Simone Martini (Sienne, documenté à partir de 1315 – Avignon, 1344) ou son atelier (Lippo Memmi ?)
Ten Apostles (Dix apôtres), 1320.
Prédelle probable d’un grandiose polyptyque inconnu [1]L’ensemble comporte les deux autres demi-figures similaires des apôtres Thomas et Jacques le Mineur (reproductions en noir et blanc) et, semble-t-il, un Christ., tempéra sur panneau, env. 29 x 21 cm (chaque panneau).
Inscriptions :
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Taddée) : « SAN(C)TUS TADEVS » (fig. 1).
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Simon) : « SAN(C)TUS SYMON » (fig. 2).
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de André) : « S(AN)C(TU)S ANDREAS » (fig. 3).
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Barthélemy) : « S(ANCTUS) BART/hOLOMEVS » (fig. 4).
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Matthieu) : « S(AN)CT(U)S MAThEV[S] » (fig. 5).
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Thomas) : « SAN(C)TUS ThOMAS » (fig. 6).
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Jacques le Majeur) : « SA(NC)TUS YA(C)OBVS » (fig. 7).
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Philippe) : « SAN(C)TUS PhILIPPVS » (fig. 8).
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Jacques le Mineur) : « SAN(C)TUs YACOBVs » (fig. 9) [2]Simone Martini e Lippo Memmi, San Giacomo Minore. Asciano, Castello di Gallico, Collezione Salini.
- (sur le fond d’or, à l’arrière de la figure de Mattias) : « S(AN)CT(U)S MAThIAS » (fig. 10).
Provenance : Collection de Johann Anton Ramboux et du Wallraf-Richartz Museum de Cologne (au XIXe s.).
Washington, the National Gallery of Art, Samuel H. Kress Collection [3]Les apôtres Matthieu, Simon, Thaddée et Jacques le Majeur. ; New York, Metropolitan Museum [4]Les apôtres Barthélemy, Mathias, André, Thomas. ; Asciano, Castello di Gallico, collezione Salini [5]L’apôtre Jacques le Mineur. [6]Le dixième apôtre, Philippe, n’est pas localisé actuellement. On notera que les évangélistes Luc et Jean ne font pas partie de cette série : sont-ils perdus ? étaient-ils figurés dans les volets du polyptyque lui aussi perdu ?.
Au XIXe siècle, la presque totalité de ces dix figures d’apôtres a fait partie de la collection Ramboux et du musée Wallraf-Richartz Museum (tous deux à Cologne), excepté le Jacques le Mineur (fig. 9), provenant de la collection Stoclet [7]Le collectionneur Adolphe Stoclet (Bruxelles, 1871 – 1949) était le fils de Victor Stoclet (1843-1904). Il faisait partie de ces leaders de l’économie belge qui ont marqué le règne de Léopold II. Au grand dam de ses parents, Adolphe Stoclet avait épousé Suzanne Stevens, fille d’Arthur Stevens, critique d’art. Suzanne était par ailleurs la nièce des peintres Alfred Stevens et … Poursuivre de Bruxelles, qui est aujourd’hui conservé dans la collection Salini [8]Asciano (Sienne), Castello di Gallico.. L’ancienne attribution à Simone Martini a longtemps été jugée impossible à soutenir ; c’est ainsi que Lionello Venturi [9]Lionello VENTURI, Pitture italiane in America, Milan, Ulrico Hoepli, 1931., à la suite de Johan Anton Ramboux a avancé le nom de Lippo Memmi [10]Ramboux avait opté pour cette attribution lorsque les œuvres faisaient partie de sa collection personnelle., suscitant un assentiment quasi unanime. Considérant l’affinité des saints en buste avec les figures, également en buste, du polyptyque de Pise [11]Simone Martini, Polittico dì Pisa. Pise, Museo Nazionale San Matteo., il était jugé fort probable que ces peintures relèvent de la production spécialisée de polyptyques à figures en buste à laquelle Simone et son atelier se consacrèrent vers 1320. Si les dix figures des apôtres sont basées avec certitude sur des cartons préparés par Simone dans les années 1320, leur exécution ne semble pas avoir été confiée à ses assistants, selon l’avis particulièrement argumenté de Miklós Boskovits. Dans un article publié sur le site du Metropolitan Museum (New York), véritable réquisitoire en faveur de leur attribution à Simone, Boskovits évoque le groupe des dix « bustes d’apôtres [12]Thaddée, Washington, National Gallery of Art, collection Samuel H. Kress (fig. 1), Washington, National Gallery of Art, collection Samuel H. Kress (fig. 2), André, New York, Metropolitan p of Art, collection Maitland F. Griggs, legs de Maitland F. Griggs (fig. 3), Barthélemy, New York, Metropolitan Museum of Art, collection Maitland F. Griggs, legs de Maitland F. Griggs (fig. 4), Matthieu, … Poursuivre, [13]En 1924, Maitland Fuller Griggs (*) acquitte le prix de quatre panneaux de la série — représentant les saints Thomas, Barthélemy, Matthias et André — par l’intermédiaire d’Edward Hutton ; ces œuvres entrent au Metropolitan Museum de New York en 1943. Le buste de saint Jacques le Mineur (fig. 9) figura dans la collection Stoclet à Bruxelles au moins à partir de 1927 et … Poursuivre [qui] faisait à l’origine partie d’un polyptyque. Les dix panneaux, acquis en un seul lot par Johann Anton Ramboux au début du XIXe siècle, sont restés réunis jusqu’aux années 1920, époque à laquelle le musée Wallraf-Richartz de Cologne s’en est dessaisi et les a dispersés.
Le fil horizontal du bois constituant le support de ces dix panneaux donne à penser qu’il s’agit de fragments d’une prédelle [14]Une bande horizontale, taillée dans une planche unique, située sous les panneaux principaux d’un retable. L’apparition de la prédelle s’inscrit dans l’évolution du retable, passant du panneau unique au vaste polyptyque à plusieurs niveaux. Les petites figures ou scènes peintes sur la prédelle participaient au programme iconographique global du retable : elles … Poursuivre [20], [15]La prédelle, en particulier dans les retables de grande dimension en Toscane, était presque toujours peinte sur une planche unique au fil horizontal, distincte du support en bois des panneaux principaux. En revanche, le registre supérieur d’images, situé au-dessus du registre principal, était fréquemment peint sur le même panneau à fil vertical que ce dernier. Voir John WHITE, … Poursuivre [21]. Le type de prédelle composé de bustes de saints disposés sous des arcs en plein cintre est assez archaïque : il apparaît en effet dans la peinture siennoise dès les années 1320 environ. Par la suite, la préférence est allée à l’insertion de scènes narratives dans la prédelle ; lorsque des bustes de saints figuraient au programme, ils étaient généralement inscrits dans des médaillons circulaires ou mixtilignes entourés de motifs ornementaux peints. [16]Parmi les exemples de prédelles présentant des bustes de saints inscrits dans des cadres à arc en plein cintre, on peut citer le polyptyque de Simone Martini conservé au Museo Nazionale de Pise (1319-1320) (*), celui d’Ugolino di Nerio au Museo Nazionale de Lucques (datable d’environ 1320) (**) et celui de Meo