Sano di Pietro, « Incoronazione della Madonna »

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Sano di Pietro (Sienne, 1405 – 1481)

Incoronazione della Madonna, vers 1450-1455.

Tempéra et or sur panneaux, 197 x 236 cm. (encadrements inclus).

Inscriptions :

  • (à gauche, au-dessus de l’arc central, dans le phylactères accompagnant le prophète Isaïe) : « ISAIA PROPHETA »
  • (à droite, au-dessus de l’arc central, dans le phylactères accompagnant le prophète Jérémie : « GEREMIA PROPHETA »
  • (dans le livre ouvert tenu par saint Bernardin) : « QUE SURSUM SUNT SAPITE NON QUAE SUPER TERRAM » [2]

Provenance : Chapelle du Palazzo Pubblico, Sienne ?

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

C’est Enzo Carli [1] qui a formulé l’hypothèse que ce retable ait pu, à l’origine, avoir été installé dans la chapelle du palazzo Pubblico. Il ne semble pas qu’elle ait été contredite depuis. Dans le cas où cette hypothèse serait confirmée, la date de la réalisation serait, du même coup, précisée puisque l’on sait qu’en 1451, Sano acheva une œuvre destinée à ce site, peinte sur le thème de l’Incoronazione.

Le panneau central (fig. 1) représente le moment où La Vierge est couronnée par Jésus (La Madonna è incoronata da Gesù).

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1

Autour de l’énorme double trône qui barre l’espace, et sur lequel ont pris place les deux principaux protagonistes, les dix anges en adoration – deux sont musiciens, et deux se cachent derrière leurs pairs – constituent une sorte de couronne redoublant celle que Jésus pose en ce moment même sur la tête de sa Mère.

De part et d’autre du panneau central, sur les deux volets latéraux, figurent

  • à gauche, les saints
    • François ; debout, on le voit à l’instant de la stigmatisation, ou du moins immédiatement après celui-ci puisque la vision du Christ sous les traits d’un séraphin à six ailes est encore présente sur la droite. Pour achever l’allusion, François écarte de la main la déchirure de sa bure à travers laquelle on peut voir la cinquième plaie qui vient de lui être infligée.
    • Jérôme ; tout comme Augustin, que l’on voit dans le volet de droite, et comme lui l’un des quatre premiers pères de l’église promus au rang de Docteurs de l’Église par le pape Boniface VIII, Jérôme, agenouillé, présente le travail d’érudition qu’a représenté la traduction en latin de la Bible, appelée de ce fait Vulgate.
  • à droite, les saints
    • Bernardin, debout, tient à la main, comme la plupart du temps, le monogramme du Christ (IHS) et un livre ouvert sur lequel on peut lire la formule empruntée à saint Paul [2] qui lui est le plus souvent associée.
    • Augustin, agenouillé comme Jérôme auquel il fait pendant, présente à son tour ses écrits.

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Dans les écoinçons placés au sommet des panneaux latéraux, on peut voir une Annonciation du fait de la présence simultanée de deux figures aisément identifiables :

  • à gauche (fig. 5) : l’Ange Annonciateur
  • à droite (fig. 6) : la Vierge de l’Annonciation

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Michel Laclotte [3] a émis, avec beaucoup de prudence, l’hypothèse que le petit panneau de Nantes intitulé La Stigmatisation de saint François, ait pu faire partie de la prédelle de ce retable dont toute autre trace éventuelle semble perdue.

S’il est vrai que, comme nombre des œuvres de Sano di Pietro datant de cette époque, ce retable donne quelques signes d’une exigence moindre comparée à celle du Polyptyque de 1444, mais cette référence constitue un sommet, on ne peut qu’admirer ce qui fait depuis toujours la splendeur de l’art de Sano : l’extraordinaire fluidité avec laquelle il traduit les lignes ondulantes des vêtements, ici particulièrement riches en raison de l’événement représenté, et le chromatisme d’une intensité qui est une sorte de signe de fabrication.

[1] CARLI 1958, p. 89.

[2] « Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. » Épître de saint Paul aux Colossiens (Col. 3, 2). Cette formule est citée dans de nombreux autres textes.

[3] LACLOTTE 1958, p. 85.

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