« Credo »

On appelle Credo [1]Fr : « Je crois ». une profession de foi chrétienne dont l’intitulé reprend le premier mot du texte latin qui la compose. François Boespflug précise qu’il « s’agit d’une formulation ramassée et normative que le chrétien reçoit de la tradition de l’Église pour confesser son Seigneur et déclarer sa foi. » [2]François Boespflug, Le Credo de Sienne. Paris, Cerf, 1985, p. 7.

Il existe essentiellement deux formulations [3]La formule du Symbole de la foi dans la nuit pascale, issue du Concile de Vatican II, est la même que celle du Symbole des Apôtres, mise sous la forme d’un dialogue. du Symbole de la foi, ou Credo, prononcées par l’Eglise : le Symbole de Nicée-Constantinople et le Symbole des Apôtres. Le Symbole de Nicée tient sa grande autorité du fait qu’il est issu des deux premiers Conciles œcuméniques (325 et 381). Ces deux formulations sont attestées dans de très nombreux manuscrits. Cependant, les cycles siennois [4]Cappella dei Signori, Battistero di San Giovanni, Sagrestia Vecchia, … conçus sur ce thème privilégient la plus récente, documentée dans l’Église d’Occident à partir de la fin du Moyen Âge. « La tradition selon laquelle chaque apôtre, à l’occasion de la Pentecôte, contribue à formuler un chapitre de la prière, est attestée dès le IVe-Ve siècle, bien que l’attribution de chaque passage à chacun des douze disciples du Christ ne trouve pas de confirmation univoque. » [5]K. F. BÜHLER, « The Apostles and the Creed », dans Speculum, XXVII, 1953, pp. 335-339 ; J. D. GORDON, « The articles of the Creed and the Apostles », dans Speculum, XL, 1965, pp. 634-640 ; J. N. D. KELLY, I simboli di fede nella Chiesa antica, Naples, 1987 ; M. A. ORCASITAS, Agostino e la sua Arca, il pensiero e la gloria, Pavie, 2000. Bibliographie d’après Anna Rosa … Poursuivre

Symbole de Nicée-Constantinople

Le Symbole de Nicée-Constantinople est celui dont nous connaissons le mieux l’histoire. En 325, les évêques l’ont rédigé lors d’un concile tenu à Nicée, afin de réfuter la thèse d’un prêtre chrétien, Arius, niant la divinité de Jésus. Dans l’esprit du concile, il ne suffisait pas d’excommunier ce prêtre, il fallait aussi affirmer le Christ à la fois “vraiment homme et vraiment Dieu”. En 381, se tient un nouveau concile, à Constantinople, qui reprend le symbole de Nicée, à l’occasion d’une nouvelle contestation portant sur la divinité de l’Esprit Saint. En 451, se tient un troisième concile, cette fois à Chalcédoine. Ce dernier formule le texte du symbole dit de Nicée-Constantinople, synthèse des deux précédents encore en usage à l’heure actuelle. Les catholiques (chrétiens de Rome) ont pourtant assez vite modifié le symbole de Nicée-Constantinople en ajoutant que l’Esprit Saint procédait du Père “et du Fils” (latin : filioque). Les orthodoxes ont, quant à eux, toujours refusé cet ajout de la formule “et du Fils”. La polémique a pris certaines proportions et provoqué la séparation des Églises d’Orient (Constantinople) et d’Occident (Rome) lors du schisme de 1054.

  1. Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem caeli et terrae, visibilium omnium et invisibilium.
  2. Et in unum Dominum Jesum Christum Filium Dei unigenitum.
    Et ex Patre natum ante omnia saecula. Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero.
  3. Genitum, non factum, consubstantialem Patri : per quem omnia facta sunt. Qui propter nos homines, et propter nostram salutem decendit de caelis.
  4. Et incarnatus est de Spiritu sancto ex Maria Virgine : Et homo factus est.
  5. Crucifixus etiam pro nobis : sub Pontio Pilato passus, et sepultus est.
  6. Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas.
  7. Et ascendit in caelum : sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus est cum gloria, judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis.
  8. Et in Spiritum sanctum, Dominum, et vivificantem : qui ex Patre Filioque procedit. Qui cum Patre et Filio simul adoratur, et conglorificatur : qui locutus est per Prophetas.
  9. Et unam, sanctam, catholicam, et apostolicam Ecclesiam.
  10. Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum.
  11. Et expecto resurrectionem mortuorum.
  12. Et vitam venturi saeculi. [6]« Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles ; il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui … Poursuivre
Symbole des apôtres

