Confraternita dei Disciplinati di Santa Maria Santissima

La confraternité des disciplinés de Maria Santissima ou Compagnie de Sainte Marie

La première compagnie laïque à s’installer au sous-sol de l’Ospedale di Santa Maria della Scala fut, au milieu du XIVe siècle, la « Confraternita dei Disciplinati di Maria Santissima » qui deviendra en 1785 la « Società di Esecutori di Pie Disposizioni ». La confrérie est née de la fusion de trois groupes distincts : les « Raccomandati di Gesù Crocifisso » (qui se réunissaient dans l’église San Niccolò in Sasso), la « Confraternita della Madonna sotto il Duomo » (située sous la Cathédrale) et celle des « Disciplinati di N.S. Gesù Cristo » (déjà située auparavant sous les voûtes de l’hôpital). Une lettre de sainte Catherine fait l’éloge de la fusion et de la création de la nouvelle société au siège des Disciplinati, à Santa Maria della Scala.  

Le statut le plus ancien parvenu jusqu’à nous date de 1295. Selon les Chapitres de la Compagnie, les adhérents devaient mener une vie exemplaire et étaient astreints à de nombreuses obligations de dévotion et de pénitence, y compris l’usage de la discipline, fouet ou fléau, en mémoire de la Passion du Christ, pratiquée secrètement dans la chapelle de la confrérie, pendant le chant des psaumes et des laudes.

Au cours de la seconde moitié du XIVe siècle, le titre Societas Beate Virginis Marie a commencé à apparaître également pour identifier la confrérie, soulignant ainsi le renforcement progressif des relations entre les deux sociétés, qui dans la seconde moitié du XVe siècle furent complètement unifiées. Après que la République de Sienne lui eut accordé, en 1363, la faculté d’accepter des biens pro remedio animae [1]Les donations et autres legs, pieusement dénommés legata pro anima (legs pour le salut de l’âme), pro remedio animae (pour le remède de l’âme), pro animae redemptione (pour la Rédemption de l’âme), ou encore, moins directement intéressés, ad pias causas (pour les causes pieuses) sont des dispositions testamentaires faites en faveur de l’Église ou d’institutions … Poursuivre, la congrégation devint le récipiendaire de nombreux legs en espèces et immobiliers, ainsi que l’obtention de la gestion ou de la possession de lieux affectés à l’assistance, tels comme le petit hôpital d’Uopini, offert par Giovanni Colombini, et d’autres petits hôpitaux ou xenodochi, l’un situé au Pian dei Mantellini, dédié à Notre Seigneur Jésus-Christ et l’autre, toujours dans la zone urbaine, dédié à la Bienheureuse Vierge Marie Gloriosa. La Compagnie comprenait des personnes de tous horizons, mais principalement des aristocrates, des notables et des ecclésiastiques de différents ordres religieux.

La confrérie comprend parmi ses membres un grand nombre de saints et de bienheureux, dont saint Bernardin de Sienne, saint Jean de Capestrano, le bienheureux Bernardo Tolomei, Giovanni Colombini, Raimondo da Capua, Ambrogio Sansedoni, Jacopo da Todi.

La multitude de legs reçus par la Compagnie au cours des siècles témoigne du prestige et de la confiance dont elle jouissait pour la probité des confrères et pour leur activité tournée vers le bien d’autrui. Les héritages commandés par Giulio et Deifebo Mancini au XVIIe siècle et par Marcello Biringucci au XVIIIe ont été particulièrement visibles et pertinents pour l’incitation à étudier les arts, les sciences et les disciplines humanistes qui a résulté de la création d’étudiants de spécialisation pour les étudiants méritants.
L’association conserva l’ancien titre de Compagnia dei Disciplinati ou de Madonna sotto l’Ospedale jusqu’aux réformes grand-ducales de 1785, qui supprimèrent toutes les congrégations.

En 1783, la Compagnie de Sainte Marie devient l’organisation pieuse la plus riche de Sienne. En 1785, le Grand-duc de Toscane Pietro Leopoldo la transforme en une Société d’exécuteurs de dispositions pieuses (Società di esecutori di pie disposizioni). Son siège demeure sous les voûtes de l’Ospedale jusqu’en 1915, date à laquelle elle l’abandonne pour s’installer dans les locaux du monastère supprimé du Santuccio, via Roma, où elle se trouve encore de nos jours.

Notes

Notes
1 Les donations et autres legs, pieusement dénommés legata pro anima (legs pour le salut de l’âme), pro remedio animae (pour le remède de l’âme), pro animae redemptione (pour la Rédemption de l’âme), ou encore, moins directement intéressés, ad pias causas (pour les causes pieuses) sont des dispositions testamentaires faites en faveur de l’Église ou d’institutions caritatives au profit de l’âme du défunt donateur ou de celle d’autrui. L’idée de la vertu méritoire et expiatoire des bonnes œuvres et principalement de l’aumône, qui est le fondement des legs pour l’âme, est déjà mentionnée dans l’Ancien Testament, où la récompense divine est promise à ceux qui font l’aumône, et il y est affirmé que l’aumône efface les péchés (Ecclésiastique 3, 30 ; Tobie 4, 7-11 ; 12, 8-9). Mais cette idée n’est clairement exprimée que dans les Évangiles, où Jésus indique le chemin de la perfection, invitant à donner aux pauvres pour rassembler un trésor au ciel (Mt 19, 21), représentant le royaume des cieux comme récompense des actions bénéfiques (Mt 25, 31 sq.), proclamant : « et ait Dominus ad illum nunc vos Pharisaei quod de foris est calicis et catini mundatis quod autem intus est vestrum plenum est rapina et iniquitate / stulti nonne qui fecit quod de foris est etiam id quod de intus est fecit / verumtamen quod superest, date eleemosynam et ecce omnia munda sunt vobis » (« Mais le Seigneur lui dit : Vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et à l’intérieur vous êtes pleins de rapine et de méchanceté. Insensés ! celui qui a fait le dehors n’a-t-il pas fait aussi le dedans ? Donnez plutôt en aumônes ce qui est dedans, et voici, toutes choses seront pures pour vous (Lc 11, 39-41). Voir : Mario FALCO, « Anima, Disposizioni per l’», dans Enciclopedia Italiana (1929), mis en ligne à l’adresse : https://www.treccani.it/enciclopedia/disposizioni-per-l-anima_%28Enciclopedia-Italiana%29/.