De nos jours encore, tous les Siennois connaissent la victoire de Monteaperti. Un monument en commémore la mémoire dans la campagne de Monteaperti [1]Voir : La piramide della battaglia di Monteaperti., et le Palio, courut deux fois par an à Sienne, en perpétue le mythe. Cet épisode historique vécu comme le plus glorieux de l’histoire de la République de Sienne, est relaté dans un manuscrit, La sconfitta di Monte Aperto [2]Le manuscrit est conservé à la Biblioteca Comunale degli Intronati (Sienne)., rédigé et illustré par Niccolò di Giovanni di Francesco di Ventura.
Les guerres entre Sienne et Florence étaient intermittentes depuis 1082, année du premier affrontement. L’animosité se trouvait renforcée depuis peu par le fait que Sienne avait mis au pouvoir en 1234 le Gouvernement des Vingt-Quatre de la faction des Gibelins, grands ennemis des Guelfes toscans. En mars 1260, Sienne, qui avait reçu en renfort une compagnie de cavaliers allemands, tenta de reconquérir Grosseto, Montemassi et Monteano que les Guelfes avaient poussées à se rebeller. En avril, la ligue guelfe se porta au secours de la Maremme avec une armée de 30 000 hommes et, le 18 mai, elle dressa son campement à proximité du monastère de Sainte-Pétronille, voisin de la porte nord de Sienne, la porte Camollia. La cavalerie gibeline attaqua le jour même le camp ennemi. Pris par surprise, les Florentins tentèrent de fuir dans le plus grand désordre et perdirent 1 300 hommes [3]« Non. Sept. 1260 afflicti sunt Florentini Pistorienses Lucenses Pratenses Aretini Volterani cum toto ipsorum exfortio ac alii quam plures cum militibus Urbevetanis a Senensibus inter turrim de Monte Selvole et castrum de Monte Aperto. Ubi de parte Florentinorum ultra decem milia ceciderunt, et fuerunt plus quam quindecim milia capti, fugatis ultra quatuor miliaria reliquis, tentoriis vexillis … Poursuivre. Le 20 mai, la majeure partie de l’armée guelfe leva le siège puis s’employa dans les semaines suivantes à affaiblir les alliés de Sienne. Montepulciano fut conquise en juillet et, au mois d’août, les Guelfes envoyèrent une armée de 30 000 fantassins et 3000 cavaliers à Montalcino que les Siennois assiégeaient.
Lucques, Bologne, Pistoia, Prato, San Miniato, San Gimignano, Volterra, Arezzo, Pérouse, Orvieto et Colle Val d’Elsa participaient à l’expédition aux côtés de Florence. L’armée guelfe installa son campement à proximité immédiate de Sienne. Le 2 septembre, deux ambassadeurs florentins furent envoyés pour remettre un ultimatum au Conseil des vingt-quatre qui gouvernait Sienne. Le Conseil opta pour le conflit armé et décida alors d’octroyer une double solde aux Allemands. Le puissant banquier siennois Salimbene de’ Salimbeni fournit les fonds nécessaires : 18 000 florins.
Le 3 septembre, les troupes gibelines (l’armée siennoise et l’armée allemande de l’empereur Frédéric II, représenté par son fils Manfred Ier, roi de Sicile), fortes de 18 000 soldats et 1800 cavaliers [4]Ces chiffres sont des estimations qui peuvent varier sensiblement selon les sources. menées par Provenzano Salvani (capitaine du Peuple) et Farinata degli Uberti (condottière), sortirent de la ville. Le 4 septembre au matin, après avoir franchi la rivière Arbia, elle se disposa en ordre de bataille à côté de Montaperti, petite bourgade de la vallée située à environ huit kilomètres de Sienne. La bataille dura toute la journée et son issue fut incertaine durant plusieurs heures. Elle se conclut par la victoire de la coalition gibeline. Le campement guelfe fut pillé et 9 000 chevaux et autant de bêtes de somme furent capturés. Les drapeaux et les étendards, dont celui de Florence, furent pris. Les exilés gibelins rentrèrent à Florence le 27 septembre et Guido Novello, qui les commandait, fut nommé podestat. Tous les Florentins durent jurer fidélité à Manfred.