On ne connaît pas l’origine exacte du Symbole des apôtres. Les chrétiens de Rome ont peut-être appelé ce texte Symbolum apostolorum (Symbole des Apôtres) parce qu’il contient douze articles, dont chacun aurait, selon la légende, été donné par l’un des douze apôtres.

Depuis le Moyen Âge [7]Émile Mâle, L’art religieux en France de la fin du Moyen Âge en France. Paris, Librairie A. Colin, 1908 (7e édition, 1998), p. 247., la tradition postule que cette profession de foi est dénommée Symbole des Apôtres parce que chacun des apôtres y aurait apporté sa contribution, et avance même, avec cependant certaines variantes, la répartition des rôles entre chacun des Douze. Il semble qu’il faille remonter au VIe siècle pour en trouver l’origine à travers deux sermons pseudo-augustiniens (Sermo 240, Sermo 241), sans doute l’œuvre d’un prédicateur gaulois, qui transmettent une sorte de leçon de catéchisme tout en donnant une explication de la composition du Symbole :

  • Pierre dit : Je crois en Dieu le Père tout-puissant, 
  • Jean dit : Créateur du ciel et de la terre. 
  • Jacob dit : Je crois aussi en Jésus-Christ son Fils unique Notre-Seigneur. 
  • André dit : Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie. 
  • Philippe dit : A souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli. 
  • Thomas dit : Est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité d’entre les morts. 
  • Barthélemy dit : Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, 
  • Matthieu dit : D’où il viendra juger les vivants et les morts. 
  • Jacques, fils d’Alphée : Je crois au Saint-Esprit, la sainte Église catholique, 
  • Simon le Zélote : La communion des saints, la rémission des péchés, 
  • Judas, fils de Jacques : La résurrection de la chair, 
  • Matthias acheva : La vie éternelle. Amen.

Le catéchisme du Concile de Trente, rédigé sous la direction de Charles Borromée, définit le mot symbole [8]A l’origine, le symbolon était un objet coupé en deux dont deux hôtes conservaient chacun la moitié qu’ils transmettaient à leurs enfants : les deux parties rapprochées servaient à faire reconnaître les porteurs et à prouver les relations contractées antérieurement. en ces termes : « Cette profession de foi […] que les apôtres avaient composée, ils l’appelèrent symbole, soit parce qu’ils la formèrent de l’ensemble des vérités différentes que chacun d’eux formula, soit parce qu’ils s’en servirent comme d’une marque et d’un mot d’ordre qui leur ferait distinguer aisément les vrais soldats de Jésus-Christ des déserteurs et des faux frères qui se glissaient dans l’Église pour corrompre l’Evangile » (1, 1, 2).

  1. Credo in Deum Patrem omnipotentem, Creatorem caeli et terrae.
  2. Et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum,
  3. qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine,
  4. passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus,
  5. descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis,
  6. ascendit ad caelos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis,
  7. inde venturus est iudicare vivos et mortuos.
  8. Credo in Spiritum Sanctum,
  9. sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem,
  10. remissionem peccatorum,
  11. carnis resurrectionem,
  12. vitam aeternam. [9]« Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de … Poursuivre
Le Credo prophétique et apostolique : un motif iconographique

On trouve dans l’art médiéval et jusqu’au début de la Renaissance une étonnante transposition visuelle du Credo des Apôtres, appelée Credo ou Symbole prophétique et apostolique. Celle-ci a pour visée principale de rendre visible l’exigence du lien qui doit nécessairement unir l’Ancien Testament au Nouveau, le premier étant présenté, en quelque sorte, comme la préfiguration du second. On peut en admirer l’une des plus belles traductions en France dans la Chapelle Jean de Bourbon, à Cluny. À Sienne, ce motif trouve sa mise en œuvre la plus spectaculaire dans le Credo peint par Lorenzo Vecchietta sur les voûtes du Baptistère.

