Palazzo Chigi-Saracini de Sienne (voir : Sienne, Palazzo Chigi-Saracini).

[1] Les ordres mendiants se consacrent principalement à la prédication de l’Évangile et au service des pauvres. S’ils accordent une importance majeure à la prédication, leur mode de vie se veut à l’image de celui du Christ, la pauvreté en étant l’axe majeur. Voir annexes : Glossaire.

[2] Niccolò di Segna ou Niccolò di Segna di Buonaventura (Sienne, – Sienne 1348 ?) : peintre documenté à Sienne à partir de 1331. Voir annexes : Niccolò di Segna di Buonaventura.

[3] Memmo di Filipuccio (Sienne, vers 1250 – San Gimignano vers 1325) : peintre important de l’école siennoise de la fin de XIIIe s. et du début du XIIIe s. Il est, notamment, l’auteur des fresques de la Camera del Podestà au Palazzo Comunale de San Gimignano. Voir annexes : Memmo di Filipuccio.

[4] Cennino Cennini ou Cennino d’Andrea di Cennini ou Cennino di Colle (Colle di Val d’Elsa, vers 1370 – Florence, vers 1440), est un peintre et écrivain toscan de la période gothique tardive, qui a été l’élève à Florence d’Agnolo Gaddi. Auteur du Libro dell’Arte, ou Traité de la peinture, considéré aujourd’hui encore comme un véritable traité marquant le passage de l’art du Moyen-Âge à celui de la Renaissance. Voir Annexe : Cennino Cennini.

[5] Taddeo Gaddi (Florence, vers 1290 ?, – Florence, 1366). Peintre, mosaïste et architecte de l’école florentine, Taddeo Gaddi est le fils du peintre et mosaïste Gaddo Gaddi (vers 1250-1327/30 ?). D’après Cennino Cennini, Taddeo est le filleul de Giotto.

[6] A ses pieds, de taille plus petite, elle semble présenter un personnage, probablement le commanditaire de l’œuvre, à genoux de profil, le visage tourné vers le retable situé dans la chapelle.

[7] Ces trois scènes sont généralement absentes des dictionnaires d’iconographie chrétienne consultés.