Contrada

« Le mot contrada évoque d’abord la ville de Sienne, où il désigne des quartiers strictement délimités, d’origine politico-administrative et médiévale, qui forment encore de nos jours les cadres territoriaux de la fête du Palio […]. Aujourd’hui, autant qu’autrefois, l’appartenance à une contrada, avec ses banquets, ses cercles de sociabilité et ses fêtes, constitue un élément essentiel d’identité siennoise. À Montalcino, petite ville proche de Sienne, le sens du mot n’est déjà plus le même : on retrouve le terme contrada à l’époque moderne, mais pour désigner une région urbaine, un lieu-dit, correspondant à une rue et ses alentours (Carie 1993 : 429). » [1]Brigitte MARIN, « Découpages territoriaux dans quelques villes italiennes », dans Christian Topalov (dir.), Les divisions de la ville, Paris, UNESCO/Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2002, p. 43.

Sienne est divisée en trois Terzi regroupant un nombre de contrade [2]L’italien contrada devient contrade au pluriel. qui a beaucoup varié avec le temps. « Très nombreuses au XIIIe siècle, ces dernières furent réduites à quarante-deux après la peste de 1348, puis à dix-sept en 1729, et forment aujourd’hui encore “un exemple unique de structure sociale, qui se plaît à se penser en termes de petite patrie, de ville dans la ville, libre, indépendante et souveraine” (Falassi & Catoni 1982, p. 26 [3]Alessandro FALASSI et Giuliano Catoni, Palio. Milan, Electa, 1982, p. 26.). Ces contrade étaient des agglomérations de population qui correspondaient à l’origine à un organe de gouvernement local subordonné à la commune (sindaci et consiglieri) et à une compagnia, organisation militaire comprenant tous les hommes adultes de la contrada. Dès le XVe siècle, les contrade commencèrent à participer directement au Palio, la plus solennelle des fêtes citadines, et prirent progressivement complètement en charge son organisation. Après l’Unité, elles sont animées par une myriade de “sociétés”, et cette réalité associative est encore très vive de nos jours. Un règlement de 1729, toujours en vigueur, établit les limites exactes des contrade et fixe leur nombre à dix-sept. La description indique ce qui est compris, ou ce qui est exclu de chacune des contrade comme en témoignent les adjectifs “inclusivo”, ou “esclusivo” lorsqu’il s’agit d’un bâtiment (église, campanile, couvent ou autres), ou encore les formules “comprendendo le case”, “comprenda la strada”, “comprenda la chiesa”, “comprenda la strada da ambe le parti”, “prenda tutta la piazza”, etc. » [4]Brigitte MARIN, « Découpages territoriaux dans quelques villes italiennes », dans Christian Topalov (dir.), Les divisions de la ville, Paris, UNESCO/Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2002, p. 23. En note, l’auteur ajoute : « Par exemple, la contrada de la Licorne est décrite de la façon suivante : « De … Poursuivre

A l’origine, il existait à Sienne cinquante-neuf compagnies militaires dotées d’un territoire, ou contrade, chargées de la défense de la ville. Avec le temps, les contrade ont perdu leurs fonctions initiales mais sont demeurées des espaces civiques où s’exerce encore une forme ardente de patriotisme local, et dans lesquels l’unité des habitants est cimentée par un sentiment non feint de fierté. A Sienne, plus que partout ailleurs en Italie, la contrada est demeurée la première unité d’appartenance. L’existence du Palio delle Contrade, compétition bi-annuelle, entre les quartiers historiques de la ville, permet de garder vivace une tradition ancienne faite de rivalités, de tractations et d’alliances. Avec le temps, les contrade se sont regroupées au sein des Terzi, voyant ainsi leur nombre diminuer à vingt trois, avant d’être réduit une fois pour toutes à dix-sept, en 1729, du fait de la suppression de six d’entre elles, officiellement pour faits de violence. [5]Les six contrade ont été officiellement supprimées en 1729 par Violante Béatrice de Bavière, épouse du grand-duc de Toscane Ferdinand III de Médicis, et gouverneure de Sienne de 1717 à 1731. Elle officialisa dans un décret la Nuova divisione dei confini delle Contrade (Nouvelle délimitation des confins des contrade, également connu sous le nom de Bando sui confini) … Poursuivre

Carte des dix-sept contrades de Sienne.