Il y eut 10 600 morts environ. Du côté des Florentins, 10 000 moururent et 15 000 furent faits prisonniers, parmi lesquels un grand artiste florentin, Coppo di Marcovaldo, qui influença la première génération des peintres siennois. Les pertes siennoises furent relativement limitées : 600 morts et 400 blessés. Sienne annexa Montalcino, Montepulciano, Casole d’Elsa et Abbadia San Salvatore. C’est à partir de ce jour que la ville se plaça sous le patronage de la Vierge. Le retentissement de cette bataille immédiatement entrée dans la légende devait être immense, bien que la victoire de Montaperti ait été, en quelque sorte, neutralisée neuf ans plus tard par la défaite de Colle di Val d’Elsa. « La bataille de Montaperti […] aboutit à la défaite militaire la plus éclatante jamais subie par les Florentins, mais n’entraîna pas de changement dans le rapport de force » [5]Luigi SPAGNOLO [éd.], La Sconfitta di Monte Aperto. Una cronaca e un cantare trecenteschi, Sienne, Betti, 2004.. Après la bataille, « l’aristocratie et les Gibelins qui [revinrent] à Florence [durent], bon gré mal gré, s’entendre avec la bourgeoisie qui [tenait] les rênes de la finance, qui contrôl[ait] la production et la distribution des produits sur les marchés internationaux » [6]« Una battaglia inutile », dans Il Chianti e la battaglia di Montaperti, Poggibonsi, Centro di Studi Chiantigiani « Clante », 1992, p. 17.. À la suite de l’excommunication lancée sur Sienne par Alexandre IV (1261), « cent dix familles – et [c’étaient] pour la plupart des familles de banquiers – abandonn[èrent] la ville et embrass[èrent] la foi guelfe, qui les réadmet[raient] au sein de l’Église et ipso facto les réinstall[aient] sur les marchés commerciaux et financiers d’où l’excommunication […] les a[vait] balayés » [7]Duccio Balestracci, op. cit., p. 18.. La mort de Manfred (1266) et de Corradino (1268) marqua la fin du gibellinisme siennois : à Colle di Val d’Elsa (1269), Florence se racheta de l’humiliation qui lui avait été infligée neuf ans plus tôt, et « la tête coupée de Provenzano Salvani hissée sur un brochet florentin […] f[it] bien comprendre qu’à Montaperti, seule une parenthèse s'[était ouverte] et refermée immédiatement » [8]Ibid., p. 19..
Aux chapitres LXXVI-LXXVIII du livre VII de la Nuova Cronica, le florentin Giovanni Villani présente la déconfiture de l’armée de Florence comme le résultat de la trahison de l’un des leurs, le noble Bocca degli Abati (que l’on retrouvera dans le chant XXXII de l’Enfer de Dante [9]Dante ALIGHIERI, La Divina Comédie (sous la direction de Carlo Ossola ; traduction de Jacqueline Risset), Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2021, (Enfer, XXXII, 103-11, pp. 252-253).) :
I Sanesi e gli usciti di Firenze [veggendo la mala pruova che’ Fiorentini aveano fatta per l’asalto di sì pochi cavalieri tedeschi, avisaro che avendone maggior quantità, sarebbono vincitori de la guerra. Incontanente si providono di moneta, e] accattaro da la compagnia de’ Salimbeni, ch’allora erano mercatanti, XXm fiorini d’oro, e puosono loro pegno la rocca a Tentennana, e più altre castella del Comune, e rimandarono loro ambasciadori in Puglia co la detta moneta al re Manfredi dicendo come la sua poca gente di Tedeschi per loro grande vigore e valentia s’erano messi ad assalire tutta l’oste de’ Fiorentini, e gran parte di quella messa in fugga, ma se più fossono stati, aveano la vittoria; ma per la poca gente ch’erano, tutti erano rimasi morti al campo, e la sua insegna strascinata e vergognata per lo campo, e in Firenze e intorno. A·cciò dissono quelle ragioni che seppono meglio per ismuovere Manfredi, il quale intesa la novella fu crucciato, e co la moneta de’ Sanesi, che pagaro la metade per tre mesi, e a suo soldo, mandò in Toscana il conte Giordano suo maliscalco con VIIIc cavalieri tedeschi co detti ambasciadori, i quali giunsono in Siena a l’uscita di luglio, gli anni di Cristo MCCLX; e da’ Sanesi furono ricevuti a gran festa, e eglino e tutti i Ghibellini di Toscana ne presono grande vigore e baldanza. E giunti in Siena, incontanente i Sanesi bandirono oste sopra il castello di Monte Alcino, il quale era accomandato del Comune di Firenze, e mandaro per aiuto a’ Pisani e a tutti i Ghibellini di Toscana, sì che co’ cavalieri di Siena, e cogli usciti di Firenze, e co’ Tedeschi, e loro amistade, si trovarono con XVIIIc di cavalieri in Siena, che la maggiore parte erano Tedeschi.