da Siena (***), datant également de la période 1315-1320 et conservé … Poursuivre L’absence, dans cette série de bustes, de deux des apôtres les plus vénérés — Pierre et Jean — pourrait laisser supposer que ces panneaux étaient déjà perdus au moment de leur acquisition par Ramboux, tout comme le buste du Christ (ou le Christ en croix) qui constituait habituellement l’image centrale des prédelles ornées de bustes de saints. [17]Toutefois, il arrive parfois — comme dans la prédelle du polyptyque de Meo da Siena mentionnée plus haut — que le Christ n’apparaisse pas parmi les apôtres et que le centre de la série de bustes d’apôtres soit au contraire occupé par les saints Pierre et Paul. Il est toutefois plus probable que la série d’apôtres de la prédelle ait été incomplète dès l’origine et que les figures de Pierre et de Jean aient été séparées du reste pour être intégrées au registre principal du retable, comme ce fut le cas, par exemple, pour la Maestà de Duccio. [18]Dans le chef-d’œuvre de Duccio, la grande scène représentant la Vierge à l’Enfant entourée de saints et d’anges est surmontée d’un second registre horizontal figurant des saints en buste (de gauche à droite) : les saints Thaddée, Simon, Philippe, Jacques le Majeur, André, Matthieu, Jacques le Mineur, Barthélemy, Thomas et Matthias. En revanche, les apôtres Pierre et Paul ainsi … Poursuivre [7] Quant à l’ordre des figures individuelles, il semble probable que les apôtres André et Jacques le Majeur aient été placés plus près du centre (et donc dans une position privilégiée), tandis que les figures de Matthieu, Thomas, Simon et Thaddée auraient été disposées plus près des deux extrémités. [19]Dans son analyse de la question de la succession des bustes, Giovanni Previtali (1987) a proposé l’ordre suivant, de gauche à droite : Matthias, Thomas, Barthélemy, Jacques (le Mineur ou le Majeur), Matthieu, André, Jacques [?], Philippe, Simon et Thaddée, faisant remarquer qu’il s’agit de l’exact inverse de l’ordre suivi par Duccio pour représenter les dix … Poursuivre
Quant à l’auteur de ces bustes d’apôtres, une attribution au maître siennois Lippo Memmi a été soutenue par Ramboux dans le catalogue de sa collection (1862). [20]Katalog der Gemälde Alter italienischer Meister (1221–1640) in der Sammlung des Conservator J. A. Ramboux, Cologne, J. P. Bachem, 1862, p. 15, no. 75. Cette thèse a été reprise par les études anciennes, de Joseph Archer Crowe and Giovan Battista Cavalcaselle (1864) jusqu’à Louis Gielly (1926). [21]Joseph Archer CROWE et Giovan Battista CAVALCASELLE, A New History of Painting in Italy from the Second to the Sixteenth Century, 3 vols., Londres, J. Murray, 1864–1866), 2, p. 105 ; Louis GIELLY, Les primitifs siennois, Paris, Albin Michel, 1926, p. 111. Ce n’est qu’au moment où les dix panneaux ont réapparu sur le marché de l’art que le nom plus prestigieux de Simone Martini a été avancé par Robert Lehman (1928), puis par d’autres. [22]Du moins en ce qui concerne les panneaux entrés dans la collection Griggs à New York par l’intermédiaire d’Edward Hutton, l’attribution à Simone avait vraisemblablement été établie par le marchand et collectionneur Hutton lui-même. Le Saint Jacques le Mineur semble également être entré dans la collection Stoclet à Bruxelles avec une attribution à Simone ; cf. Pierre BAUTIER, « … Poursuivre [11] Les historiens de l’art ont généralement accepté l’attribution à Simone, bien que le plus souvent avec la mention « atelier de » ou « école de » Simone. [23]Peut-être sollicité par Maitland Fuller Griggs en 1926 pour son expertise, Richard Offner attribua oralement les quatre panneaux acquis pour cette collection à « l’école de Simone Martini », tandis qu’en 1926, Raimond van Marle, dans un avis manuscrit, attribua les peintures à un « disciple immédiat de Simone Martini ». Voir Federico ZERI et Elizabeth E. GARDNER, Italian Paintings: … Poursuivre [12] Le catalogue de la National Gallery of Art présentait également les quatre panneaux issus de la collection Kress comme des œuvres de « Simone Martini et assistants ». Toutefois, l’attribution à Lippo Memmi n’a jamais été totalement écartée et a été remise en avant plus récemment. [24]Lionello Venturi (1931, 1933) a relancé l’attribution à Lippo Memmi, suivi de Pietro Toesca (1951), Maria Cristina Gozzoli (dans CONTINI et GOZZOLI 1970), Cristina De Benedictis (1974, 1979, 1996), Michael Mallory (1974), Michel Laclotte (1978) et Andrew Martindale (1988). Le présent auteur (1988) s’est limité à rejeter l’attribution des panneaux à Lippo Memmi, sans … Poursuivre [13] Les datations proposées oscillent entre vers 1320 et 1333. [25]Fern Rusk Shapley (1966, 1979) et Giovanni Previtali (1987) ont proposé la date d’environ 1320 ; Cristina De Benedictis (1974), 1325 — c’est-à-dire la date du polyptyque perdu de Lippo Memmi pour San Paolo a Ripa d’Arno à Pise — ou, plus prudemment (De Benedictis 1996), après 1323, date présumée du Triomphe de saint Thomas à San Domenico, à Pise. Michael Mallory (1974) a … Poursuivre [14]
Au cours des dernières décennies, les tentatives de réunir les corpus de peintures autrefois attribués respectivement à Lippo Memmi et à Barna da Siena — ou regroupés sous des appellations vagues telles que « Compagnons de Simone », « Lippo et Tederico Memmi » ou « atelier des Memmi » — ont compliqué la distinction entre les œuvres réalisées dans l’orbite de Simone Martini et celles de Lippo Memmi, tout en rendant difficile la compréhension de l’évolution artistique de ce dernier. [26]Après les publications de Gordon Moran (1976), qui fut le premier à remettre en question l’existence même d’un peintre nommé Barna da Siena – selon lui, ce nom était une transcription erronée de Bartolo di Fredi – et celles d’Antonino Caleca (1976, 1977), qui soutenait que les œuvres autrefois attribuées à « Barna » devaient être réintégrées au catalogue de … Poursuivre [15] Indissociable de cette question, la chronologie de la série d’apôtres ici étudiée demeure tout aussi problématique. Au vu des œuvres signées et datées [27]La Madonna della Misericordia de la cathédrale d’Orvieto, signée « Lippus de Sena natus nos pinxit amena », n’est pas datée mais on pense en général qu’elle a été exécutée vers 1320. Cf. Giovanni PREVITALI, « Introduction aux problèmes de la bouteille de Simone Martini », dans Simone Martini (Atti del convegno ; Sienne, 27-29 mars 1985), éd. Luciano BELLOSI, … Poursuivre [16] par Lippo entre environ 1323 et 1333, l’intégration à son œuvre des quatre bustes d’apôtres conservés à la Galerie paraît peu convaincante. La douceur du modelé et le naturel spontané des gestes des saints évoquent davantage la manière de son beau-frère (Simone Martini) que les poses solennelles, les formes lisses et l’éclat métallique qui caractérisent souvent les œuvres de Lippo lui-même.