Aujourd’hui, le terme « contrada » désigne un territoire correspondant à l’une des dix-sept subdivisions historiques que comprend la ville intra muros. Chacune d’elles constitue quasiment un petit État dans la cité et possède son propre territoire, ses propres traditions et de véritables organes d’auto-gouvernance ainsi que, localement, son propre siège social, un oratoire et un musée où sont notamment conservés les palii [6]Palii, pluriel de palio, nom de l’étendard de soie peinte qui est le prix de la victoire lors de la course de chevaux, le Palio delle Contrade, qui a lieu deux fois par an, le 2 juillet (Palio di Provenzano) et le 16 août (Palio dell’Assunta). gagnés à l’occasion de leurs victoires lors de l’une des deux courses du Palio delle Contrade.

Les identités socio-culturelles des habitants de la ville qui font partie de ces contrade sont très fortes ; s’y rattachent un blason, une devise, des chants et des hymnes, des codes de couleur qui les distinguent les unes des autres, et un syncrétisme religieux particulier, quoique demeurant d’obédience catholique. Les contrade fonctionnent comme autant de micro-États qui adoptent et amendent leurs propres lois, préservant ainsi l’esprit de coopération entre les habitants tout en acceptant des dissensions internes qui remontent aux époques dominées par des élites aristocratiques. Elles constituent « un exemple unique de structure sociale, qui se plaît à se penser en termes de petite patrie, de ville dans la ville, libre, indépendante et souveraine ». [7]Christian TopalovLes divisions de la ville, op. cit.

Les contrade actuelles
Nom (symbole animal) [8]Les trois qui ne portent pas le nom de leur animal tutélaire s’identifient, sur le blason, grâce à des animaux : la Torre (Tour) : un éléphant portant une tour de guerre, comme les éléphants de guerre indiens) ; l’Onda (Onde) : un dauphin ; la Selva (forêt) : un rhinocéros devant un arbre, métonymie de la forêt.Titre [9]Huit des dix-sept contrade siennoises actuelles bénéficient d’un privilège qui leur permet d’ajouter un titre à leur dénomination officielle en raison d’un comportement qui leur a valu d’être distinguée au cours de l’histoire du Palio (Civetta), par la ville de Sienne (Aquila, Bruco, Istrice, Nicchio, Oca, Onda) ou à la suite d’une victoire … Poursuivre
Aquila (Aigle)Nobile contrada dell’Aquila [10]La noblesse a été conférée à la Contrada dell’Aquila en raison de la magnificence de l’accueil fait à Charles Quint lors d’une visite de l’empereur à Sienne en 1536.
Bruco (Chenille)Nobile contrada del Bruco [11]La noblesse a été conférée à la Contrada du Bruco en 1841. Le titre « noble » lui vient de sa contribution à la victoire des siennois sur la soldatesque impériale de Charles IV de Bohême lors d’un fait d’armes survenu à la Croce del Travaglio en 1369, et qui porta au pouvoir le « Monte del Popolo ».
Chiocciola (Escargot)Contrada della Chiocciola
Civetta (Chouette)Contrada Priora della Civetta [12]Le titre « Priora » (Prieure) a été attribué à la Contrada della Civetta en 1893 parce que les premières réunions du « Comitato dei Priori » (1873), aujourd’hui « Magistrato delle Contrade », organisme réunit les dix-sept Prieurs des contrade pour délibérer sur l’ensemble des questions relevant de l’intéret commun se sont tenues dans … Poursuivre
Drago (Dragon)Contrada del Drago
Giraffa (Girafe)Imperiale Contrada della Giraffa [13]Le titre « Imperiale » (Impériale) de la Contrada della Giraffa est lié à sa victoire lors du ‘Palio dell’Impero’ disputé le 2 juillet 1936, et dédié à l’empire colonial italien à la suite de la victoire italienne lors de la guerre d’Ethiopie.
Istrice (Porc-épic)Sovrana Contrada dell’Istrice [14]La Contrada dell’Istrice porte le titre Sovrana (Souveraine) pour avoir accueilli sur son territoire le siège de l’Ordre Militaire Souverain de Malte.
Leocorno (Licorne)Contrada del Leocorno
Lupa (Louve)Contrada della Lupa
Nicchio (Coquillage)Nobile contrada del Nicchio [15]La noblesse a été conférée à la Contrada del Nicchio en raison du fait que ses Compagnies Militaires attaquèrent l’ennemi florentin les premiers lors de la Bataille de Montaperti en 1260.
Oca (Oie)Nobile contrada dell’Oca [16]La noblesse a été conférée à la Contrada dell’Oca parce que la défense de la résidence du Capitano del Popolo au sein du Palazzo Comunale lui était confiée.
Onda (Onde)Contrada Capitana dell’Onda [17]La Contrada dell’Onda est parée du titre « Capitaine » parce que, à l’époque de la République de Sienne, ses compagnies militaires (San Salvadore et Casato di Sotto) avaient pour tâche de monter la garde au Palazzo Pubblico, dans la partie adjacente à l’actuelle Via Duprè, où se trouvait alors le siège du Capitaine de Justice.
Pantera (Panthère)Contrada della Pantera
Selva (Rhinocéros)Contrada della Selva
Tartuca (Tortue)Contrada della Tartuca
Torre (Éléphant)Contrada della Torre
Valdimontone (Bélier)Contrada di Valdimontone