« 158 Les Siennois et les exilés (usciti) florentins […] empruntèrent à la compagnie des Salimbeni, qui étaient alors des marchands, 20.000 florins d’or et donnèrent en gage la rocca [10]Rocca : forteresse massive construite sur un pic rocheux ou une colline dominante. de Tintinnano et plusieurs autres châteaux de la commune. Ils renvoyèrent leurs ambassadeurs dans les Pouilles, au roi Manfred, avec ladite somme, les chargeant de lui narrer comment ses Allemands, peu nombreux, avaient donné, avec force et vaillance, l’assaut à tout l’ost [11]Ost ou host (du lat. hostis : ennemi, qui a donné « hostile »), par extension, « armée ennemie », puis « armée » (à l’époque féodale), terme qui le remplacera progressivement, avant de le faire définitivement tomber en désuétude. des Florentins, en mettant en déroute un grand nombre, et que, s’ils avaient été plus nombreux, ils auraient remporté la victoire, mais que, du fait de leur petit nombre, ils étaient tous morts sur le champ de bataille : son enseigne avait été tramée et bafouée dans tout le camp, puis dans Florence et ses alentours. Ils exposèrent les raisons qu’ils savaient le mieux émouvoir Manfred, qui ayant entendu ces nouvelles fut irrité et, avec l’argent des Siennois qui payèrent la moitié de la solde pour trois mois, envoya en Toscane le comte Giordano, son maréchal, avec huit cents chevaliers allemands et lesdits ambassadeurs. Ils arrivèrent à Sienne à la fin de juillet de l’an du Christ 1260 et furent reçus par les Siennois avec de grands honneurs ; eux et tous les gibelins de Toscane en prirent beaucoup de force et de hardiesse. Aussitôt, les Siennois semoncèrent l’ost contre le château de Montalcino, qui était allié (accomandato) à la commune de Florence. Ils demandèrent de l’aide aux Pisans et à tous les gibelins de Toscane, si bien qu’en comptant les chevaliers de Sienne, les exilés de Florence, les Allemands et tous leurs alliés, ils arrivèrent à mille huit cents chevaliers, dont la plus grande partie étaient des Allemands.
Li usciti di Firenze, per cui trattato e opera il re Manfredi avea mandato il conte Giordano con VIIIc cavalieri tedeschi, si pensarono ch’elli aveano fatto niente, se non attraessono i Fiorentini fuori a campo, imperciò che’ sopradetti Tedeschi nonn-erano pagati per più di tre mesi, e già n’era passato più d’uno e mezzo colla loro venuta; né moneta nonn-aveano da più conducergli, né attendeano da Manfredi; e passando il tempo di loro soldo, sanza fare alcuna cosa si tornavano in Puglia, con grande pericolo di loro stato. Ragionaro che ciò non si potea fornire sanza maestria e inganno di guerra, la quale industria fu commessa in messer Farinata degli Uberti e messer Gherardo Ciccia de’ Lamberti. Costoro sottilemente ordinarono due savi frati minori loro messaggi al popolo di Firenze, e innanzi gli acozzaro con VIIII de’ più possenti di Siena, i quali infintamente feciono veduta a’ detti frati come spiacea loro la signoria di messer Provenzano Salvani, ch’era il maggiore del popolo di Siena, e che volentieri darebbono la terra a’ Fiorentini, avendo Xm fiorini d’oro, e che venissono con grande oste sotto cagione di fornire Monte Alcino, e andassono infino in sul fiume d’Arbia; e allora co la forza di loro e di loro seguaci darebbono a’ Fiorentini la porta di Santo Vito, ch’è nella via d’Arezzo. I frati, sotto questo inganno e tradimento, vennero a Firenze con lettere e suggegli de’ detti, e feciono capo agli anziani del popolo, e profersono che recavano gran cose per onore del popolo e Comune di Firenze; ma la cosa era sì sagreta, che si volea sotto saramento manifestare a pochi.
159 Les exilés de Florence […], pour la cause desquels le roi Manfred avait envoyé le comte Giordano avec 800 cavaliers allemands, pensèrent que cela ne servirait à rien, s’ils n’arrivaient pas à faire sortir les Florentins pour combattre parce que les Allemands n’avaient pas été payés depuis plus de trois mois, et plus d’un mois et demi s’était déjà écoulé depuis leur arrivée ; ils n’avaient plus d’argent à leur apporter et n’en attendaient plus de Manfred ; et après avoir dépensé le temps de leur paie, sans rien faire, ceux-ci s’en retourneraient dans les Pouilles, avec un grand danger pour leur état. Ils raisonnèrent que cela ne se pouvait faire sans habileté ni ruse de guerre ; cette entreprise (industria) fut confiée à messire Farinata degli Uberti et à messire Gherardo Cicca de Lamberti. Subtilement, ceux-ci désignèrent deux sages frères mineurs comme messagers au peuple de Florence ; mais auparavant ils les rapprochèrent de neuf puissants de Sienne qui faussement leur laissèrent comprendre que la seigneurie de messire Provenzano Salvani – qui était le plus grand du peuple de Sienne – leur déplaisaient et que volontiers ils donneraient la ville (terra) aux Florentins, moyennant 10.000 florins d’or. Que les Florentins viennent avec un grand ost sous le prétexte de ravitailler Montalcino, qu’ils s’avancent jusqu’au fleuve Arbia, et alors, avec leur force et celle de leurs complices, ils leurs donneraient la porte San Vito, qui est sur la route d’Arezzo. Les deux frères arrivèrent à Florence porteurs de cette traîtreuse tromperie, avec des lettres et des sceaux desdits seigneurs, ils se firent chefs des anciens du peuple, et professèrent qu’ils apportaient de grandes choses pour l’honneur du peuple et de la municipalité de Florence ; mais l’affaire était si sacrée qu’on ne voulait la révéler qu’à quelques-uns sous le couvert du serment.