« Il y avait une façon […] simple de faire sentir les divines concordances de l’Ancien et du Nouveau Testament : c’était de mettre face à face les prophètes et les apôtres. Le XIIIe siècle avait aimé cette opposition qui parlait d’elle-même. Qui les voyait, aux fenêtres hautes de Bourges, les uns au nord, les autres au sud, tous pareils, tous revêtus de la même tunique, ne pouvait s’empêcher d’admirer cette étonnante ressemblance. On songeait que ces hommes avaient annoncé le même Sauveur. Plus d’un peut-être, en les contemplant, crut entendre un grand chœur à deux parties où les voix se répondent d’abord, puis s’unissent.
« L’opposition des prophètes et des apôtres a été l’un des sujets favoris de l’art du XVe siècle, et, chose étrange, cette opposition se présente, au XVe siècle, avec un caractère de grandeur qu’elle n’a pas au XIIIe. Chacun des apôtres, en effet, tient à la main une banderole sur laquelle est écrite une phrase du Credo, tandis que les prophètes présentent des versets choisi dans leurs livres. Or, il se trouve que chaque verset prophétique correspond à une affirmation du Credo. Ce sont là les phrases de ce grand dialogue entre la Loi Ancienne et la Loi Nouvelle. Pas une dissonance dans ce chant alterné ; des siècles avant Jésus-Christ, les prophètes récitaient déjà les articles du Symbole des apôtres, mais sur un autre mode. » [10]Émile Mâle, L’art religieux en France de la fin du Moyen Âge en France. Paris, Librairie A. Colin, 1908 (7e édition, 1998), p. 246.

« Si les prophètes représentés diffèrent parfois [11]L’étude de Françoise Gay fait apparaître que « David, Isaïe, Ézéchiel, Daniel, Osée, Joël et Amos figurent dans tous les ensembles. Jérémie est absent de deux ensembles et la présence des autres prophètes est plus occasionnelle. », les apôtres eux, sont généralement les mêmes, mais ils ne figurent pas toujours dans le même ordre. On a parfois estimé qu’ils étaient repris suivant la liste établie dans le Sermo de symbolo longtemps attribué à Augustin : Petrus dixit : Credo in Deum, Patrem omnipotentem … Suivent Jean, Jacques le Majeur, André, Philippe, Thomas, Barthélémy, Matthieu, Jacques, Simon, Jude et Matthias. On est donc loin d’avoir toujours le même prophète face au même apôtre. Généralement […], les premiers articles sont présentés par Jérémie et Pierre, David et André, Isaïe et Jacques le Majeur ; ensuite il n’y a pas de choix systématique. […] Trois textes prophétiques se retrouvent […] dans tous les Credo répertoriés. Il s’agit du verset 7 du Psaume II et de la citation d’Isaïe VII, […] puis de Daniel XII […]. Ensuite viennent Michée VII, 19 et Joël II, 28 […]. » [12]Françoise Gay, « Prolongation : ailleurs et plus tard », In-Scription : revue en ligne d’études épigraphiques [En ligne], Deuxième livraison, mis à jour le : 23/10/2019, URL : https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=228.