Les contrade et leur blason

Aquila
Bruco
Chiocciola
Civetta
Drago
Giraffa
Istrice
Leocorno
Lupa
Nicchio
Oca
Onda
Pantera
Selva
Tartuca
Torre
Valdimontone
Les contrade mortes

Avant 1675, existaient encore six autres contrade : le Chêne (la Quercia), la Vipère (la Vipera), l’Ours (l’Orso), le Lion (il Leone), le Coq (il Gallo) et le Glaive (la Spadaforte). Ces contrade, après une période de déshérence, furent disqualifiées en raison de leur manque de moyens et leur absence de participation à la vie de la ville. Aujourd’hui éteintes et qualifiées de contrade morte (mortes) ou contrade soppresse (supprimées), elles ont été absorbées par les contrade restantes, qui en conservent d’ailleurs souvent des traces dans leur blason. Néanmoins, elles défilent toujours, aux côtés des autres, les visières de leurs heaumes fermées, dans le traditionnel cortège de porte-drapeaux, de tambours et de sonneurs de trompe, qui précède la course. Les contrade morte furent officiellement supprimées en 1729 par un édit de Violante Béatrice de Bavière qui sanctionnait la division territoriale des contrade toujours en vigueur.

Liste des contrade mortes
  • Gallo (Coq) : aujourd’hui englobée dans la Civetta, l’Oca et la Selva
  • Leone (Lion) : aujourd’hui englobée dans l’Istrice
  • Orso (Ours) : aujourd’hui englobée dans la Civetta
  • Quercia (Chêne) : aujourd’hui englobée dans la Chiocciola
  • Spadaforte (Glaive) : aujourd’hui englobée dans le Leocorno et la Torre
  • Vipera (Vipère) : aujourd’hui englobée dans la Torre
Structures propres à chaque contrada

Outre son organisation interne, fondée sur un costituto et régie par un Priore, un Capitano et un Camarlingo, chaque contrade possède ses propres structures comprenant notamment un oratoire, un siège-musée, une società, une fontaine destinées aux baptêmes des contradaioli, un Arte (Guilde) spécifique ou plusieurs, en plus de son (parfois de ses deux) saint(s) Patron(s), de sa fête, de son étendard, sa devise, ses couleurs,…

Oratoire de la contrada

Chaque contrada possède sa propre église mais à Sienne, celle-ci est appelée oratoire. Le service religieux est confié à un prêtre qui porte alors le titre de correttore (correcteur).