Allora gli anziani elessono di loro lo Spedito di porte San Piero, uomo di grande opera e ardire, ed era de’ principali guidatori del popolo, e co·llui messer Gianni Calcagni di Vacchereccia. I detti due anziani, che gli portava più volontà che fermezza, diedono fede al trattato, e incontanente si trovaro i detti Xm fiorini d’oro, e si misono in diposito, e raunarono consiglio di grandi e di popolo, e misono innanzi che di nicessità bisognava di fare oste a Siena per fornire Monte Alcino, maggiore che nonn-era stata quella di maggio passato a Santa Petornella. I nobili de le gran case guelfe di Firenze, e ’l conte Guido Guerra ch’era co·lloro, non sappiendo il falso trattato, e sapeano più di guerra che’ popolani, conoscendo la nuova masnada de’ Tedeschi ch’era venuta in Siena, e la mala vista che fece il popolo a Santa Petornella quando i cento Tedeschi gli asaliro, non parea loro la ’mpresa sanza grande pericolo. [E ancora sentendo i cittadini variati d’animi, e male disposti a fare più oste, rendero savio consiglio, che per lo migliore l’oste non procedesse al presente per le ragioni di su dette,] e ancora mostrando come per poco costo si potea fornire Monte Alcino, [e prendeallo a fornire gli Orbitani, e assegnando] come i detti Tedeschi [non aveano paga per più di tre mesi, e] già aveano servito mezzo il tempo[, e lasciandogli stentare sanza fare oste, tosto sarebbono straccati e] tornerebbonsi in Puglia, e’ Sanesi e gli usciti di Firenze rimarrebbono in peggiore stato che di prima. E ’l dicitore fu per tutti messer Tegghiaio Aldobrandi degli Adimari, cavaliere savio e prode e di grande autoritade; e di largo consigliava il migliore. Il sopradetto Spedito anziano, uomo molto prosuntuoso, compiuto il suo consiglio, villanamente il riprese, dicendo si cercasse le brache, s’aveva paura. E messer Tegghiaio gli rispuose ch’al bisogno non ardirebbe di seguirlo nella battaglia colà ov’egli si metterebbe. E finite le dette parole, poi si levò messere Cece de’ Gherardini per dire il simigliante ch’avea detto messer Tegghiaio: gli anziani gli comandaro che non dicesse, e era pena libbre C, chi aringasse contra il comandamento degli anziani. Il cavaliere le volle pagare per contradire la detta andata: non vollono gli anziani, anzi raddoppiarono la pena; ancora volle pagare, e così infino libbre CCC; e quando ancora volle dire e pagare, fu comandamento pena la testa; e così rimase. Ma per lo popolo superbo e traccurato si vinse il peggiore, che la detta oste presentemente e sanza indugio procedesse.
160 Les Anciens [du peuple de Florence] élirent l’un d’entre eux, Spedito di Porta San Piero, homme d’action et d’audace, qui était un des principaux chefs (guidatori) du peuple, ainsi que messire Gianni Calcagni de Vaccareccia. Portés par la volonté plus que par la fermeté, les deux Anciens accordèrent foi au projet (trattato) et trouvèrent sur le champ les 10.000 florins d’or qui furent mis en dépôt. Ils rassemblèrent le conseil des grands (grandi) et du peuple et lui exposèrent la nécessité de faire, pour ravitailler Montalcino contre Sienne, un ost plus grand que celui qui avait été fait à Santa Petronilla. Les nobles des grandes maisons guelfes de Florence et le comte Guido Guerra, qui était avec eux, ne connaissant pas le faux traité, mais en sachant plus sur la guerre que les popolani, ayant eu connaissance de l’arrivée d’une nouvelle troupe (masnada) d’Allemands à Sienne et la mauvaise figure que le peuple avait faite à Santa Petronilla, quand les cent Allemands les avaient attaqués, ne voyaient pas l’entreprise sans grand danger […]. [Ils démontrèrent] qu’à peu de frais on pouvait ravitailler Montalcino […], que lesdits Allemands […] avaient déjà servi la moitié du temps de leur solde […] qu’ils retourneraient dans les Pouilles et que les Siennois et les exilés de Florence seraient alors dans un état pire qu’auparavant. Leur porte-parole fut messire Teghiaio Aldobrandi degli Adimari, chevalier sage, preux et de grande autorité ; et vraiment son conseil était le meilleur. Le susdit Spedito, Ancien, homme très présomptueux, lui dit avec vilenie d’aller chercher sa culotte s’il avait peur. Messire Teghiaio lui répondit qu’au besoin, il n’oserait pas le suivre dans la bataille, là où lui irait. A ces mots, messire Cece di Gherardini se leva pour dire la même chose que messire Teghiaio. Les Anciens lui ordonnèrent de ne pas le faire, sous peine de 100 livres, pour celui qui se dresserait contre l’ordre des Anciens. Le chevalier voulut les payer pour parler contre l’expédition. Les Anciens refusèrent et doublèrent la peine. Il voulut encore la payer et ainsi de suite jusqu’à 300 livres ; et comme il voulait encore payer davantage pour pouvoir parler, on lui ordonna de se taire sous peine de sa tête ; et on en resta là. Le peuple orgueilleux et inconscient gagna le pire, c’est-à-dire que ledit ost procède sans délai.