Au sein de la série d’apôtres dont font partie les quatre panneaux de la Galerie, le Saint André conservé au Metropolitan Museum of Art de New York (fig. ) présente d’étroites affinités — tant par ses traits physionomiques que par son expression plutôt renfrognée — avec l’apôtre (vraisemblablement saint André lui aussi) du Museum of Fine Arts de Boston [28]Simone Martini, A Bearded Saint. St. Andrew (?). Boston, Boston Museum of Fine Arts., unanimement reconnu comme une œuvre de Simone. [29]No. 51.2397; Laurence B. KANTER, Italian Paintings in the Museum of Fine Arts, Boston, vol. 1, 13th–15th Century, Boston, 1994, 84, a accepté la datation de l’œuvre partagée par la plupart des historiens de l’art, au début des années 1320. Boskovits avait déjà proposé en 1990 une comparaison entre les deux images du saint. Miklós BOSCOVITS, “Review of Simone Martini by … Poursuivre [17] Le Saint Jude Thaddée (fig.) [fig12] de la Galerie invite, de même, à une comparaison avec la figure du même saint dans le polyptyque de Simone conservé au Museo Nazionale di San Matteo de Pise. [30]La date du retable est indiquée tantôt comme 1319, tantôt comme 1320. Ces deux dates proviennent de la même source : les Annali du couvent dominicain de Pise, datant du XVIe siècle, qui consignent l’installation du polyptyque au-dessus du maître-autel de l’église Santa Caterina en 1320. Toutefois, cette date, si elle est calculée selon le style pisan en vigueur à … Poursuivre [18] Dans les deux cas, l’apôtre est représenté sous les traits d’un jeune homme imberbe se tournant vers l’arc du cadre avec une légère inflexion gothique [31]Terme désignant, depuis le XVe siècle, l’architecture et, à partir du XIXe siècle, l’ensemble des arts visuels européens durant une période s’étendant par convention d’environ 1120 à 1400 en Italie centrale, et jusqu’à la fin du XVe siècle, voire bien avant dans le XVIe siècle, en Europe du Nord et dans la péninsule Ibérique. Le style gothique primitif a … Poursuivre [19], la tête inclinée sur le côté dans une attitude de méditation. On ne saurait toutefois affirmer catégoriquement que la version peinte pour le polyptyque de Pise vers 1319-1320 a servi de modèle à l’œuvre de la Galerie ; en effet, les contours de la figure et les plis du drapé y sont bien moins mouvementés, s’inscrivant plutôt dans la lignée stylistique d’œuvres antérieures de Simone datant de la deuxième décennie du siècle. [32]Ces dernières décennies, les historiens de l’art s’accordent généralement pour dater des années 1315-1320 les fresques représentant des saints en buste dans le transept nord de l’église inférieure de San Francesco à Assise. Voir Maria Cristina GOZZOLI, dans L’opera completa di Simone Martini, dir. Gianfranco CONTINI et Maria Cristina GOZZOLI, Milan, 1970, pp. 94-95 ; Luciano … Poursuivre [20] La comparaison avec les figures correspondantes du polyptyque de Pise demeure néanmoins révélatrice et peut également s’étendre aux représentations des saints Matthieu et Simon. Simon y est figuré comme un homme encore jeune, à la barbe courte et sombre, tandis que Matthieu apparaît comme un homme d’âge mûr, représenté de face et doté d’une longue barbe fourchue. Dans les deux tableaux, Matthieu est représenté en train de rédiger son Évangile. Le Saint Jacques le Majeur du polyptyque de Pise présente, en revanche, moins de similitudes avec son homologue du panneau de Washington : on y observe une tendance — absente des panneaux étudiés ici — à représenter les apôtres en mouvement, à envelopper leurs corps de manteaux volumineux aux plis profonds et à placer dans leurs mains des livres traités selon un raccourci marqué. Dans le polyptyque de Pise, les livres sont généralement plus volumineux et ouverts, et représentés de telle sorte que quelques lignes de calligraphie sont visibles. Les saints, par ailleurs, semblent souvent converser entre eux, accompagnant ou appuyant leurs propos d’un geste de la main levée, ou présentant un objet qui, assez souvent, rompt la silhouette de la figure se détachant sur le fond d’or [33]La ou les couches utilisées pour préparer le support à recevoir la peinture. [21], comme en contre-jour.
Le fait que les bustes d’apôtres conservés à la [National] Gallery — ainsi que les panneaux qui les accompagnaient — accordent moins d’importance aux rythmes agités et aux gestes élégants pourrait-il suggérer une datation antérieure à celle du polyptyque de Pise ? Malheureusement, les « données objectives » tirées de l’analyse des poinçons nous sont ici d’un faible secours : en effet, selon l’étude de Mojmir S. Frinta (1998), les motifs poinçonnés présents sur ces panneaux — aujourd’hui répartis entre le Metropolitan Museum of Art (fig. ) [fig11], (fig. ) [fig13], (fig. ) [fig14], (fig. ) [fig15] et la [National] Gallery — se retrouvent dans la quasi-totalité de l’œuvre de Simone Martini, du polyptyque de San Gimignano à l’Annonciation des Offices à Florence (1333), et au-delà. [34]Les motifs de poinçon présents sur les quatre panneaux de Washington sont répertoriés comme suit par Mojmir Svatopluk Frinta dans Punched Decoration on Late Medieval Panel and Miniature Painting, Prague, Maxdorf, 1998 : « Da10a » (présent dans des œuvres de Simone Martini allant du polyptyque de San Gimignano au quadriptyque Orsini, ainsi que dans diverses œuvres de Lippo Memmi), pp. … Poursuivre [22] Il serait peut-être plus fructueux de porter l’attention sur un autre aspect : le fait que Simone, pour autant que l’on puisse en juger aujourd’hui, a généralement évité d’employer l’arc en plein cintre dans ses retables. Ce motif n’apparaît plus qu’une seule fois, dans le polyptyque de jeunesse de San Gimignano ; dans les œuvres ultérieures, l’arc — lorsqu’il n’est pas de style gothique — s’orne intérieurement de petits arcs trilobés, comme c’est le cas pour le polyptyque de Pise. Non seulement le cadre des panneaux de la National Gallery of Art présente de grandes similitudes avec celui des éléments de la prédelle du Saint Louis de Toulouse conservé à Naples (peint vers 1317, année de la canonisation du saint), mais leur caractère stylistique s’inscrit également dans la continuité des œuvres réalisées durant cette période d’évolution rapide qui sépare la Maestà du Palazzo Pubblico (1315) du polyptyque de Pise (1319-1320).
Ces considérations soulèvent la question de l’identification du retable dont faisaient partie les dix bustes d’apôtres. Michael Mallory (1974) a soutenu que les quatre panneaux de Washington, ainsi que les six autres panneaux qui les accompagnaient dans diverses collections, constituaient à l’origine la prédelle du polyptyque de Lippo Memmi dont faisait également partie le Saint Jean-Baptiste conservé à la [National] Galerie. [35]Michael MALLORY, « An Altarpiece by Lippo Memmi Reconsidered », Metropolitan Museum Journal 9 (1974), p. 201 n. 19. [23] Cette hypothèse n’a pas été retenue par la critique spécialisée, mais aucune autre n’a été formulée à ce jour. Selon l’auteur de ces lignes, un candidat possible pour le panneau central disparu du polyptyque incluant cette série de bustes d’apôtres pourrait être la Vierge à l’Enfant provenant de l’église Santa Maria Maddalena à Castiglion d’Orcia, aujourd’hui conservée au Museo Civico e Diocesano de Montalcino (80 x 61 cm). [36]La Madone provenant de Castiglion d’Orcia n’a pas nécessairement été peinte pour cette localité et a fait l’objet d’attributions diverses par le passé. Serena Padovani (1979) l’a attribuée à Simone, attribution reprise par Alessandro Bagnoli (1997), tandis que Leone de Castris (2003) a estimé qu’elle avait été peinte « en grande partie » par des assistants de l’atelier … Poursuivre [24] La largeur de ce panneau ne diffère guère de celle des images placées au centre des polyptyques de Simone réalisés pour des églises de Pise, d’Orvieto ou de San Gimignano ; sa hauteur est également proche de celle du panneau de San Gimignano, aujourd’hui dépourvu de son cadre d’origine. Rien n’empêche donc d’imaginer la Vierge de Montalcino au centre d’un polyptyque similaire, doté d’une série d’apôtres dans sa prédelle. Nos panneaux partagent avec elle non seulement une datation comparable, mais aussi un profil extérieur se terminant par un arc en plein cintre.