C’est dans les édifices sacrés que se déroulaient, à l’origine, les célébrations liturgiques annuelles. On y honorait les défunts, on y chantait les vêpres… De plus, à l’instar des Compagnies laïques et des Guildes des Arts (Arti), dans les églises, les contradaioli se réunissaient en conseil pour écouter les paroles que le Priore (Prieur) leur adressait depuis l’autel : autrefois, le sentiment religieux caractérisait toute l’activité de la contrada. Certaines d’entre elles commencèrent à avoir pour siège une église dès le XVe siècle, mais la plupart ne trouvèrent de lieu stable que vers la fin du XVIIIe siècle ou au début du XIXe siècle. Avant de disposer de leur propre siège, presque toutes les contrade demandaient l’hospitalité aux curés ou aux frères des compagnies laïques. Pour compenser les inconvénients qui en résultaient, le quartier payait une rente annuelle, composée de quelques livres de cire blanche, et offrait à l’église le produit des prix remportés sur le Campo. Les bassins en argent et les rideaux damassés gagnés par les vainqueurs des concours régulièrement organisés vinrent composer le mobilier et les vêtements sacrés, enrichissant ainsi les oratoires, mais perdant malheureusement aussi de précieux témoignages du Palio. Parfois, de la même Compagnie hôte, la Contrada recevait une subvention pour participer au Palio. Mais les relations entre religieux et contradaioli n’étant pas toujours cordiales, l’accord était fréquemment rompu et la Contrada obligée de trouver un autre oratoire. Enfin, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une importante suppression des couvents et des confréries siennoises, menée par le Grand-Duc de Toscane Pietro Leopoldo, permit à presque tous les contrade de s’installer dans certaines des églises abandonnées, devenant les gardiens et souvent les propriétaires de véritables patrimoines d’art sacré.

Liste des oratoires des dix-sept contrade

Titre Oratoire
Nobile contrada dell’AquilaÉglise de San Giovanni Battista
Via del Casato di Sotto, 55.
Nobile contrada del BrucoOratorio del Nome di Gesù (Bruco)
Via del Comune.
Contrada della ChiocciolaChiesa dei Santi Pietro e Paolo
Via di San Marco, 38.
Contrada Priora della CivettaChiesa di Sant’Antonio da Padova
Via Cecco Angiolieri, 26.
Contrada del DragoOratorio di Santa Caterina del Paradiso
Piazza Giacomo Matteotti, 19.
Imperiale Contrada della GiraffaOratorio del Suffragio
Via delle Vergini, 39.
Sovrana Contrada dell’IstriceOratorio dei Santi Vincenzo e Atanasio
Via Camollia, 94.
Contrada del LeocornoChiesa di San Giovannino della Staffa
Piazzetta Virgilio Grassi.
Contrada della LupaOratorio di San Rocco
Via Vallerozzi.
Nobile contrada del NicchioChiesa di San Gaetano di Thiene
Via dei Pispini.
Nobile contrada dell’OcaOratorio di Santa Caterina in Fontebranda
Via Santa Caterina.
Contrada Capitana dell’OndaChiesa di San Giuseppe
Via di Fontanella. Via Sant’Agata, 4.
Contrada della PanteraChiesa e convento di San Niccolò del Carmine
Pian dei Mantellini, 40. 
Contrada della SelvaChiesa di San Sebastiano in Vallepiatta
Via Franciosa.
Contrada della TartucaChiesa di Sant’Antonio da Padova
Via Tommaso Pendola
Contrada della TorreChiesa di San Giacomo e Sant’Anna
Via di Salicotto, 91.
Contrada del ValdimontoneOratorio della Compagnia della Santissima Trinità
 Via Val di Montone, 4.
musées de la contrada

Le Musée constitue l’élément central du Siège de la Contrada. À l’intérieur, se trouvent les espaces de représentation et de réunion. Des reliques, des souvenirs et des trophées y sont conservés et exposés dans des salles qui s’efforcent de rivaliser par leur splendeur. En plus des bannières remportées lors des Palii, chaque contrada expose des masgalani, des montures et des drapeaux plus ou moins anciens, des meubles sacrés, parfois des chefs-d’œuvre d’art et des souvenirs singuliers de chaque époque. La plus belle salle est toujours la monumentale Salle des Victoires, qui sert parfois aussi de salle de réunion du Conseil général. Chaque contradaiolo manifeste sa fierté à l’égard de son propre siège et de son propre musée, lesquels font constamment l’objet de soins, d’embellissements et de renouvellements périodiques selon les goûts et les besoins de l’époque.