[Preso il mal consiglio per lo popolo di Firenze che l’oste si facesse,] richiesono loro amistadi d’aiuto, i quali, i Lucchesi vennero per comune popolo e cavalieri, e’ Bolognesi, e’ Pistolesi, e’ Pratesi, e’ Volterrani, e’ Saminiatesi, e San Gimignano, e Colle di Valdelsa ch’erano in taglia col Comune e popolo di Firenze; e in Firenze aveva VIIIc cavallate de’ cittadini, e più di Vc soldati. E raunata la detta gente in Firenze, si partì l’oste all’uscita d’agosto, e menarono per pompa e grandigia il carroccio, e una campana che si chiamava Martinella in su uno carro con uno castello di legname a ruote, e andarvi quasi tutto il popolo colle insegne delle compagnie, e non rimase casa né famiglia di Firenze, che non v’andasse pedone a piè o a cavallo, il meno uno per casa, e di tali due, e più, secondo ch’erano potenti. E quando si trovaro in sul contado di Siena al luogo ordinato in sul fiume d’Arbia, nel luogo detto Monte Aperti, con Perugini e Orbitani che là s’aggiunsono co’ Fiorentini, si ritrovaro più di IIIm cavalieri e più di XXXm pedoni. [In questo apparecchio dell’oste de’ Fiorentini,] i sopradetti maestri del trattato ch’erano in Siena, acciò che pienamente venisse fornito, anche mandarono a Firenze altri frati a trattare tradimento con certi grandi e popolani ghibellini ch’erano rimasi in Firenze, e doveano venire per comune nell’oste, che come fossono assembiati, si dovessono da più parti fuggire delle schiere, e tornare dalla loro parte, per isbigottire l’oste de’ Fiorentini[, parendo a·lloro avere poca gente a comparazione de’ Fiorentini; e così fu fatto. Avenne che, essendo la detta oste in su i colli di Monte Aperti,] e’ savi anziani guidatori dell’oste e del trattato attendeano che per gli traditori d’entro fosse loro data la porta promessa. [Uno grande popolare di Firenze di porte San Piero, ch’era Ghibellino, e avea nome il Razzante, avendo alcuna cosa spirato dell’attendere dell’oste de’ Fiorentini, con volontà de’ Ghibellini del campo ch’erano al tradimento, gli fu commesso ch’entrasse in Siena, ond’egli si fuggì a cavallo del campo per fare assapere agli usciti di Firenze come si dovea tradire la città di Siena, e come i Fiorentini erano bene in concio, e con molta potenza di cavalieri e di popolo, e per dire a que’ d’entro che non s’avisassono a battaglia. E giunto in Siena, e scoperte queste cose a’ detti messer Farinata e messer Gherardo trattatori, sì gli dissono: «Tu ci uccideresti, se tu ispandessi queste novelle per Siena, imperciò che ogni uomo faresti impaurire, ma vogliamo che dichi il contrario; imperciò che se ora ch’avemo questi Tedeschi non si combatte, noi siamo morti, e mai non ritorneremo in Firenze; e per noi farebbe meglio la morte e d’essere isconfitti, ch’andare più tapinando per lo mondo»; e facea per loro di mettersi a la fortuna della battaglia. Il Razzante assettato da’ detti, intese e promise di così dire; e con una ghirlanda in capo, co’ detti a cavallo, mostrando grande allegrezza, venne al parlamento al palagio ov’era tutto il popolo di Siena, e’ Tedeschi, e l’altre amistadi; e in quello con lieta faccia disse le novelle larghe da parte de’ Ghibellini e traditori del campo, e come l’oste si reggea male, e erano male guidati, e peggio in concordia, e che assalendogli francamente, di certo erano sconfitti. E fatto il falso rapporto per Razzante, a grido di popolo si mossono] tutti ad arme dicendo: «Battaglia, battaglia!». I Tedeschi vollono promessa di paga doppia, e così fue fatto; e loro schiera misono innanzi all’asalto per la detta porta di San Vito, che dove’ a’ Fiorentini essere data; e gli altri cavalieri e popolo usciro appresso. Quando quegli dell’oste ch’attendeano che fosse loro data la porta vidono uscire i Tedeschi e l’altra cavalleria e popolo fuori di Siena inverso loro con vista di combattere, sì·ssi maravigliarono forte e non sanza isbigottimento grande, veggendo il sùbito avenimento e assalto non proveduto; e maggiormente gli fece isbigottire che più Ghibellini ch’erano nel campo a cavallo e a piè, veggendo appressare le schiere de’ nemici, com’era ordinato il tradimento, si fuggirono da l’altra parte; e ciò furono di que’ della Pressa, e degli Abati, e più altri. E però non lasciarono i Fiorentini e l’altra loro amistade di fare loro schiere, e attendere la battaglia.
