Chiesa di San Lorenzo in Ponte, San Gimignano

Église de San Lorenzo in Ponte

Via del Castello

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PRÉSENTATION


L’église doit naturellement son nom au saint à qui elle est dédiée (Lorenzo) ainsi qu’au fait d’avoir été construite à proximité d’un pont-levis, lequel permettait alors de relier l’actuelle via del Castello, provenant de la piazza della Cisterna, à l’ancien château de l’évêque de la ville. L’équivalent français de la belle dénomination italienne (San Lorenzo in Ponte) pourrait donc être, plus prosaïquement : Saint Laurent du Pont, ou au Pont.

L’église de San Lorenzo in Ponte en quelques dates
  • 1250. Le nouvel édifice construit à cette date succède, au même emplacement, à une première église dédiée à Santa Lucia, dont l’existence plus ancienne est déjà attestée dans une bulle papale datée de janvier 1183. La nouvelle construction est financée par la commune.
  • 1310 (?). Simone Martini peint une Vierge à l’Enfant sur le flanc gauche de l’église.
  • 1411-1412. . Une premier portique est construit afin de protéger l’œuvre. Celle-ci prendra le nom de Vergine al Prato du fait que le portique ainsi obtenu donnait sur le pré avoisinant.
  • Vers 1413. Le peintre florentin Cenni di Francesco di ser Cenni peint les fresques de l’église, ainsi que celles que l’on voit encore dans ce qui est devenu l’Oratoire de la Madonna del Prato.
  • Début du XVIIe s. Le portique du XVe siècle est doté de l’actuelle voûte ogivale.
  • 1728. Les arcades sont murées à l’aide de briques. [1]
  • L’époque à laquelle a été percée la porte de communication entre l’église proprement dite et l’oratoire demeure incertaine.

L’édifice aux dimensions modestes ne permet pas d’anticiper la splendeur du cycle de fresques qui attend le visiteur à l’intérieur. Les deux constructions distinctes qui en constituent l’ensemble apparaissent bien visibles depuis l’extérieur. Au sommet du pignon de la façade de briques qui s’élève sur la rue, le clocher-mur de petites dimensions s’harmonise parfaitement à l’échelle de l’ensemble. Ce même pignon est percé en son centre d’une fenêtre géminée. L’entrée, quant à elle, est protégée par un simple auvent qui occupe toute la largeur de l’édifice.

L’élégante structure de l’ancien portique devenu oratoire situé à l’angle des deux rues, se distingue très nettement par le style Renaissance de ses hautes arcades murées dont la maçonnerie ne cherche nullement à dissimuler les colonnes et les pilastres qui supportent encore la charge de la toiture.

Intérieur de l’église

La nef unique de l’église est couverte d’une charpente de bois apparente et conserve une grande partie de son décor peint à fresque autour de 1413 par Cenni di Francesco di ser Cenni. La charge fut confiée à ce peintre florentin par Niccolò Salvucci, alors Recteur de l’église.

Le thème du cycle est celui de l’au-delà. Il est lui-même lié à la figure du saint titulaire de l’église, le diacre Laurent qui est autorisé à sauver les âmes du Purgatoire. Un autre monde, celui d’après la mort selon la pensée médiévale, est dépeint à travers l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis, avec un luxe de détails qui, s’il n’a pas entièrement survécu, reflète encore bien les sentiments, les peurs et les espoirs d’une époque. La Mort, le Jugement dernier, l’Enfer et le Paradis, ou les quatre Novissimi selon la terminologie donnée en Italie aux situations ultimes auxquelles l’homme, selon l’économie de la Divine Providence, va à la rencontre au terme de sa vie.

Sur la paroi droite, dans l’embrasure de la porte qui communiquait avec les pièces d’un bâtiment appartenant à la famille Salvucci, à l’époque où l’Église était devenue une cave à vin, avait été placé un pressoir dont des traces demeurent au sol, dans la pierre.
Bénitier provenant de l’église paroissiale de Renzano, qui n’existe plus aujourd’hui ; la cuve est sculptée dans une pierre d’un seul tenant, la base et la colonne sont récentes.
Le décor peint

L’ornementation picturale a d’emblée concerné la quasi totalité des surfaces murales disponibles à l’intérieur des deux parties de l’édifice. Dans l’église, c’est le cas de toutes les parois à l’exception de la contre-façade (a-t-elle jamais été peinte ?).

Les deux parois de la nef conservent de très beaux fragments des enfers qui étaient représentés de part et d’autre, et dont les détails encore visibles avaient vocation à enseigner aux fidèles la crainte du châtiment de leurs péchés. Dans un florilège savamment étudié, et largement inspiré de l’Enfer de Dante, différents supplices sont savamment mis en œuvre par les sbires de Satan, en fonction de la gravité et de la nature des fautes commises.

Tout au fond de la nef, sur la paroi centrale de l’abside rectangulaire, les fidèles pouvaient reprendre espoir d’échapper aux tourments de l’enfer à la vue du Jugement Dernier, instruits qu’ils l’étaient dorénavant des risques encourus à persévérer dans la faute. Et s’imaginer qu’ils accèderaient peut-être au Paradis dont l’image prémonitoire est encore visible sur la paroi gauche de l’abside.

Positionnement des fresques dans l’église et dans l’ancien portique attenant. D’après un cartel du musée.
fresques de l’église

PAROI GAUCHE DE LA NEF

ABSIDE

PAROI DROITE DE LA NEF

L’oratoire DE LA MADONNA DEL PRATO (ANCIEN PORTIQUE)

L’oratoire accolé à l’église garde en mémoire l’aspect de la loggia qui l’a précédé à cet endroit : trois des parois sont ornées de fresques. La quatrième était largement ouverte vers l’extérieur sur lequel elle donnait au moyen de quatre large baies séparées par les colonnes supportant la charge de la toiture. Celles-ci scandent encore cette paroi dont les ouvertures ont été murées à l’occasion de la transformation du portique en l’actuelle salle dans laquelle nous nous trouvons. Le format des œuvres peintes sur les deux parois courtes s’aligne encore la pente de la toiture initiale, détruite au XVIIe s. pour faire place à la voûte d’ogive surélevée que l’on voit aujourd’hui.

fresques de l’Oratoire de la Madonna del Prato

Deux des huit fresques qui ornent les murs de cet ancien oratoire se font face sur chacune des deux largeurs de la salle. Les six autres occupent des surfaces de format et de dimensions variées sur le mur qui la sépare de l’église.

[1] On ignore encore à quelle période les grilles qui, « en 1610, séparaient la Madone, à l’intérieur de l’Oratoire, du public qui demeurait à l’extérieur, et les vitraux qui semblent avoir été placés avant 1728 ». Voir : Raffaello Razzi, San Lorenzo in Ponte in San Gimignano e l’Oratorio della Madonna del Prato. San Gimignano, Saggi Brevi, n. 6, 2017.