Thébaïde

L’iconographie chrétienne utilise le terme Thébaïde [1]Thébaïde : nom des lieux déserts, isolés et sauvages (*) de l’Égypte méridionale, voisins de la ville de Thèbes, dans lesquels se sont retirés les premiers ermites et anachorètes chrétiens, ou Pères du désert, qui ont donné naissance au monachisme, parmi lesquels les saints Paul de Thèbes, Macaire le Grand, Pacôme, Antoine le Grand, Jean … Poursuivre pour désigner une représentation picturale (fresque [2]Par exemple : Lippo Vanni,Thébaïde, v. 1340-1344. Sienne, Santa Maria della Scala. ou peinture sur panneau [3]Fra Angelico [attr.], Thébaïde. v. 1420. Florence, Gallerie degli Uffizi.) inspirée par les vies des Pères du désert. Ce type de représentation rassemble différents lieux spécifiques (loci) au sein d’une entité spatiale unique, habituellement un paysage de montagnes escarpées, de forêts et de grottes. Tous ces lieux variés donnent prétexte au déploiement de scènes quotidiennes de la vie des premiers ermites ainsi que, moins prosaïquement, à des épisodes devenus fameux [4]Le même principe permet parfois de figurer des épisodes de la vie de certains saints tels Jérôme de StridonFrançois d’AssiseBernard de Clairvaux ou Benoît de Nursie.. « Très probablement né à Pise sous l’impulsion de l’ordre dominicain, le thème apparaît pour la première fois sur un mur du Camposanto vers 1336. Il circule principalement entre Pise, Sienne et Florence jusqu’au milieu du XVe siècle, mis à part quelques cas à la fin de ce siècle et au début du suivant [5]« À l’exemple de Dosso Dossi, Paysage ou Thébaïde avec les vies des saints, vers 1527-1528, huile sur toile, 60 x 87 cm, Moscou, Musée des Beaux-Arts Pouchkine. ». » [6]Marie PICCOLI-WENTZO, « L’expérience picturale à Sienne  : autour de trois Thébaïdes (années 1340-1440) », Memini, 28 (2022). Mise en ligne : https://doi.org/10.4000/memini.2297Haut de page

Paul de Thèbes [7]Outre les Thébaïdes, certains panneaux présentent dans un même déroulé narratif plusieurs épisodes de la vie de Paul, qui s’inscrivent généralement dans le cadre de cycles de la légende de saint Antoine abbé : c’est le cas de deux panneaux de Bartolo di Fredi de la fin du XIVe siècle (Berlin, Gemälde Galerie), de deux panneaux de Bartolomeo di Biagio et … Poursuivre, considéré par saint Jérôme comme le véritable fondateur de la vie érémitique, dans le sillage d’Élie et Jean Baptiste [8]La parenté – voire l’identité – entre Élie et Jean-Baptiste fait l’objet de plusieurs commentaires dans le Nouveau Testament. Paul de Thèbes, nourri comme Élie par un corbeau au désert et enlevé au ciel sous les yeux d’Antoine, comme Élie sous ceux d’Élisée, est pour saint Jérôme l’héritier de ces deux figures saintes, lié à elles par le désert, l’ascétisme, … Poursuivre, fait partie des figures les plus fréquemment représentées, avec saint Antoine abbé, dans le cadre des Thébaïdes ou dans les panneaux peints inspirés des vies des Pères du désert.

Notes

Notes
1 Thébaïde : nom des lieux déserts, isolés et sauvages (*) de l’Égypte méridionale, voisins de la ville de Thèbes, dans lesquels se sont retirés les premiers ermites et anachorètes chrétiens, ou Pères du désert, qui ont donné naissance au monachisme, parmi lesquels les saints Paul de Thèbes, Macaire le Grand, PacômeAntoine le GrandJean d’Égypte.

(*) Le mot a pris le sens de « retraite » en français dans la langue littéraire.

2 Par exemple : Lippo Vanni,Thébaïde, v. 1340-1344. Sienne, Santa Maria della Scala.
3 Fra Angelico [attr.], Thébaïde. v. 1420. Florence, Gallerie degli Uffizi.
4 Le même principe permet parfois de figurer des épisodes de la vie de certains saints tels Jérôme de StridonFrançois d’AssiseBernard de Clairvaux ou Benoît de Nursie.
5 « À l’exemple de Dosso Dossi, Paysage ou Thébaïde avec les vies des saints, vers 1527-1528, huile sur toile, 60 x 87 cm, Moscou, Musée des Beaux-Arts Pouchkine. »
6 Marie PICCOLI-WENTZO, « L’expérience picturale à Sienne  : autour de trois Thébaïdes (années 1340-1440) », Memini, 28 (2022). Mise en ligne : https://doi.org/10.4000/memini.2297Haut de page
7 Outre les Thébaïdes, certains panneaux présentent dans un même déroulé narratif plusieurs épisodes de la vie de Paul, qui s’inscrivent généralement dans le cadre de cycles de la légende de saint Antoine abbé : c’est le cas de deux panneaux de Bartolo di Fredi de la fin du XIVe siècle (Berlin, Gemälde Galerie), de deux panneaux de Bartolomeo di Biagio et Ventura di Moro de la fin du XIVe ou de la première moitié du XVe siècle (Rome, Pinacothèque du Vatican), ou encore de deux fragments d’un panneau peint d’Amidei Giuliano daté de la deuxième moitié du XVe siècle (Zurich, Kunsthaus).
8 La parenté – voire l’identité – entre Élie et Jean-Baptiste fait l’objet de plusieurs commentaires dans le Nouveau Testament. Paul de Thèbes, nourri comme Élie par un corbeau au désert et enlevé au ciel sous les yeux d’Antoine, comme Élie sous ceux d’Élisée, est pour saint Jérôme l’héritier de ces deux figures saintes, lié à elles par le désert, l’ascétisme, la prière et la retraite. De même qu’Elisée reçoit en héritage la moitié du manteau d’Élie, Antoine s’empare du manteau de palmes tressées de Paul après sa mort pour s’en revêtir en de saintes occasions.

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