161 […] Ils demandèrent l’aide de leurs alliés : les Lucquois vinrent, commune, peuple et chevaliers ; ainsi que les Bolonais, les gens de Pistoia, de Prato, de Volterra, San Miniato, San Gimignano, Colle Val d’Eisa, qui étaient alors alliés (in taglia) de la commune et du peuple de Florence. A Florence, on en avait plus de huit cents de la cavallata des citoyens et plus de cinq cents soldés. Ces gens réunis à Florence, l’ost partit à la fin août, emmenant en grande pompe le carroccio et une cloche appelée Martinella sur un char avec un château de bois à roues. S’y rendit presque tout le peuple avec les enseignes des compagnies. Il n’y eut à Florence ni maison, ni famille, qui n’en ait envoyé un, à pied ou à cheval, parfois deux par maison, ou plus selon la puissance de chacune. Quand ils se trouvèrent dans le contado de Sienne, sur le fleuve Arbia, au lieu prévu, dit Monte Aperti, avec les Pérugins et les Orviétains qui les rejoignirent, ils se trouvèrent plus de trois mille chevaliers et plus de trente mille piétons (…). Les « maîtres du traité », qui étaient à Sienne, afin qu’il soit pleinement réalisé, envoyèrent à Florence d’autres frères pour négocier la trahison de certains grands et de popolani gibelins, qui étaient restés à Florence : ils devaient venir avec l’ost et lorsqu’ils seraient assemblés, ils devraient quitter les lignes de tous côtés, s’en retourner pour affoler l’ost des Florentins […]. Les sages Anciens, chefs de l’ost et du traité, attendaient que les traîtres de l’intérieur leur donnassent la porte promise. [Un homme très populaire de Florence (…), qui était Gibelin et s’appelait Razzante, ayant eu vent de quelque chose des préparatifs de l’armée des Florentins, fut engagé avec la volonté des Gibelins du camp qui étaient dans la trahison pour entrer à Sienne, après quoi il s’enfuit du camp à cheval pour informer les exilés florentins de la manière dont la ville de Sienne devait être trahie, combien les Florentins étaient bien préparés, et avec un grand nombre de cavaliers et de peuple, et dire à ceux qui étaient à l’intérieur qu’ils ne s’avisent pas se joindre à la bataille. Parvenu à Sienne, et ayant informé messire Farinata et messire Gherardo, ceux-ci lui répondirent : « Tu nous tuerait si tu répandais ces histoires dans tout Sienne, parce que tu effrayerais tout le monde, et nous voulons donc que tu dises le contraire ; car si maintenant que nous avons ces Allemands, nous ne combattons pas, nous sommes morts et nous ne reviendrons jamais à Florence ; et pour nous, il vaudrait mieux mourir et être vaincu que d’errer à travers le monde » ; et décidèrent de s’en remettre à la chance dans la bataille. Razzante, empli de ces paroles, comprit et promit de dire ce qu’ils lui demandaient ; et avec une guirlande sur la tête, accompagné de ceux-ci à cheval, et montrant une grande joie, il se rendit au parlement où se trouvaient tous les habitants de Sienne, les Allemands et les autres alliés ; il y entra le visage souriant, rapporta les nombreuses nouvelles des Gibelins et des traîtres du camp, comment l’ost se tenait mal et combien ils étaient mal guidés, et pire encore, en discorde, et qu’en les attaquant franchement, ils seraient vaincus à coup sûr. Le faux rapport ayant été fait par Razzante, tous se mirent en armes aux cris du peuple réclamant « Bataille ! Bataille ! » Les Allemands voulurent la promesse d’avoir double paye et elle leur fut donnée. Leurs rangs furent placés à l’avant, à l’assaut. Par la porte San Vito, qui devait être donnée aux Florentins, les autres chevaliers et le peuple sortirent derrière eux. Quand ceux de l’armée (ost), qui attendaient qu’on leur livrât la porte, virent sortir les Allemands et les autres cavaliers et le peuple de Sienne dans leur direction avec l’intention de combattre, ils furent très étonnés et eurent très peur, voyant arriver une attaque rapide alors qu’ils n’étaient pas prêts. Et ce qui leur fit le plus peur, c’est que nombre de Gibelins qui étaient dans le camp, à pied et à cheval, voyant s’approcher les rangs ennemis, selon le plan de la trahison, s’enfuirent de l’autre côté, comme les della Pressa et les degli Abati et plusieurs autres, et ils empêchèrent les Florentins et leurs amis de former leurs rangs et de se mettre en ordre de bataille.
