“Pastorale di San Galgano”

Pastorale di San Galgano (Crosse de San Galgano), seconde décennie du Trecento.

Cuivre repoussé, ciselé, gravé et doré, et décoré d’émaux champlevés, h. : 193 cm.

Inscriptions : /

Provenance : Abbazia di San Galgano, Chiusdino.

Chiusdino, Museo civico e diocesano d’arte sacra di San Galgano.

L’usage de la crosse pour les évêques, laquelle est le symbole du soin des pasteurs pour son troupeau, et très anciens ; saint Ambroise de Milan (IVe siècle) en décrivait déjà la symbolique : la crosse doit être incurvé dans sa partie haute de manière à rassembler les égarés, droite au milieu pour conduire les faibles, pointue en bas pour faire avancer les paresseux.

L’usage de la crosse est l’un des plus antiques privilèges concédé aux abbés, de même que la mitre, la croix pectorale et l’anneau, en tant qu’ils étaient responsables du soin des âmes au sein de la réalité extraterritoriale qu’était une abbaye.

La crosse de l’abbaye de San Galgano est une très intéressante œuvre d’orfèvrerie gothique ; sa réalisation remonte aux années vingt du XIVe siècle. La provenance de l’abbaye de Saint Gargano est attestée par la figure du saint chevalier-ermite agenouillé devant son épée fichée dans la terre au sommet du Monte Siepi, située dans la plate-forme qui conclue la volute, et par le blason de cette même abbaye (l’épée enfoncée sur le mont héraldique) figuré à la base de la volute où apparaît aussi, en position ouverte, le reliquaire du chef du saint.

La volute est elle-même décorée avec des compartiments quadrilobes dont les dimensions diminuent au fur et à mesure, qui contiennent, dans la mesure où leur dimensions le permettent, des émaux figurant des volatiles. Le nœud architectonique, en forme de petit temple hexagonal, présente si fenêtre jumelées, dans lesquelles apparaissent les couples de figures en réserve, réalisées en émail champlevé et doré, de saint Galgano et de saint Jean Baptiste, de saint Bernard de Clairvaux et de saint Benoît de Nursie, de sainte Marie Madeleine et de sainte Catherine d’Alexandrie, de saint Paul et saint Pierre, de l’archange saint Michel et de saint Jacques le majeur, d’un saint diacre et d’un saint évêque bénissant.