En conclusion, les dix panneaux représentant les apôtres peuvent, à mon sens, être attribués avec certitude à Simone Martini. Par le passé, les spécialistes ont généralement sous-estimé ces œuvres, non en raison d’une médiocrité intrinsèque, mais à cause de la perte des finitions picturales sur certains panneaux — ce qui a aplati le modelé des figures — et des conséquences malheureuses de restaurations successives ayant occulté nombre des touches les plus raffinées de la technique de l’artiste, notamment sur les bustes de saint Barthélemy, de saint Matthias et de saint Thomas, aujourd’hui conservés au Metropolitan Museum of Art. Toutefois, les parties les mieux préservées de nos panneaux, en particulier les visages de saint Thaddée et de saint Jacques le Majeur, conservent des qualités qui, selon moi, témoignent indubitablement de la main de Simone. [37]Miklós BOSKOVITS, Online Edition, Italian Paintings of the Thirteenth and Fourteenth Centuries, https://www.nga.gov/research/publications/italian-paintings-thirteenth-and-fourteenth-centuries-0/italian-paintings-thirteenth-and-fourteenth-centuries-saint-james-major-c-13151320
Notes
| 1↑ | L’ensemble comporte les deux autres demi-figures similaires des apôtres Thomas et Jacques le Mineur (reproductions en noir et blanc) et, semble-t-il, un Christ. |
|---|---|
| 2↑ | Simone Martini e Lippo Memmi, San Giacomo Minore. Asciano, Castello di Gallico, Collezione Salini. |
| 3↑ | Les apôtres Matthieu, Simon, Thaddée et Jacques le Majeur. |
| 4↑ | Les apôtres Barthélemy, Mathias, André, Thomas. |
| 5↑ | L’apôtre Jacques le Mineur. |
| 6↑ | Le dixième apôtre, Philippe, n’est pas localisé actuellement. On notera que les évangélistes Luc et Jean ne font pas partie de cette série : sont-ils perdus ? étaient-ils figurés dans les volets du polyptyque lui aussi perdu ? |
| 7↑ | Le collectionneur Adolphe Stoclet (Bruxelles, 1871 – 1949) était le fils de Victor Stoclet (1843-1904). Il faisait partie de ces leaders de l’économie belge qui ont marqué le règne de Léopold II. Au grand dam de ses parents, Adolphe Stoclet avait épousé Suzanne Stevens, fille d’Arthur Stevens, critique d’art. Suzanne était par ailleurs la nièce des peintres Alfred Stevens et Joseph Stevens. Elle était également la tante de l’architecte Robert Mallet-Stevens. C’est elle qui initia son mari à l’art. |
| 8↑ | Asciano (Sienne), Castello di Gallico. |
| 9↑ | Lionello VENTURI, Pitture italiane in America, Milan, Ulrico Hoepli, 1931. |
| 10↑ | Ramboux avait opté pour cette attribution lorsque les œuvres faisaient partie de sa collection personnelle. |
| 11↑ | Simone Martini, Polittico dì Pisa. Pise, Museo Nazionale San Matteo. |
| 12↑ | Thaddée, Washington, National Gallery of Art, collection Samuel H. Kress (fig. 1), Washington, National Gallery of Art, collection Samuel H. Kress (fig. 2), André, New York, Metropolitan p of Art, collection Maitland F. Griggs, legs de Maitland F. Griggs (fig. 3), Barthélemy, New York, Metropolitan Museum of Art, collection Maitland F. Griggs, legs de Maitland F. Griggs (fig. 4), Matthieu, Washington, National Gallery of Art, collection Samuel H. Kress (fig. 5), Thomas, New York, The Metropolitan Museum of Art, Collection Maitland F. Griggs, Legs de Maitland F. Griggs (fig. 6), Jacques le Majeur, Washington, National Gallery of Art, Collection Samuel H. Kress (fig. 7), Philippe, Localisation actuelle inconnue (fig. 8), Jacques le Mineur, Asciano (Sienne), Castello di Gallico, Collezione Salini (fig. 9), Matthias, New York, The Metropolitan Museum of Art, Maitland F. Griggs Collection, Legs of Maitland F. Griggs (fig. 10). |
| 13↑ | En 1924, Maitland Fuller Griggs (*) acquitte le prix de quatre panneaux de la série — représentant les saints Thomas, Barthélemy, Matthias et André — par l’intermédiaire d’Edward Hutton ; ces œuvres entrent au Metropolitan Museum de New York en 1943. Le buste de saint Jacques le Mineur (fig. 9) figura dans la collection Stoclet à Bruxelles au moins à partir de 1927 et appartient, depuis 2005, à la collection Salini au Castello di Gallico (Asciano). Philip Lehman acheta l’effigie de saint Philippe (fig. 8), ainsi que les quatre panneaux ici évoqués, avant 1928. Le Saint Philippe fut vendu aux enchères chez Christie’s à New York le 11 janvier 1991 (lot 12). Il fut acquis par Carlo de Carlo (**) (Florence), dans la collection duquel il demeura jusqu’en 1999 ; sa localisation actuelle est inconnue.
(*) Maitland Fuller Griggs (New York, 1872 – 1944) : avocat new-yorkais, collectionneur d’art. |
| 14↑ | Une bande horizontale, taillée dans une planche unique, située sous les panneaux principaux d’un retable. L’apparition de la prédelle s’inscrit dans l’évolution du retable, passant du panneau unique au vaste polyptyque à plusieurs niveaux. Les petites figures ou scènes peintes sur la prédelle participaient au programme iconographique global du retable : elles offraient un commentaire visuel sur les images principales situées au-dessus tout en surélevant physiquement les panneaux principaux, améliorant ainsi leur visibilité. |
| 15↑ | La prédelle, en particulier dans les retables de grande dimension en Toscane, était presque toujours peinte sur une planche unique au fil horizontal, distincte du support en bois des panneaux principaux. En revanche, le registre supérieur d’images, situé au-dessus du registre principal, était fréquemment peint sur le même panneau à fil vertical que ce dernier. Voir John WHITE, Duccio: Tuscan Art and the Medieval Workshop, New York, Thames & Hudson, 1979, pp. 89–91 ; Christoph MERTZENICH, Vom Schreinerwerk zum Gemälde: Florentiner Altarwerke der ersten Hälfte des Quattrocento, Berlin, Gebr.Mann Verlag, 2001, p. 55. Les chercheurs suivants ont soutenu que ces panneaux faisaient partie de la prédelle d’un polyptyque : Lionello VENTURI, Pitture italiane in America, Milan, U. Hoepli, 1931), n° 60 ; Lionello VENTURI, Italian Paintings in America, trad. comtesse Vanden Heuvel et Charles Marriott, 3 vol., New York et Milan, E. Weyhe, 1933, 1 : n° 76 ; George McCALL, Masterpieces of Art: Catalogue of European Paintings and Sculpture from 1300–1800, New York, Wilhelm R. Valentiner, 1939, pp. 116–117 ; Michael MALLORY, « An Altarpiece by Lippo Memmi Reconsidered », Metropolitan Museum Journal, 9 (1974), p. 201, n. 19 ; Michel LACLOTTE, dans Retables italiens du XIIIe au XVe siècle, éd. Claude RESSORT, Sylvie BEGUIN et Michel LACLOTTE, Paris, RNM, 1978, p. 19 ; Fern RUSK SHAPLEY, Catalogue of the Italian Paintings, 2 vol., Washington, DC, National gallery of Art, 1979, 1, pp. 332, 333 n. 7 ; Andrew MARTINDALE, Simone Martini, Oxford, Phaidon, 1988, p. 35, n. 18 ; Cristina DE BENEDICTIS, « Lippo Memmi », dans Enciclopedia dell’arte medievale, Rome, Istituto della Encyclopedia Italiana fondata da Giovanni Treccani, 1996, t. 7, p. 732. De Benedictis (1974) a d’abord soutenu, comme Federico Zeri (1980), qu’ils appartenaient plutôt au registre supérieur d’un polyptyque. Gertrude Coor (1956) pensait que les deux solutions étaient possibles, tout comme Sabina Spannocchi (2009). Voir Cristina DE BENEDICTIS, « A proposito di un libro su Buffalmacco », Antichità viva, 13, no. 2 (1974), pp. 8, 10 n. 13 ; Federico ZERI et Elizabeth E. GARDNER, Peintures italiennes : écoles siennoises et italiennes centrales ; Un catalogue de la collection du Metropolitan Museum of Art, New York, 1980, p. 95 ; Gertrude COOR, « Trecento – Gemälde aus der Sammlung Ramboux », Wallraf – Richartz – Jahrbuch, 18 (1956), p. 118 ; et Sabina SPANNOCCHI, dans La collezione Salini : Dipinti, sculture e oreficerie dei secoli XII, XIII, XIV e XV, éd. Luciano BELLOSI, 2 vol., Florence, Centro Di, 2009, 1, p. 135. |
| 16↑ | Parmi les exemples de prédelles présentant des bustes de saints inscrits dans des cadres à arc en plein cintre, on peut citer le polyptyque de Simone Martini conservé au Museo Nazionale de Pise (1319-1320) (*), celui d’Ugolino di Nerio au Museo Nazionale de Lucques (datable d’environ 1320) (**) et celui de Meo da Siena (***), datant également de la période 1315-1320 et conservé à la Pinacoteca Nazionale de Pérouse. Voir James H. STUBBLEBINE, Duccio di Buoninsegna and His School, 2 vol., Princeton, Princeton University Press, 1979, 2 : fig. 375 ; et Francesco SANTI (dir.), Galleria Nazionale dell’Umbria, vol. 1, Paintings, sculptures and art objects of the Romanesque and Gothic era, Rome, Istituto Poligrafico dello stato, 1969, pp. 58-59. En revanche, les prédelles ornées de médaillons entourés de motifs floraux ont été utilisées par Giotto pour ses polyptyques de la chapelle Baroncelli (église Santa Croce, Florence) et de la Pinacoteca Nazionale de Bologne (années 1325-1335) ; parmi les artistes siennois, on retrouve ce modèle chez Ugolino di Nerio, dans la prédelle conservée au musée des Beaux-Arts de Besançon (voir STUBBLEBINE 1979, fig. 465), et chez Bartolomeo Bulgarini, dans la prédelle de son polyptyque provenant de Santa Croce et aujourd’hui conservé dans les réserves des Gallerie Fiorentine ; voir Raimond VAN MARLE, The Development of the Italian Schools of Painting, vol. 2, The Sienese School of the 14th Century, La Haye, M. Nijhoff, 1924), fig. 72. Parfois, comme dans le retable de saint Louis de Toulouse peint par Simone Martini pour le Museo di Capodimonte de Naples (1317), les arcs en plein cintre de la prédelle ne renferment pas des bustes de saints, mais de petites scènes narratives. Il est possible que la pratique consistant à adjoindre une prédelle ornée de bustes de saints à de petits tableaux de dévotion ait pris naissance dans les ateliers de Simone et de Lippo (cf. la Madonna and Child du musée Isabella Stewart Gardner de Boston, n. P. 30 w 8, ou la Crucifixion n. 156 de la Pinacothèque du Vatican). Elle semble refléter un type de retable analogue à celui réalisé par Simone à Naples : des tableaux présentant, dans le registre principal, une scène unique (au lieu de plusieurs panneaux figurant des saints).