E come la schiera de’ Tedeschi rovinosamente percosse la schiera de’ cavalieri de’ Fiorentini ov’era la ’nsegna della cavalleria del Comune, [la quale portava messer Jacopo del Naca della casa de’ Pazzi di Firenze, uomo di grande valore], il traditore di messer Bocca degli Abati, ch’era in sua schiera e presso di lui, colla spada fedì il detto messer Jacopo e tagliogli la mano co la quale tenea la detta insegna, e ivi fu morto di presente. E ciò fatto, la cavalleria e popolo veggendo abattuta la ’nsegna, e così traditi da·lloro, e da’ Tedeschi sì forte assaliti, in poco d’ora si misono inn-isconfitta. Ma perché la cavalleria di Firenze prima s’avidono del tradimento, non ne rimasono che XXXVI uomini di nome di cavallate tra morti e presi. Ma la grande mortalità e presura fue del popolo di Firenze a piè, e di Lucchesi, e Orbitani, però che si rinchiusono nel castello di Monte Aperti, e tutti furono presi; ma più di MMD ne rimasono al campo morti, e più di MD presi pur de’ migliori del popolo di Firenze di ciascuna casa, e di Lucca, e degli altri amici che furono a la detta battaglia. E così s’adonò la rabbia dell’ingrato e superbio popolo di Firenze; e ciò fu uno martedì, a dì IIII di settembre, gli anni di Cristo MCCLX; e rimasevi il carroccio, e la campana detta Martinella, con innumerabile preda d’arnesi di Fiorentini e di loro amistade. E allora fu rotto e annullato il popolo vecchio di Firenze, ch’era durato in tante vittorie e grande signoria e stato per X anni. [12]Giovanni VILLANI, Nuova Cronica [1348], 7, LXXVI-LXXVIII, mise en ligne : https://it.m.wikisource.org/wiki/Nuova_Cronica/Libro_settimo. »
162 Comme la ligne des Allemands enfonça rapidement la ligne des chevaliers florentins, où il y avait l’enseigne de la chevalerie de la commune, que portait messire Jacopo del Naca, de la maison des Pazzi di Florence, ce traître de messire Bocca degli Abati, d’un coup d’épée blessa messire Jacopo [del Naca de Pazzi] et lui coupa la main qui tenait l’enseigne. Ceci fait, la chevalerie et le peuple, voyant l’enseigne abattue, trahis par les leurs et durement assaillis par les Allemands, furent mis en déconfiture en quelques heures. Mais, comme la chevalerie de Florence se rendit compte la première de la trahison, il n’y eut pas plus de trente-six hommes des noms de la cavallata parmi les morts et les prisonniers. La plus grande mortalité et captivité fut pour le peuple de Florence, à pied, et pour les Lucquois et les Orviétains, puisqu’ils s’enfermèrent dans le castrum de Montaperti. Ils furent tous faits prisonniers. Plus de deux mille cinq cents restèrent sur le champ de bataille et plus de mille cinq cents furent pris, parmi les meilleurs du peuple de Florence, de chaque maison et de Lucques et des autres alliés qui furent à ladite bataille. Et ainsi fut domptée la rage de l’ingrat et orgueilleux peuple de Florence. Ceci eut lieu un mardi, le 4 septembre de l’an du Christ 1260. Le carroccio et la cloche Martinella, avec un incalculable butin, venant des harnais des Florentins et de leurs alliés y restèrent. Et alors fut brisé et réduit à néant le vieux peuple de Florence, qui, à travers tant de victoires, grande seigneurie et état, avait duré dix ans. [13]Giovanni Villani, Nuova Cronica, VII, (édition critique sous la dir. de G. PORTA), Parme, Editori Guanda (Biblioteca di scrittori italiani), 1990, vol. I, extraits des chap. 76-78, pp. 372-380. »
Quand ceux de l’armée, qui attendaient qu’on leur livrât la porte, virent sortir les Allemands et les autres cavaliers et le peuple de Sienne dans leur direction avec l’intention de combattre, ils furent très étonnés et eurent très peur, voyant arriver une attaque rapide alors qu’ils n’étaient pas prêts. D’autant plus que plusieurs Gibelins qui étaient dans le camp, à pied et à cheval, voyant s’approcher les rangs ennemis, selon le plan de la trahison, s’enfuirent de l’autre côté, comme les della Pressa et les degli Abati et plusieurs autres, et ils empêchèrent les Florentins et leurs amis de former leurs rangs et de se mettre en ordre de bataille. Et lorsque la troupe des Allemands attaqua brutalement la cavalerie florentine là où se trouvait la bannière de la cavalerie de la Commune