Essai de synthèse des citations et de leurs concordances au sein du Credo prophétique et apostolique
APÔTRE ARTICLE DU SYMBOLE DES APÔTRES PROPHÈTE VERSET DE L’ANCIEN TESTAMENT
PierreCredo in unum Deum Omnipotentem, creatorem coeli et terrae (Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre).Jérémie « Patrem invocabitis qui terram fecit et condivit cœlum » (« Vous m’invoquerez en tant que Père qui a fait la terre et construit les cieux »). D’après le Livre de Jérémie (Jr 3, 19).
AndréEt in Jesum Christum filium ejus (Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur).DavidDominus dixit ad me filius meus es tu filius meus es ego hodie genui te (« L’Éternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui »). Livre des Psaumes (Ps 2, 7).
Jacques le MajeurQui conceptus est de Spiritu Sancto, natus est ex Maria Virgine ([…] qui a été conçu du Saint Esprit, né de la vierge Marie).IsaïeEcce Virgo concipiet [et pariet filium (« Voici que la vierge est enceinte[, elle enfantera un fils] »). Livre dIsaïe (Es 7, 14).
Jean (Thomas)Passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus est ([…] qui a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli). Daniel0 mors, ero mors tua, morsus tuus ero, Inferne ». (« Ô mort, je serai ta mort ; je serai ta morsure, enfer »). Livre dOsée (Os 13, 14).
Thomasdescendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis ([…] est descendu aux enfers, est ressuscité le troisième jour d’entre les morts). OséeO mors, ero mors tua, morsus tuus ero, Inferne (« Ô mort, je serai ta mort ; je serai ta morsure, enfer »). Livre dOsée (Os 13, 14).
Jacques le Mineurascendit ad cælos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis ([…] est monté aux cieux et est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant).AmosQui aedificat in cœlo ascensionem suam (« […] celui qui dresse son escalier dans le ciel […] »). Livre dAmos (Am 9, 6)
Philippeinde venturus est iudicare vivos et mortuos ([…] d’où il doit venir juger les vivants et les morts). SophonieAscendam ad vos in judicium et ero testis velox (« Je m’approcherai de vous pour le jugement, Et je me hâterai de témoigner […] »). Livre de Malachie (Ma 3, 5)
BarthélémyCredo in Spiritum Sanctum (Je crois au Saint-Esprit). JoëlEffundam de Spiritu meo super omnem carnem (« […] après cela, je répandrai mon esprit sur tout être de chair »). Livre de Joël (Jl 2, ).
Matthieusanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem ([Je crois] à la sainte Église catholique, à la communion des saints). MichéeInvocabunt omnes nomen Domini et servient ei (« ). Livre de Michée (Mi
Ps 71, 11
Simonremissionem peccatorum ([Je crois] à la rémission des péchés). MalachieDeponet Dominus omnes iniquitates nostras (« Le Seigneur piétinera nos péchés »). Livre de Malachie (Ma 2
Michée (Mi 7, 19)
Jude Thaddéecarnis resurrectionem ([Je crois] à la résurrection de la chair). ZacharieEducam vos de sepulchris tuis, popule meus (« Je vous ferai sortir de vos sépulcres »). Livre de Zacharie (Za 37, 12)
suscitabo filios tuos (« Je ressusciterai tes fils ») Zacharie (Za 9, 13)
Mathiasvitam aeternam ([Je crois] à la vie éternelle). EzéchielEvigilabunt ad vitam, alii ad mortem (). Livre de Daniel (Da 12, 2) [13]Il existe parfois des erreurs d’attribution ou des échanges de textes entre deux prophètes. Ici, Ezéchiel cite Daniel.
D’après Émile Mâle, « L’art religieux en France de la fin du Moyen Âge en France ». Paris, Librairie A. Colin, 1908 (7e édition, 1998), p. 248.
Fra Angelico, la Lex amoris de l’armoire des argents : 1424,5 cm2 de complexité
Fra Angelico, « Lex Amoris », 38,5 x 37 cm. Détail de l’ « Armadio degli Argenti ». Florence, Museo di San Marco.

Le panneau peint par Fra Angelico, consacré à la Lex Amoris [14]La Lex novaLex dicitur amoris ou Les Amoris (Loi d’Amour), est le nom donné au Nouveau Testament, en opposition à la Lex vetus ou Lex Timoris (ou Loi de la Crainte) : l’Ancien Testament., provient de l’Armadio degli Argenti (Florence, Museo di San Marco). Les vantaux de cette armoire illustrent un nombre important d’épisodes de la vie du Christ.