(*) Simone Martini, Polittico di Pisa. Pise, Museo Nazionale San Matteo. |
| 17↑ | Toutefois, il arrive parfois — comme dans la prédelle du polyptyque de Meo da Siena mentionnée plus haut — que le Christ n’apparaisse pas parmi les apôtres et que le centre de la série de bustes d’apôtres soit au contraire occupé par les saints Pierre et Paul. |
| 18↑ | Dans le chef-d’œuvre de Duccio, la grande scène représentant la Vierge à l’Enfant entourée de saints et d’anges est surmontée d’un second registre horizontal figurant des saints en buste (de gauche à droite) : les saints Thaddée, Simon, Philippe, Jacques le Majeur, André, Matthieu, Jacques le Mineur, Barthélemy, Thomas et Matthias. En revanche, les apôtres Pierre et Paul ainsi que Jean l’Évangéliste sont représentés, aux côtés du Baptiste, en pied et de part et d’autre du trône de la Vierge. |
| 19↑ | Dans son analyse de la question de la succession des bustes, Giovanni Previtali (1987) a proposé l’ordre suivant, de gauche à droite : Matthias, Thomas, Barthélemy, Jacques (le Mineur ou le Majeur), Matthieu, André, Jacques [?], Philippe, Simon et Thaddée, faisant remarquer qu’il s’agit de l’exact inverse de l’ordre suivi par Duccio pour représenter les dix apôtres dans la Maestà et par Simone Martini dans la prédelle du polyptyque de Pise — où Pierre et Paul s’ajoutent naturellement aux dix, occupant une position centrale (Jean l’Évangéliste figurant ici parmi les saints du registre principal). Voir Giovanni PREVITALI, « Problems in the Workshop of Simone Martini », Center / National Gallery of Art, Center for Advanced Study in the Visual Arts, 7 (1987), pp. 83-84. Toutefois, la séquence représentée dans les œuvres de Duccio et de Simone Martini n’est pas la seule possible. Ainsi, dans la Maestà qu’il a peinte à fresque au Palazzo Pubblico de Sienne, Simone a représenté les apôtres dans l’ordre suivant : Barthélemy, Philippe, Matthieu, Thomas, Jacques le Mineur, Jacques le Majeur, Matthias, André, Thaddée et Simon (Paul, Jean l’Évangéliste, Jean le Baptiste et Pierre étant placés au premier plan) ; pour l’identification des apôtres, cf. Alessandro BAGNOLI, La Maestà di Simone Martini, Cinisello Balsamo (Milan), 1999, pp. 155-157. La séquence des apôtres adoptée par Giotto dans le Jugement dernier de la chapelle des Scrovegni à Padoue et dans le polyptyque Stefaneschi de la Pinacothèque du Vatican diffère également ; cf. Margrit LISNER, « Die Gewandfarben der Apostel in Giottos Arenafresken: Farbgebung und Farbikonographie mit Notizen zu älteren Aposteldarstellungen in Florenz, Assisi und Rom », Zeitschrift für Kunstgeschichte, 53 (1990), pp. 309-375 ; et Margrit LISNER, « Giotto und die Aufträge des Kardinals Jacopo Stefaneschi für Alt-St. Peter : 2 ; der Stefaneschi-Autel ; Giotto und seine Werkstatt in Rom ; das Altarwerk und der verlorene Christuszyklus in der Petersapsis », Römisches Jahrbuch der Bibliotheca Hertziana, 30 (1995), pp. 59-133. Seule la position centrale de Pierre, Paul et Jean (s’ils font partie de la série), ainsi que de Jacques le Majeur et André, tient en règle générale. |
| 20↑ | Katalog der Gemälde Alter italienischer Meister (1221–1640) in der Sammlung des Conservator J. A. Ramboux, Cologne, J. P. Bachem, 1862, p. 15, no. 75. |
| 21↑ | Joseph Archer CROWE et Giovan Battista CAVALCASELLE, A New History of Painting in Italy from the Second to the Sixteenth Century, 3 vols., Londres, J. Murray, 1864–1866), 2, p. 105 ; Louis GIELLY, Les primitifs siennois, Paris, Albin Michel, 1926, p. 111. |
| 22↑ | Du moins en ce qui concerne les panneaux entrés dans la collection Griggs à New York par l’intermédiaire d’Edward Hutton, l’attribution à Simone avait vraisemblablement été établie par le marchand et collectionneur Hutton lui-même. Le Saint Jacques le Mineur semble également être entré dans la collection Stoclet à Bruxelles avec une attribution à Simone ; cf. Pierre BAUTIER, « I primitivi italiani della collezione Stoclet a Bruxelles », Cronache d’arte, 4 (1927), p. 315. Par ailleurs, August L. Mayer (1930) a reconnu la paternité de Simone Martini pour les panneaux alors conservés dans la collection Lehman, tout comme George McCall et William Valentiner. August L. MAYER, « Die Sammlung Philip Lehman », Pantheon, 5 (1930), p. 113 ; George McCALL, Masterpieces of Art: Catalogue of European Paintings and Sculpture from 1300–1800, éd. Wilhelm R. VALENTINER, New York, 1939, pp. 116-117. |
| 23↑ | Peut-être sollicité par Maitland Fuller Griggs en 1926 pour son expertise, Richard Offner attribua oralement les quatre panneaux acquis pour cette collection à « l’école de Simone Martini », tandis qu’en 1926, Raimond van Marle, dans un avis manuscrit, attribua les peintures à un « disciple immédiat de Simone Martini ». Voir Federico ZERI et Elizabeth E. GARDNER, Italian Paintings: Sienese and Central Italian Schools. A Catalogue of the Collection of the Metropolitan Museum of Art, New York, 1980, p. 96. Bernard Berenson (qui, en 1925, avait émis l’hypothèse que le jeune Lippo Vanni en était l’auteur ; voir Zeri et Gardner, 1980, page 96, pour plus de détails) attribue, en 1932 puis en 1936, et enfin dans l’édition posthume de 1968, l’image de saint Matthieu à Simone, au moins en partie, mais classe les quatre autres panneaux de la série, conservés dans la collection Lehman, comme des œuvres de l’atelier de l’artiste. F. Mason Perkins (1937) considérait quant à lui que les panneaux de la collection Lehman avaient été en grande partie exécutés par les assistants de Simone. La participation des assistants de l’artiste a également été relevée dans les tableaux de Gertrude Coor (1956), présentés à l’Exposition de la collection Lehman en 1957, de Fern Rusk Shapley (1966), de Joseph Polzer (1971), de Burton B. Fredericksen et Zeri (1972), de Zeri et Gardner (1980), de Giovanni Previtali (1987), de Mojmir S. Frinta (1998), de Hiltrud Kier et Frank Günter Zehnder (1998), et d’Alessandro Bagnoli (1999). Même la notice récente de Sabina Spannocchi (dans BELLOSI 2009), tout en citant la série des Apôtres attribuée à Simone, la considère comme ayant été exécutée en partie par des assistants « sous la supervision » du maître. Voir Bernard BERENSON, Italian Pictures of the Renaissance: A List of the Principal Artists and Their Works with an Index of Places, Oxford, 1932, p. 534 ; Bernard