Corridoio dei Codici olivetani

Couloir des Codex olivétains

Les vingt-et-un codex enluminés datant du XVe s. exposés dans cette salle proviennent de l’abbaye bénédictine de Monte Oliveto Maggiore [1]Au XIXe s., l’abbaye faisait partie du diocèse de Pienza placé, ainsi que celui de Chiusi, sous l’autorité de l’évêque Giuseppe Pannilini à cette époque. Entré en possession des précieux volumes à la suite des suppressions napoléoniennes, le prélat en fit don à la cathédrale de San Secondiano en 1810..

Cet ensemble d’ouvrages liturgiques a été commandé en 1456 par Francesco della Railhiera, abbé général de l’Ordre Olivétain [2]Issu de la noblesse de Bologne et général de l’Ordre Olivétain, Francesco della Ringhiera effectua cette commande pour le monastère de Monte Oliveto Maggiore à l’occasion de sa seconde élection (voir Placido Lugano, Corali e minii di Monte Oliveto Maggiore a Chiusi, Rome, Santa Maria Nuova, 1911, pp. 38-56)., afin de pourvoir l’archicenobio [3]L’italien cenobio (du lat. tar. coenobium), désigne un lieu où plusieurs moines soumis à une même règle font vie commune : en d’autres termes, le cenobio est un monastère. Dans ce contexte, archicenobio vaut comme un titre honorifique. d’un cycle de chants choraux complet. Cet ensemble est composé de treize antiphonaires, un psautier, quatre graduels et un graduel-kiriale. La calligraphie des volumes [4]Ces derniers sont désignés par les lettres de l’alphabet. est due au copiste Alessandro da Sesto San Giovanni, moine olivétain, et à son atelier. [5]Alessandro da Sesto était un célèbre calligraphe, mais aussi un enlumineur à la plume : il est l’auteur des initiales en filigrane ornées d’encre rouge ou bleue, sur le corps desquelles le dessin laisse apparaître en réserve le parchemin. D’autres initiales sont dues à Fra Bartolomeo da Ferrara et à Ambrogio da Milano. Bartolomeo di Boniforte de Vimercate était également un copiste et auteur de filigranes actif. Certains des artistes les plus célèbres de l’époque ont été appelés à la réalisation des miniatures, travail qui a duré jusqu’en 1490. Parmi eux, le siennois Sano di Pietro, qui a travaillé pour l’archicenobio entre 1459 et 1463 et le florentin Bartolomeo d’Antonio Varnucci, dont la présence n’est pas documentée mais cependant fondée sur une hypothèse stylistique. L’intervention la plus conséquente sur un plan numérique est celle du lombard Venturino Mercati. Les autres maîtres enlumineurs qui ont travaillé aux livres de Monte Oliveto sont moins liés à la culture gothique tardive, et semblent davantage projetés dans le monde de la Renaissance : il s’agit du grand Liberale da Verona (à qui l’on doit sept lettrines historiées [6]Une lettrine historiée est une lettre initiale illustrée (illustration figurative). Les lignes graphiques de la majuscule servent de cadre à l’illustration qui peut être composée de plantes, d’animaux (zoomorphe), de motifs géométriques, ou de personnages (anthropomorphe). Les éléments qui composent la lettrine historiée sont en liaison thématique avec le sujet développé dans le … Poursuivre et de nombreuses initiales ornées), qui y travailla vers 1466, et du tout aussi grand Girolamo da Cremona qui ne créa qu’une seule miniature en 1472 ; la participation de Francesco di Giorgio Martini se limite à l’atelier.

Comme le rappelle une inscription commémorative à l’entrée de la salle, les ouvrages enluminés ont été volés à la fin de l’année 1987, mais rapidement récupérés un mois plus tard, avant d’être installés dans ces lieux le 25 juin 1988.

Notes

Notes
1 Au XIXe s., l’abbaye faisait partie du diocèse de Pienza placé, ainsi que celui de Chiusi, sous l’autorité de l’évêque Giuseppe Pannilini à cette époque. Entré en possession des précieux volumes à la suite des suppressions napoléoniennes, le prélat en fit don à la cathédrale de San Secondiano en 1810.
2 Issu de la noblesse de Bologne et général de l’Ordre Olivétain, Francesco della Ringhiera effectua cette commande pour le monastère de Monte Oliveto Maggiore à l’occasion de sa seconde élection (voir Placido Lugano, Corali e minii di Monte Oliveto Maggiore a Chiusi, Rome, Santa Maria Nuova, 1911, pp. 38-56).
3 L’italien cenobio (du lat. tar. coenobium), désigne un lieu où plusieurs moines soumis à une même règle font vie commune : en d’autres termes, le cenobio est un monastère. Dans ce contexte, archicenobio vaut comme un titre honorifique.
4 Ces derniers sont désignés par les lettres de l’alphabet.
5 Alessandro da Sesto était un célèbre calligraphe, mais aussi un enlumineur à la plume : il est l’auteur des initiales en filigrane ornées d’encre rouge ou bleue, sur le corps desquelles le dessin laisse apparaître en réserve le parchemin.
6 Une lettrine historiée est une lettre initiale illustrée (illustration figurative). Les lignes graphiques de la majuscule servent de cadre à l’illustration qui peut être composée de plantes, d’animaux (zoomorphe), de motifs géométriques, ou de personnages (anthropomorphe). Les éléments qui composent la lettrine historiée sont en liaison thématique avec le sujet développé dans le texte (ou l’histoire) qu’elle accompagne.
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