de Florence, que tenait messire Jacopo del Naca de’ Pazzi de Florence, un homme de grande valeur, messire Bocca degli Abati, le traître, qui était dans sa troupe et à côté de lui, avec son épée blessa messire Jacopo et lui coupa la main qui tenait la bannière et il mourut aussitôt. Puis les cavaliers et le peuple, voyant que la bannière était abattue, qu’ils étaient trahis par les leurs et assaillis violemment par les Allemands furent en déroute. Mais parce que les cavaliers s’aperçurent les premiers de la trahison, il n’y en eut que 36 de blessés ou morts. La grande mortalité et capture fut dans les rangs des fantassins de Florence et de Lucques et d’Orvieto parce qu’ils s’enfermèrent dans le château de Monte Aperti et ils furent tous pris et tués et plus de 2 500 restèrent sur le champ de bataille, morts et plus de 1 500 furent capturés. [14]Giovanni Villani, op. cit., VII, LXXVIII, p. 378-379, et Ricordano et Giacotto Malispini, op. cit., CLXXI, p. 156. »
Notes
| 1↑ | Voir : La piramide della battaglia di Monteaperti. |
|---|---|
| 2↑ | Le manuscrit est conservé à la Biblioteca Comunale degli Intronati (Sienne). |
| 3↑ | « Non. Sept. 1260 afflicti sunt Florentini Pistorienses Lucenses Pratenses Aretini Volterani cum toto ipsorum exfortio ac alii quam plures cum militibus Urbevetanis a Senensibus inter turrim de Monte Selvole et castrum de Monte Aperto. Ubi de parte Florentinorum ultra decem milia ceciderunt, et fuerunt plus quam quindecim milia capti, fugatis ultra quatuor miliaria reliquis, tentoriis vexillis armis omnibus et omni bellico apparatu et campana, quam pro charroccio ferebant, relictis. Quo postea anno castrum Podii Bonizi cepit rehedificari, quod Florentini proditores dolo destruxerant prius. Et castrum de Monte Alcino fecerunt Senenses funditus destrui » (Le 9 septembre 1260, les Florentins, les habitants de Pistoia, Lucques, Prato, Arezzo et Volterra sont affligés de tous leurs efforts, et d’autres et plus que quelques-uns avec les soldats d’Orvieto dans le pays siennois, entre la tour de Monte Selvole et le castello de Monte Aperto. Du côté des Florentins, plus de dix mille sont tombés, et il y a eu plus de quinze mille capturés, le reste, plus de quatre mille, étant mis en fuite, laissant derrière eux leurs tentes, leurs drapeaux, et toutes leurs armes et tout leur équipement de guerre, et la cloche qu’ils portaient sur le carroccio. L’année suivante, le château de Podii Bonizi [Poggibonsi] a commencé à être reconstruit, que les traîtres florentins avaient auparavant détruit par ruse. Et les Siennois ont complètement détruit le château de Monte Alcino. » Annales Senenses (1107-1479), Johann Friedrich Boehmer (éd.), MGH SS (Monumenta Germaniae Historica. Scriptores), 19 (1866), p. 230. |
| 4↑ | Ces chiffres sont des estimations qui peuvent varier sensiblement selon les sources. |
| 5↑ | Luigi SPAGNOLO [éd.], La Sconfitta di Monte Aperto. Una cronaca e un cantare trecenteschi, Sienne, Betti, 2004. |
| 6↑ | « Una battaglia inutile », dans Il Chianti e la battaglia di Montaperti, Poggibonsi, Centro di Studi Chiantigiani « Clante », 1992, p. 17. |
| 7↑ | Duccio Balestracci, op. cit., p. 18. |
| 8↑ | Ibid., p. 19. |
| 9↑ | Dante ALIGHIERI, La Divina Comédie (sous la direction de Carlo Ossola ; traduction de Jacqueline Risset), Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2021, (Enfer, XXXII, 103-11, pp. 252-253). |
| 10↑ | Rocca : forteresse massive construite sur un pic rocheux ou une colline dominante. |
| 11↑ | Ost ou host (du lat. hostis : ennemi, qui a donné « hostile »), par extension, « armée ennemie », puis « armée » (à l’époque féodale), terme qui le remplacera progressivement, avant de le faire définitivement tomber en désuétude. |
| 12↑ | Giovanni VILLANI, Nuova Cronica [1348], 7, LXXVI-LXXVIII, mise en ligne : https://it.m.wikisource.org/wiki/Nuova_Cronica/Libro_settimo. |
| 13↑ | Giovanni Villani, Nuova Cronica, VII, (édition critique sous la dir. de G. PORTA), Parme, Editori Guanda (Biblioteca di scrittori italiani), 1990, vol. I, extraits des chap. 76-78, pp. 372-380. |
| 14↑ | Giovanni Villani, op. cit., VII, LXXVIII, p. 378-379, et Ricordano et Giacotto Malispini, op. cit., CLXXI, p. 156. |