BERENSON, Pitture italiane del rinascimento: Catalogo dei principali artisti e delle loro opere con un indice dei luoghi, trad. Emilio CECCHI, Milan, 1936, p. 459 ; Bernard BERENSON, Italian Pictures of the Renaissance: Central Italian and North Italian Schools, 3 vol., Londres, 1968, 1, p. 404 ; Frederick MASON PERKINS, « Simone di Martino (Simone Martini) », dans Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, éd. Ulrich THIEME, Felix BECKER et Hans VOLLMER, 37 vol., Leipzig, 1937, 31, p. 67 ; Gertrude COOR, « Trecento – Gemälde aus der Sammlung Ramboux », Wallraf – Richartz – Jahrbuch, 18 (1956) p. 118 ; Exposition de la Collection Lehman de New York (Paris, 1957), p. 43 ; Fern RUSK SHAPLEY, Paintings from the Samuel H. Kress Collection: Italian Schools, XIII–XV Century, Londres, 1966, pp. 48–49 ; Joseph POLZER, « Observations on Known Paintings and a New Altarpiece by Francesco Traini », Pantheon, 29 (1971), p. 386 ; Burton B. FREDERICKSEN et Federico ZERI, Census of Pre-Nineteenth-Century Italian Paintings in North American Public Collections, Cambridge, MA, 1972, p. 122 ; Federico ZERI, dans Italian Paintings: Siennese and Central Italian Schools; A Catalog of the Collection of the Metropolitan Museum of Art, éd. Federico ZERI et Elizabeth E. GARDNER, New York, 1980, p. 95 ; Giovanni PREVITALI, « Problems in the Workshop of Simone Martini », Center/National Gallery of Art, Center for Advanced Study in the Visual Arts 7 (1987), pp. 83-84 ; Mojmir Svatopluk FRINTA, Punched Decoration on Late Medieval Panel and Miniature Painting, Prague, 1998, pp. 118, 189, 205, 311, 321, 400, 444, 453 ; Hiltrud KIER et Frank GÜNTER ZEHNDER, éd., Lust und Verlust, vol. 2, Corpus – Band zu Kölner Gemäldesammlungen 1800–1860, Cologne, 1998, pp. 551–552 ; Alessandro BAGNOLI, La Maestà di Simone Martini, Cinisello Balsamo (Milan), 1999, p. 156 n. 24, 179 ; et Luciano BELLOSI, Florence, 2009, 1, p. 233-142. |
| 24↑ | Lionello Venturi (1931, 1933) a relancé l’attribution à Lippo Memmi, suivi de Pietro Toesca (1951), Maria Cristina Gozzoli (dans CONTINI et GOZZOLI 1970), Cristina De Benedictis (1974, 1979, 1996), Michael Mallory (1974), Michel Laclotte (1978) et Andrew Martindale (1988). Le présent auteur (1988) s’est limité à rejeter l’attribution des panneaux à Lippo Memmi, sans proposer d’attribution alternative. Voir Lionello VENTURI, Pitture Italiane in America, Milan, Hœpli, 1931, nos. 60-61 ; Lionello VENTURI, Italian painting in America, trad. Comtesse Vanden Heuvel et Charles Marriott, 3 vol., New York et Milan, New York et Milan, E. Weyhe, 1933, 1 : nos. 76-77 ; Pietro TOESCA, Il Trecento, Histoire de l’art classique et italien 3 ; Storia dell’arte Italiana, 2, Turin, 1951, p. 551 n. 75 ; Maria Cristina GOZZOLI, dans L’opera completa di Simone Martini, éd. Gianfranco CONTINI et Maria Cristina GOZZOLI, Milan, 1970, p. 105 n. 53 ; Cristina DE BENEDICTIS, « À propos d’un livre sur Buffalmacco », Antichità viva, 13, no. 2 (1974), pp. 8, 10 n. 13 ; Cristina DE BENEDICTIS, La pittura senese 1330-1370, Florence, 1979, p. 93 ; Cristina DE BENEDICTIS, « Lippo Memmi », dans Enciclopedia dell’arte medievale, 12 vol. (Rome, 1996), 7, p. 732 ; Michael MALLORY, « An Altarpiece by Lippo Memmi Reconsidered », Metropolitan Museum Journal, 9 (1974), p. 201, n. 19 ; Michel LACLOTTE, dans Retables italiens du XIIIe au XVe siècle, éd. Claude Ressort, Sylvia Beguin et Michel Laclotte (Paris, 1978), p. 19 ; Andrew MARTINDALE, Simone Martini, Oxford, Phaidon, 1988), 35 n. 18 ; Miklós BOSCOVITS, éd., Frühe italienische Malerei : Gemäldegalerie Berlin, Katalog der Gemälde, trad. Erich Schleier, Berlin, Gebr. Mann, 1988, p. 75. |
| 25↑ | Fern Rusk Shapley (1966, 1979) et Giovanni Previtali (1987) ont proposé la date d’environ 1320 ; Cristina De Benedictis (1974), 1325 — c’est-à-dire la date du polyptyque perdu de Lippo Memmi pour San Paolo a Ripa d’Arno à Pise — ou, plus prudemment (De Benedictis 1996), après 1323, date présumée du Triomphe de saint Thomas à San Domenico, à Pise. Michael Mallory (1974) a daté la série d’environ 1330 ; Federico Zeri et Elizabeth Gardner (1980) l’ont située dans la période comprise entre environ 1320 et 1333. Sabina Spannocchi (2009) a suggéré une date d’exécution vers 1317. Voir Fern RUSK SHAPLEY, Paintings from the Samuel H. Kress Collection: Italian Schools, XIII–XV Century, Londres, 1966, pp. 48-49 ; Fern RUSK SHAPLEY, Catalogue of the Italian Paintings, 2 vol., Washington, DC, 1979, 1, pp. 332, 333 n. 7 ; Giovanni PREVITALI, « Problems in the Workshop of Simone Martini », Center / National Gallery of Art, Center for Advanced Study in the Visual Arts, 7 (1987), pp. 83-84 ; Cristina DE BENEDICTIS, « A proposito di un libro su Buffalmacco », Antichità viva, 13, n° 2 (1974), pp. 8, 10 n. 13 ; Cristina DE BENEDICTIS, « Lippo Memmi », dans Enciclopedia dell’arte medievale, 12 vol., Rome, 1996, 7, p. 732 ; Michael MALLORY, « An Altarpiece by Lippo Memmi Reconsidered », Metropolitan Museum Journal, 9 (1974), p. 201 n. 19 ; Federico ZERI et Elizabeth E. GARDNER, Peintures italiennes : écoles siennoises et italiennes centrales ; Un catalogue de la collection du Metropolitan Museum of Art, New York, 1980, p. 95 ; Sabina SPANNOCCHI, dans La collezione Salini : Dipinti, sculture e oreficerie dei secoli XII, XIII, XIV e XV, éd. Luciano BELLOSI, 2 vol., Florence, 2009, 1, p. 139. |
| 26↑ | Après les publications de Gordon Moran (1976), qui fut le premier à remettre en question l’existence même d’un peintre nommé Barna da Siena – selon lui, ce nom était une transcription erronée de Bartolo di Fredi – et celles d’Antonino Caleca (1976, 1977), qui soutenait que les œuvres autrefois attribuées à « Barna » devaient être réintégrées au catalogue de Lippo Memmi, les historiens de l’art ont divergé quant à l’identification des maîtres des tableaux laissés orphelins après la « disparition » de Barna. Luciano Bellosi (1977) évoquait la « Famiglia Memmi » comme une sorte d’entreprise familiale, tandis que Carlo Volpe (1982) considérait comme plausible l’hypothèse de Moran attribuant les tableaux à Federico Memmi, frère de Lippo. Giovanna Damiani (1985) a soutenu que « l’entreprise de Lippo Memmi correspond à une sorte d’étiquette qui indique l’activité d’une personnalité artistique, qui d’une boîte comprend Lippo et Federico Memmi et