Rattachés au musée, et faisant partie intégrante du siège d’une contrada, se trouvent la cancelleria, c’est-à-dire le secrétariat, et les archives où sont conservés les documents comptables et administratifs, les enveloppes secrètes avec les actes des Palios, les publications et les sonnets publiés par la contrada ou reçus en cadeau des contrade sœurs, ainsi que divers documents photographiques et des témoignages audiovisuels. D’autres salles sont utilisées par l’économe. On y conserve les mâts et les drapeaux, les chaussures, les perruques, les costumes, les tambours et tout ce dont la contrada a besoin pour ses célébrations et ses événements. Séparée des espaces du musée, se trouve l’écurie qui, pendant les journées de Palio, devient un véritable salon.

Liste des musées des contrade

Nobile contrada del’AquilaMuseo della Nobile Contrada dell’Aquila
Nobile contrada del BrucoMuseo della Nobile Contrada del Bruco
Contrada della ChiocciolaMuseo della Contrada della Chiocciola
Contrada Priora della CivettaMuseo della Contrada Sovrana della Civetta
Contrada della ChiocciolaMuseo della Contrada della Chiocciola
Contrada del DragoMuseo della Contrada del Drago
Imperiale Contrada della Giraffa Museo delI’Imperiale Contrada della Giraffa
Contrada Sovrana dell’IstriceMuseo della Contrada Sovrana dell’Istrice
Contrada del LeocornoMuseo della Contrada del Leocorno
Contrada della LupaMuseo della Contrada della Lupa
Nobile contrada del NicchioMuseo della Nobile Contrada del Nicchio
Nobile contrada dell’OcaMuseo della Contrada dell’Oca
Contrada Capitana dell’OndaMuseo della Contrada Capitana dell’Onda 
Contrada della SelvaMuseo della Contrada della Selva
Contrada della TartucaMuseo della Contrada della Tartuca
Contrada della TorreMuseo della Contrada della Torre
Contrada del ValdimontoneMuseo della Contrada del Valdimontone
Società de la contrada

À côté du siège, depuis près d’un siècle et demi, les contrade se sont dotées de società (« sociétés ») dans lesquelles les contradaioli aiment se réunir, surtout lors des soirées d’hiver et en dehors des périodes du Palio. Ces « sociétés » modernes de la contrada visent à renforcer les liens entre les contradaioli en promouvant des activités récréatives, culturelles et sportives. Elles constituent un point de rencontre et de rassemblement, notamment pour ceux qui, pour la plupart, ne résident plus dans le quartier.

Les sociétés de la contrada, organisent dans leurs locaux régulièrement rénovées et embellies, outre des rendez-vous gastronomiques, des activités de loisirs tels que tournois, événements sportifs, expositions photographiques, projections cinématographiques, concerts et conférences. Les activités des sociétés sont principalement axées sur le Palio. Ce sont ces mêmes sociétés qui assument pour la contrada l’organisation, la main-d’œuvre et même des fonds collectés grâce à diverses initiatives. L’objectif principal est toujours de faire en sorte que la contrada paraisse digne.