Dans le dernier panneau du cycle, la Loi d’Amour apparaît personnifiée sous les traits d’une jeune femme portant un livre ouvert et un bouclier où se lit l’inscription « Lex Amoris » qui la désigne ; une grande partie du champ pictural est occupée par un chapelet de volutes apposées sur un candélabre à sept branches, certaines enchevêtrées avec celles-ci, ainsi que de chaque côté de la croix dorée qui s’élève depuis le bras central du chandelier, symbolisme clair de la supériorité du Nouveau Testament sur l’Ancien : cette image est tirée, comme Stefano Orlandi l’a remarqué pour la première fois [15]Stefano Orlandi, Beato Angelico, Florence, Olschki, 1964., d’un passage de la Summa Theologica de Thomas d’Aquin [16]« […] la Nouvelle Loi est comparée à l’Ancienne comme le parfait à l’imparfait. Or tout ce qui est parfait comble ce qui manque à l’imparfait. Et en conséquence la Nouvelle Loi remplit l’Ancienne en suppléant à ce qui manquait à l’Ancienne Loi. » Thomas d’Aquin, Summa Theologica (I, II, 107)., dans lequel les extraits d’Ezéchiel et de Grégoire présents dans le premier panneau sont également cités [17]Voir Armadio degli Argenti.. Thomas d’Aquin est ainsi le théologien de la Loi d’amour (le Nouveau Testament) par opposition à la Lex Timoris, l’Ancien, auctoritas ou référence à la base du cycle de l’Angelico. Contrairement aux autres panneaux qui composent l’ensemble, celui-ci ne fait pas l’objet, dans les banderoles inférieure et supérieure, d’inscriptions issues de l’Ancien et du Nouveau Testament. En revanche, l’écrit envahit l’essentiel de l’image elle-même, créant un ensemble signifiant d’une complexité telle qu’elle ne peut être le fait que d’un auteur expert en Écritures saintes tel que peut l’être un moine rompu à leur fréquentation. Fra Angelico était de ceux-là. Comme pourraient le révéler quelques erreurs ou interversions, il semble qu’il ait tracé les inscriptions de mémoire pour construire ce petit monument d’érudition et de complexité.

Pour l’essentiel, les inscriptions sont répartie en deux groupes : en bas, sont réunies celles qui concernent les sept sacrements de l’Église, en haut se détachent sur un ciel d’azur, douze citations tirées des prophètes de l’Ancien Testament sont disposées face aux douze versets réputés avoir été prononcés par les apôtres articulées de manière à former le motif iconographique du Credo prophétique et apostolique.

Le schéma de composition de cette marée d’inscriptions est le suivant (traductions et références en notes) :

PATREM INVOCABITIS QVI TERRAM FECIT ET CONDIDIT CELUS. IEREMIA. [18]Patrem invocabitis qui terram fecit et condidit cœlum (« Vous m’invoquerez en tant que Père qui a fait la terre et construit les cieux »). Cette citation ne correspond pas au texte de Jérémie malgré les références à Ez 3, 19-29-12 et 10, 12 ; Isaïe 51. Les deux premiers mots (Patrem invocabitis) rappellent Jérémie 3, 19 Patrem vocabis me, et post me ingredi non … Poursuivre

DOMINUS DIXIT AD ME FILIUS MEUS ES TU. DAVID. [19]Dominus dixit ad me Filius meus es tu, ego hodie genui te.] (« L’Eternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui. » Livre des Psaumes (Ps 2, 7).

ECCE VIRGO CONCIPIET ET PARIET FILIVM. ISAIA [20]Ecce virgo concipiet et pariet filiumet vocabitur nomen eius Emmanuel (« Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel. »). Livre d’Isaïe (Es 7, 14).