qui devraient avoir leur activité aussi personnelle. minori » (la signature de Lippo Memmi correspond à une sorte d’étiquette qui indique non pas l’activité d’une personnalité artistique mais l’activité d’un atelier composé de Lippo et Federico Memmi et qui devait également inclure des figures mineures). Revenant sur la question, Bellosi (1985) jugeait juste de « reconsidérer unitairement tutta la produzione che fa capo al prestigieux atelier familier de Simone Martini, ivi comprese le opere attribuite a Lippo e a Barna » (reconsidérer intégralement toute la production du prestigieux atelier familial dirigé par Simone Martini, y compris les œuvres attribuées à Lippo et Barna). Previtali (1988) va plus loin en affirmant que « lo stile che siamo soliti chiamare ‘Barna’ [. . . ] sta a Simone un po’ come lo stile dei manieristi sta a quello di Michelangiolo » (le style que nous avons l’habitude d’appeler Barna […] est à Simone un peu ce que le style des maniéristes est à Michel-Ange). Previtali propose également, quoique avec prudence, que certaines œuvres habituellement attribuées à Lippo soient réattribuées à Simone lui-même. Pour Leone de Castris (1988), une « distinzione puntuale fra le opere di ‘Barna’ » (distinction précise entre les œuvres de « Barna ») — probablement exécutées, selon lui, par un certain Tederico Memmi — et celles du ‘Maestro della Madonna Straus’, un autre peintre simonesque anonyme, semblait être une « operazione assai difficoltosa » (une tâche plutôt ardue). Miklós Boskovits (2008) et Ada Labriola (2008) ont insisté sur la nécessité de restituer à Lippo Memmi les tableaux attribués à Barna, mais Sabina Spannocchi (2009) préférait encore parler du « cosidetto Barna » (le soi-disant Barna). Voir Gordan MORAN, « Is the Name Barna an Incorrect Transcription of the Name Bartolo? », Paragone, 27 (1976), pp. 76-80 ; Antonio CALECA, « Tre polittici di Lippo Memmi, un’ipotesi sul Barna e la bottega di Simone e Lippo, 1 », Critica d’arte, 41 (1976) : 49-59 ; Antonio CALECA, « Tre polittici di Lippo Memmi, un’ipotesi sul Barna e la bottega di Simone e Lippo, 2 », Critica d’arte, 42 (1977), pp. 55-80 ; Luciano BELLOSI, « Moda e cronologia : B) per la pittura di primo Trecento », Prospettiva, 11 (1977), p. 21 ; Carlo VOLPE, dans Il gotico a Siena : Miniature, pitture, oreficerie, oggetti d’arte, Florence, 1982, pp. 186-187 ; Giovanna DAMIANI, dans Simone Martini e « chompagni », éd. Alessandro BAGNOLI et Luciano BELLOSI, Florence, 1985, 82-85 ; Luciano BELLOSI, dans Simone Martini e « chompagni », éd. Alessandro BAGNOLI et Luciano BELLOSI (Florence, 1985), 94-102 ; Giovanni PREVITALI, « Introduction aux problèmes de la bouteille de Simone Martini », dans Simone Martini (Atti del convegno ; Sienne, 27 - 29 mars 1985), éd. Luciano BELLOSI, Florence, 1988), 160-161 ; Pierluigi LEONE DE CASTRIS, « Problemi martiniani avignonesi: Il ‘Maestro degli angeli ribelli,’ i due Ceccarelli ed altro », dans Simone Martini (Atti del convegno ; Sienne, 27 - 29 mars 1985) , éd. Luciano BELLOSI (Florence, 1988), 230 n. 10 ; Miklós BOSCOVITS, dans Maestri senesi e toscani nel Lindenau -Museum di Altenburg, éd. Miklós BOSCOVITS et Johannes TRIPPS, Sienne, 2008, p. 26 ; Ada LABRIOLA, Simone Martini e la pittura gotica a Siena: Duccio di Buoninsegna, Memmo di Filippuccio, Pietro Lorenzetti, Ugolino di Nerio, Ambrogio Lorenzetti, Lippo Memmi, Matteo Giovanetti, Naddo Ceccarelli, Bartolomeo Bulgarini, Niccolò di ser Sozzo, Florence, 2008), pp. 56-58 ; et Sabina SPANNOCCHI, dans La collezione Salini : Dipinti, sculture e oreficerie dei secoli XII, XIII, XIV e XV, éd. Luciano BELLOSI, 2 vol., Florence, 2009, 1, p. 141. |
| 27↑ | La Madonna della Misericordia de la cathédrale d’Orvieto, signée « Lippus de Sena natus nos pinxit amena », n’est pas datée mais on pense en général qu’elle a été exécutée vers 1320. Cf. Giovanni PREVITALI, « Introduction aux problèmes de la bouteille de Simone Martini », dans Simone Martini (Atti del convegno ; Sienne, 27-29 mars 1985), éd. Luciano BELLOSI, Florence, 1988, p. 156 ; Cristina DE BENEDICTIS, « Lippo Memmi », dans Enciclopedia dell’arte medievale, 12 vol., Rome, 1996, 7, p. 732 ; et Pierluigi LEONE DE CASTRIS, Simone Martini, Milan, 2003, pp. 176-177. La Vierge à l’Enfant du Lindenaum-Museum d’Altenburg est généralement datée d’un peu plus tard ; voir Joseph POLZER, « Symon Martini et Lippus Memmi me pinxerunt », dans Simone Martini (Atti del convegno ; Sienne, 27-29 mars 1985), éd. Luciano BELLOSI, Florence, 1988, p. 168 ; De Benedictis (1996, 7:732) ; Pierluigi LEONE DE CASTRIS, Simone Martini, Milan, 2003, 217 n. 41 ; et Johannes TRIPPS, dans Maestri senesi e toscani nel Lindenau-Museum di Altenburg, éd. Miklós BOSCOVITS et Johannes TRIPPS, Sienne, 2008), p. 49. Pour le diptyque partagé entre la Gemäldegalerie de Berlin et une collection privée qui porte la date de 1333, voir Millard MEISS, « Notes on a Dated Diptych by Lippo Memmi », dans Scritti di storia dell’arte in onore di Ugo Procacci, éd. Maria Grazia CIARDI DUPRÈ et Paolo DAL POGGETTO, 2 vol., Milan, 1977, 1, pp. 137-139 ; Miklós BOSCOVITS, éd., Frühe italienische Malerei : Gemäldegalerie Berlin, Katalog der Gemälde, trad. Erich Schleier, Berlin, 1988, p. 76. |
| 28↑ | Simone Martini, A Bearded Saint. St. Andrew (?). Boston, Boston Museum of Fine Arts. |
| 29↑ | No. 51.2397; Laurence B. KANTER, Italian Paintings in the Museum of Fine Arts, Boston, vol. 1, 13th–15th Century, Boston, 1994, 84, a accepté la datation de l’œuvre partagée par la plupart des historiens de l’art, au début des années 1320. Boskovits avait déjà proposé en 1990 une comparaison entre les deux images du saint. Miklós BOSCOVITS, “Review of Simone Martini by Andrew Martindale,” Kunstchronik, 43 (1990), pp. 595–601. |
| 30↑ | La date du retable est indiquée tantôt comme 1319, tantôt comme 1320. Ces deux dates proviennent de la même source : les Annali du couvent dominicain de Pise, datant du XVIe siècle, qui consignent l’installation du polyptyque au-dessus du maître-autel de l’église Santa Caterina en 1320. Toutefois, cette date, si elle est calculée selon le style pisan en vigueur à l’époque de la réalisation du polyptyque, pourrait correspondre à l’année 1319 du calendrier moderne. Cf. Pierluigi LEONE DE CASTRIS, Simone Martini, Milan, Federico Motta Editore, 2003, p. 352. |