Notes

Notes
1 Brigitte MARIN, « Découpages territoriaux dans quelques villes italiennes », dans Christian Topalov (dir.), Les divisions de la ville, Paris, UNESCO/Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2002, p. 43.
2 L’italien contrada devient contrade au pluriel.
3 Alessandro FALASSI et Giuliano Catoni, Palio. Milan, Electa, 1982, p. 26.
4 Brigitte MARIN, « Découpages territoriaux dans quelques villes italiennes », dans Christian Topalov (dir.), Les divisions de la ville, Paris, UNESCO/Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2002, p. 23. En note, l’auteur ajoute : « Par exemple, la contrada de la Licorne est décrite de la façon suivante : « De l’église de S. Giorgio elle tient toute la rue de Pantaneto des deux côtés jusqu’à la Loggia del Papa, ainsi que les deux côtés de la rue de S. Giovannino jusqu’à la ruelle située au-dessus de la maison Piccolomini, puis en se tenant à gauche seulement, elle comprend l’église de S. Virgilio […]. »
5 Les six contrade ont été officiellement supprimées en 1729 par Violante Béatrice de Bavière, épouse du grand-duc de Toscane Ferdinand III de Médicis, et gouverneure de Sienne de 1717 à 1731. Elle officialisa dans un décret la Nuova divisione dei confini delle Contrade (Nouvelle délimitation des confins des contrade, également connu sous le nom de Bando sui confini) encore en vigueur de nos jours. La véritable raison de la suppression de ces six contrade est moins glorieuse que la version généralement invoquée : elle tient, en réalité, à la mauvaise organisation constatée au sein de ces dernières et à leur manque d’implication dans la vie de la cité, ainsi que l’atteste le Livre de la Balìa.
6 Palii, pluriel de palio, nom de l’étendard de soie peinte qui est le prix de la victoire lors de la course de chevaux, le Palio delle Contrade, qui a lieu deux fois par an, le 2 juillet (Palio di Provenzano) et le 16 août (Palio dell’Assunta).
7 Christian TopalovLes divisions de la ville, op. cit.
8 Les trois qui ne portent pas le nom de leur animal tutélaire s’identifient, sur le blason, grâce à des animaux : la Torre (Tour) : un éléphant portant une tour de guerre, comme les éléphants de guerre indiens) ; l’Onda (Onde) : un dauphin ; la Selva (forêt) : un rhinocéros devant un arbre, métonymie de la forêt.
9 Huit des dix-sept contrade siennoises actuelles bénéficient d’un privilège qui leur permet d’ajouter un titre à leur dénomination officielle en raison d’un comportement qui leur a valu d’être distinguée au cours de l’histoire du Palio (Civetta), par la ville de Sienne (Aquila, Bruco, Istrice, Nicchio, Oca, Onda) ou à la suite d’une victoire particulièrement remarquable (Giraffa).
10 La noblesse a été conférée à la Contrada dell’Aquila en raison de la magnificence de l’accueil fait à Charles Quint lors d’une visite de l’empereur à Sienne en 1536.
11 La noblesse a été conférée à la Contrada du Bruco en 1841. Le titre « noble » lui vient de sa contribution à la victoire des siennois sur la soldatesque impériale de Charles IV de Bohême lors d’un fait d’armes survenu à la Croce del Travaglio en 1369, et qui porta au pouvoir le « Monte del Popolo ».
12 Le titre « Priora » (Prieure) a été attribué à la Contrada della Civetta en 1893 parce que les premières réunions du « Comitato dei Priori » (1873), aujourd’hui « Magistrato delle Contrade », organisme réunit les dix-sept Prieurs des contrade pour délibérer sur l’ensemble des questions relevant de l’intéret commun se sont tenues dans l’église de San Cristoforo, situsituée sur son territoire.
13 Le titre « Imperiale » (Impériale) de la Contrada della Giraffa est lié à sa victoire lors du ‘Palio dell’Impero’ disputé le 2 juillet 1936, et dédié à l’empire colonial italien à la suite de la victoire italienne lors de la guerre d’Ethiopie.
14 La Contrada dell’Istrice porte le titre Sovrana (Souveraine) pour avoir accueilli sur son territoire le siège de l’Ordre Militaire Souverain de Malte.
15 La noblesse a été conférée à la Contrada del Nicchio en raison du fait que ses Compagnies Militaires attaquèrent l’ennemi florentin les premiers lors de la Bataille de Montaperti en 1260.
16 La noblesse a été conférée à la Contrada dell’Oca parce que la défense de la résidence du Capitano del Popolo au sein du Palazzo Comunale lui était confiée.
17 La Contrada dell’Onda est parée du titre « Capitaine » parce que, à l’époque de la République de Sienne, ses compagnies militaires (San Salvadore et Casato di Sotto) avaient pour tâche de monter la garde au Palazzo Pubblico, dans la partie adjacente à l’actuelle Via Duprè, où se trouvait alors le siège du Capitaine de Justice.

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