Palazzo Chigi-Saracini

Palais Chigi-Saracini

ORGANISATION DE LA VISITE

Depuis quelques années, il est devenu possible de visiter le palais sans avoir à demander préalablement une autorisation au conservateur, comme cela était le cas précédemment.

Les visites, toujours guidées, se font en langue italienne. Cependant, sur réservation, il est possible de participer à une visite assurée par un guide s’exprimant en anglais. Pas de visite en français (2018).

Jours de visite :

  • du lundi au samedi matin, à 11h30
  • les jeudi et vendredi après-midi à 16h.

Durée de la visite : env. 1 heure (autant dire : au pas de course)

Prix : 7€

La billetterie est ouverte une heure avant l’horaire de visite ; le guichet se trouve dans l’angle gauche du vestibule du palais.

ATTENTION : Les visites sont suspendues au mois de septembre.

Pour informations et réservation, téléphoner au 366 8642092 du lundi au vendredi de 9h à 11h. ou au 0577 22091 du lundi au ??

L’harmonieuse façade du palais, visible depuis la rue dont elle épouse la courbe caractéristique, a été construite au XVIIe s., dans un style néo-gothique très élégant.

Au milieu du XIIe s., les Marescotti, famille noble de Sienne, érigent la tour qui existe toujours à l’extrémité de l’édifice. Leur emblème, un aigle aux ailes déployées, est toujours visible sur les fenêtres trilobées de la façade.

En 1506, les Piccolimini Mandoli acquièrent le bâtiment et le modifient considérablement, dans le style de la Renaissance. C’est l’époque où sont aménagées la belle cour intérieure et sa loggia.

Au XVIIe s., à partir de 1770, Marcantonio Saracini, propriétaire des lieux, entreprend une importante restructuration qui vise à englober dans un palais unifié différentes constructions préexistantes, acquises afin d’augmenter la surface du palais et accueillir d’importantes collections d’œuvres d’art. Cette restructuration dure jusqu’en 1824, date à laquelle le fils de Marcantonio, Galgano Saracini, en hérite. L’intérieur est également rénové et modernisé.

En 1877, le dernier conte Saracini meurt sans héritier direct et la famille s’éteint. C’est à cette date qu’une autre importante famille siennoise, les Chigi, héritent du palais qui porte dorénavant leur nom accolé à celui des Saracini. Fabio Chigi meurt dans un accident de chasse ; son neveu Guido hérite de toutes ses propriétés. Dernier propriétaire du palais, le comte Guido Chigi-Saracini fait restaurer l’extérieur et l’intérieur par l’architecte Arturo Viligiardi[1] (en particulier la salle des concerts en style rococo). Ce passionné de musique y fonde en 1932 l’Accademia Musicale Chigiana à laquelle il lègue le bâtiment à sa mort en 1965.

Le palais Chigi-Saracini est aujourd’hui encore le siège de l’ Accademia Musicale Chigiana. De nombreux concerts y sont donnés toutes l’année et chaque été, les plus grands interprètes y donnent des cours d’interprétation musicales. Il n’est pas rare que le

Vestibule du palais

Il constitue le passage de la rue à la cours de l’édifice. L’aspect grave et sombre de cette entrée est souligné par la présence, contre le mur de droite, d’une monumentale statue datant du début du XVIIe s. (1609), représentant Jules III, premier pape Chigi (1550-1555). Cette œuvre est due à Fulvio Signorini (1563 – après 1609).

Cour du palais

Une fois passé le sombre vestibule, on parvient dans la cour intérieure, de plan approximativement carré, dont les murs sont ornés de bas-relief encastrés dans la brique. On remarque très vite que les fenêtres sont toutes ornées de la devise des Saracini : Micat in vertice, littéralement : « Il/elle brille au firmament ». Cette formule réfère à l’étoile visible au sommet des 3 montagnes figurées dans l’emblème de la famille, également visible à de multiples reprises sur les murs d’enceinte de la cour et que l’on retrouvera à de multiples reprises à l’intérieur du bâtiment.

Sur la droite de la cour, en provenant du vestibule, s’ouvre un portique qui longe la cour et conduit à deux chapelles privées (qui ne se visitent pas) : la chapelle San Galgano, du nom de l’un des saints siennois importants (voir § concernant l’abbaye de San Galgano), construite par le conte Galgano Chigi-Saracini au début du XIXe s. et la chapelle ???? Les fresques des voûtes du portique sont dues au peintre Giorgio di Giovanni[2], né à Sienne à une date imprécise et mort dans cette même ville en janvier 1559. Comme le soulignent les sources documentaires[3], le « porticato di Giorgio, compagno di Giovanni da Udine » (le portique de Giorgio, compagnon de Giovanni da Udine) propose un répertoire bien connu, fait de petites figures se détachant sur des fonds de couleurs vives, de faisceaux de cannes de bambou sur lesquels s’entrelacent des rameaux de vigne, de masques et autres sujets d e fantaisie hérités de la culture figurative des loges vaticanes. Les paysages au centre des ovales de la voute centrale révèlent, d’autre part, une importante actualisation de motifs importés du Nord.