| 31↑ | Terme désignant, depuis le XVe siècle, l’architecture et, à partir du XIXe siècle, l’ensemble des arts visuels européens durant une période s’étendant par convention d’environ 1120 à 1400 en Italie centrale, et jusqu’à la fin du XVe siècle, voire bien avant dans le XVIe siècle, en Europe du Nord et dans la péninsule Ibérique. Le style gothique primitif a chevauché chronologiquement la période romane et a perduré après l’émergence de l’art de la Renaissance, tant en Italie qu’ailleurs. Le terme « gothique » s’applique à la peinture d’Europe occidentale du XIIIe siècle au début du XVe siècle. Contrairement à l’architecture gothique, elle se distingue davantage par des évolutions stylistiques et fonctionnelles que par des changements techniques ; même sur ces plans, il existe une grande diversité nationale et régionale. La pertinence de ce terme pour qualifier la peinture italienne est contestée, tout comme son utilité pour rendre compte de l’évolution de la peinture des Pays-Bas à partir du début du XVe siècle. Les échanges avec l’art byzantin furent intenses au début du XIIIe siècle, mais, après 1250 environ, ils ne subsistèrent principalement que dans le Saint-Empire romain germanique et en Italie. — Peter Kidson, Grove Art © Oxford University Press. |
| 32↑ | Ces dernières décennies, les historiens de l’art s’accordent généralement pour dater des années 1315-1320 les fresques représentant des saints en buste dans le transept nord de l’église inférieure de San Francesco à Assise. Voir Maria Cristina GOZZOLI, dans L’opera completa di Simone Martini, dir. Gianfranco CONTINI et Maria Cristina GOZZOLI, Milan, 1970, pp. 94-95 ; Luciano BELLOSI, « The Beard of Saint Francis: New Proposals for the “Assisi Problem” », Prospettiva, 22 (1980), pp. 13-14 ; et Carlo VOLPE, dans Il Gotico a Siena: Miniature, pitture, oreficerie, oggetti d’arte, Florence, 1982, p. 179. Une datation similaire est proposée pour le polyptyque provenant de l’église Sant’Agostino à San Gimignano ; voir Cristina DE BENEDICTIS, « Painting and Miniatures of the Thirteenth and Fourteenth Centuries in the Land of Siena », dans Painting in Italy: The Thirteenth and Fourteenth Centuries, dir. Enrico CASTELNUOVO, 2 vol., Milan, 1986, t. 1, pp.337-339 ; Andrew MARTINDALE, Simone Martini, Oxford, Phaidon, 1988, pp. 200-202, n. 23 ; Pierluigi LEONE DE CASTRIS, Simone Martini, Milan, Federico Motta Editore, 2003), 349. Le polyptyque aujourd’hui dispersé entre le Metropolitan Museum of Art de New York (n. 41.100.23, collection Lehman, n° 1975.1.12 et 13), le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid et le J. Paul Getty Museum de Los Angeles (n. 82.PB.72) est généralement daté des années 1320, mais l’auteur privilégie une datation plus précoce, vers le milieu des années 1310 ; voir Miklós BOSCOVITS, « From Duccio to Simone Martini », dans Medioevo: La chiesa e il palazzo (Atti del convegno internazionale di studi, Parme, 20-24 septembre 2005), éd. Arturo Carlo QUINTAVALLE, Milan, Università di Parma – Mondadori Electa, 2007, p. 577. |
| 33↑ | La ou les couches utilisées pour préparer le support à recevoir la peinture. |
| 34↑ | Les motifs de poinçon présents sur les quatre panneaux de Washington sont répertoriés comme suit par Mojmir Svatopluk Frinta dans Punched Decoration on Late Medieval Panel and Miniature Painting, Prague, Maxdorf, 1998 : « Da10a » (présent dans des œuvres de Simone Martini allant du polyptyque de San Gimignano au quadriptyque Orsini, ainsi que dans diverses œuvres de Lippo Memmi), pp. 117–119 ; « Ea1 » (présent dans des peintures de Simone dont la provenance probable est Orvieto, dans le quadriptyque Orsini et dans des œuvres de Lippo), p. 189 ; « Fd14a » (utilisé de manière similaire aux poinçons précédents) ; « I16a » (utilisé dans le polyptyque de Simone dont les éléments sont répartis entre le J. Paul Getty Museum, le musée Thyssen-Bornemisza et le Metropolitan Museum of Art, dans l’Annonciation des Offices et dans des panneaux attribués à Lippo), p. 205 ; « I70 » (présent dans des peintures datant de la période d’Orvieto jusqu’à l’Annonciation des Offices, ainsi que dans des œuvres de Lippo), p. 321 ; « Jb59 » (présent dans des œuvres de la période d’Orvieto de Simone et dans le quadriptyque Orsini, mais absent des peintures authentifiées de Lippo), p. 388 ; « Jc15 » (présent dans des peintures de la période d’Orvieto de Simone, dans l’Annonciation des Offices et dans des œuvres de Lippo), 400–401 ; « Ka27a » (présent également dans des peintures de la période d’Orvieto de Simone, dans l’Annonciation des Offices et dans diverses œuvres de Lippo), p. 444 ; et « Ka63 » (utilisé de manière similaire au poinçon précédent), pp. 453–454. |
| 35↑ | Michael MALLORY, « An Altarpiece by Lippo Memmi Reconsidered », Metropolitan Museum Journal 9 (1974), p. 201 n. 19. |
| 36↑ | La Madone provenant de Castiglion d’Orcia n’a pas nécessairement été peinte pour cette localité et a fait l’objet d’attributions diverses par le passé. Serena Padovani (1979) l’a attribuée à Simone, attribution reprise par Alessandro Bagnoli (1997), tandis que Leone de Castris (2003) a estimé qu’elle avait été peinte « en grande partie » par des assistants de l’atelier de Simone, et l’a datée du début des années 1320. Concernant la datation de l’œuvre, il convient de noter que Frinta (1998) y a relevé une empreinte de poinçon présente sur plusieurs œuvres de Simone réalisées durant son séjour à Orvieto, ainsi que sur le polyptyque de Pise (1319-1320) et celui de San Gimignano. Voir Serena PADOVANI, « Una tavola di Castiglione d’Orcia restaurata di recente », Prospettiva, 17 (1979), pp. 82-88 ; Alessandro BAGNOLI, Museo civico e diocesano d’arte sacra di Montalcino, Sienne, 1997, pp. 33, 35 ; Pierluigi LEONE DE CASTRIS, Simone Martini, Milan, Federico Motta Editore, 2003, pp. 209, 354 ; Mojmir Svatopluk FRINTA, Punched Decoration on Late Medieval Panel and Miniature Painting, Prague, Maxdorf, 1998, p. 428. |
| 37↑ | Miklós BOSKOVITS, Online Edition, Italian Paintings of the Thirteenth and Fourteenth Centuries, https://www.nga.gov/research/publications/italian-paintings-thirteenth-and-fourteenth-centuries-0/italian-paintings-thirteenth-and-fourteenth-centuries-saint-james-major-c-13151320 |











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