
Domenico di Michelino, « Dante con in mano la Divina Commedia », v. 1465. Tempéra sur toile, 232 x 290 cm. Florence, cathédrale de Santa Maria del Fiore.
Le Purgatoire est l’un des cinq lieux de l’au-delà dans la version médiévale de ce dernier. Il constitue aussi le thème du second des trois cantiques qui, avec le l’Enfer et le Paradis, composent la Divine Comédie de Dante. Chacun des trois cantiques correspondant à l’un des trois règnes de l’au-delà décrits par Dante est formé de trente-trois chants, à l’exception de l’Enfer qui comporte un chant préliminaire. Chaque chant est à son tour subdivisé en tercets dont les rimes sont enchaînées (ABA BCB CDC…).
La montagne du Purgatoire, qui émerge sur un îlot au milieu des flots, est un lieu d’attente, celui « où le temps se restaure par le temps » [1]« […] ove tempo per tempo si ristora » (Purgatoire, XXIII, 84). pour tous ceux qui, jusqu’à la fin de leur vie, ont négligé de se repentir. Cette montagne est divisée en neuf parties. La première, située au niveau des eaux, est celle que les commentateurs appellent Anti-purgatoire. Les âmes y sont confinées jusqu’à ce qu’elles soient autorisées à monter vers la purgation. Elles sont alors placées sous la conduite de Caton, car il était, plus que d’autres, resplendissant par une vertu stoïque complètement opposée à celle de la négation.
Suivent ensuite les sept corniches dans lesquels les sept vices capitaux sont purgés. La dernière partie, la plus haute, est le Paradis terrestre. On a remarqué que l’organisation du traité moral de l’Enfer est aristotélicienne, celle du Purgatoire est platonicienne. C’est pourquoi les péchés ne sont pas considérés selon les effets, mais selon les causes, et donc se réduisent tous à un désordre de l’amour [2]Dante interroge son guide pour savoir quel est l’offense à Dieu qui se restaure dans la corniche où ils se trouvent tous les deux :
Ed elli a me : « L’amor del bene, scemo del suo dover, quiritta si ristora ; qui si ribatte il mal tardato remo. Ma perché più aperto intendi ancora, volgi la mente a me, e prenderai alcun buon frutto di nostra dimora. »« Né creator né creatura … Poursuivre.