Accolé au centre du portique, un beau puits de pierre claire rappelle la richesse des propriétaires des lieux, tant il est vrai qu’à Sienne, l’eau était, et demeure, un bien rare et précieux. Sa margelle de forme octogonale comporte des panneaux sculptés d’emblèmes familiaux. Deux colonnes supportent un entablement où l’on retrouve la devise Micat in vertice et où est accroché un dispositif permettant de remonter l’eau nécessaire à l’usage domestique. La poulie et le seau sont devenus parfaitement inutiles puisque le puits est dorénavant condamné.

La partie du palais ouverte à la visite comporte une partie des salles publiques exploitées lors des sessions de l’Accademia Chigiana, qui ont lieu principalement en été : la grande salle de concerts, le musée des instruments de musique anciens, les « salles de classe » utilisées pour les cours d’interprétation (cours de piano, cours de flûte, de guitare, de chant, de composition, et.).

On visite également quelques salons particuliers qui constituaient la résidence du dernier comte Chigi-Saracini jusque dans les années 1960.

Les collections d’œuvres d’art sont présentées dans un ensemble de pièces qui ont conservé leur aspect fonctionnel de demeure privée. C’est la raison pour laquelle l’accrochage, un peu suranné qui rend parfois difficile la contemplation, voire la simple vision des œuvres, et s’éloigne beaucoup des principes observés dans une présentation de type muséale ; il correspond à la volonté des derniers propriétaires de la famille Chigi qui a imposé par testament le maintien en l’état de la décoration.

Au sommet de l’escalier assez raide qui, depuis la cour du palais, conduit à l’étage noble, se trouve le salon Guido Chigi-Saracini, premier d’une succession de pièces somptueuses, ornées d’une profusion d’œuvres d’art et d’objets précieux de toutes sorte.

Le salon Guido Chigi-Saracini

Il s’agit de la première pièce rencontrée. Elle est située à quelques marches de l’étage noble du palais : c’est la raison pour laquelle est utilisée comme salon d’accueil pour les personnalités amenées à visiter la demeure et pour les musiciens de renom chargés des cours d’interprétation musicale.

Peintures

Le Sodoma, Allégorie de l’amour céleste

[1] Arturo Viligiardi (Sienne, 1869 – Sienne 1936) a été élève de Louis Dupré et Luigi Mussini à Sienne et collabora avec Cesare Maccari à Rome tant comme décorateur que comme architecte. En 1905, il réalise les peintures de la Tribuna di San Zenobi au Duomo de Florence, année où il rsructure également le Palazzo Chigi-Saracini. Entre 1887 et 1894, il travaille au Duomo de Chiusi où il peint les parois de la nef centrale, une partie de la contre-façade et l’abside en « fausse mosaïque » de style byzantin.

[2] Giorgio di Giovanni, peintre et architecte militaire, est né à Sienne à une date imprécise et mort à Sienne en janvier 1559. Il est possible que sa formation ait été réalisée au contact de Domenico Beccafumi ; cependant, son style a fortement été influencé à la suite de son séjour à Rome, dans l’ambiance des grands chantiers alors en cours au Vatican. C’est là, probablement au moment (1519) de la décoration des loges du premier étage du palais du Vatican, qu’il fut élève de Giovanni Ricamatore, dit Giovanni da Udine. Ce travail contribua fortement à orienter l’art de Giorgio vers la production de travaux décoratifs fait de motifs végétaux (plantes et fruit) et animaliers. Rentré dans sa ville natale après le sac de Rome (1527), Giorgio di Giovanni développa une production picturale autonome qui le vit œuvrer principalement comme fresquiste. A partir de 1539, les registres comptables de la ville de Sienne conservent la trace de son activité en tant que « depentore » (peintre) de la commune. Les fresques qu’il réalisa dans la chapelle de la villa de Belcaro, aux environs de Sienne, datent de 1535. Le Giudizio di Paride (Jugement de Pâris) du Palazzo Guglielmi à Casato, datent, quant à elles, de 1548. En 1552, la décision de détruire la citadelle de San Prospero coïncide avec une importante mutation de la carrière de Giorgio qui, depuis cette date, se consacra presque exclusivement à la charge prestigieuse d’architecte militaire que lui confia la magistrature siennoise.

[3] Mancini, p. 114