ASPICIENT OMNES AD ME QVONIAM CONFITERVNT. ÇACARIA. [21][…] et effundam super domum David et super habitatores Hierusalem spiritum gratiae et precum et aspicient ad me quem confixerunt et plangent eum planctu quasi super unigenitum et dolebunt super eum ut doleri solet in morte primogeniti (« Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, Et ils tourneront les regards vers … Poursuivre

O MORS ERO MORS TVA ERO MORSVS TVVS INFERNE. OSÉE. [22]O mors, ero mors tua morsus tuus ero, inferne (« O mort, je serai ta mort ; je serai ta morsure, enfer »). Livre d’Osée (Os 13, 14).

QVI EDIFICAT IN CELO ASCENSIONEM SVAM. AMOS. [23][…] qui aedificat in caelo ascensionem suam et fasciculum suum super terram fundavit qui vocat aquas maris et effundit eas super faciem terrae Dominus nomen eius (« Il a bâti sa demeure dans les cieux, Et fondé sa voûte sur la terre ; il appelle les eaux de la mer, et les répand à la surface de la terre : l’Éternel est son nom. »). Livre d’Amos (Am 9, 6).

ET ACCEDAM AD VOS IN IUDICIO 7 ERO TESTIS VELOX. SOPHO(NIA). [24]Et accedam ad vos in iudicio et ero testis velox maleficis et adulteris et periuris et qui calumniantur mercedem mercennarii viduas et pupillos et opprimunt peregrinum nec timuerunt me dicit Dominus exercituum (« Je m’approcherai de vous pour le jugement, et je me hâterai de témoigner contre les enchanteurs et les adultères, contre ceux qui jurent faussement, contre ceux … Poursuivre

COMMVNICABIT MECVM DE BONIS. SALOMO REX. [25]Quia comunicabit mecum de bonis (« J’ai donc résolu d’amener la Sagesse à partager ma vie, car je savais qu’elle serait ma conseillère pour bien agir, mon réconfort dans les soucis et la tristesse. »). Livre de la Sagesse (Sa 8, 9).

EFFUNDAM DE SPIRITV SANTO SUPER OMNEM TERRAM. IOEL. [26]Et erit post haec effundam spiritum meum super omnem carnem et prophetabunt filii vestri et filiae vestrae senes vestri somnia somniabunt et iuvenes vestri visiones videbunt (« Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair ; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos vieillards auront des songes, Et vos jeunes gens des visions. ») Livre de Joël (Jl 2, 28).

EDVCAM VOS DE SEPVLCHRIS VESTRIS POPVLVS MEVS. DANIEL. [27]Propterea vaticinare, et dices ad eos : Haec dicit Dominus Deus : Ecce ego aperiam tumulos vestros, et educam vos de sepulchris vestris, populus meus, et inducam vos in terram Israel. (« Prophétise donc, et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici, j’ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple, et je vous ramènerai dans le pays … Poursuivre

EVIGILABUNT OMNES ALII AD VITA ETERNAM 7ALII IN OPPROBRIVM. EÇECH(IEL). [28][…] et multi de his qui dormiunt in terrae pulvere evigilabunt alii in vitam aeternam et alii in obprobrium ut videant semper (« Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l’opprobre, pour la honte éternelle. »). Livre de Daniel (Da 12, 2).

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DEUS PATER [29]« Dieu le Père. »

YHS XPS [30]« Jésus-Christ. »

NATIVITAS

PASSIO

RESURECTIO

ASCENSIO

ADVENT(US) IN MUNDO [31]« Venue dans le monde. »

SPI(RI)TVS SANCTVS

ECGL(ESI)A CV(M) S(AN)CT(I)S [32]« L’Église et les saints. »

VENIA CRI(MINUM) [33]« Pardon du crime (des péchés ».

SUSCITATIO HOMINEM (« Éveil de l’homme. »))

VITA ETERNA [34]« Vie éternelle. »

CREDO IN (UNUM) DEVM PATREM O(MN)IPOTENTEM CREATOREM CELVM ET TERRAM [35]Credo in unum Deum Omnipotentem, creatorem coeli et terrae (« Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. ») Article 1.

ET IN YHVM XPM FILIVM EIVS VINCVM DOMINVM [36]Et in Jesum Christum filium ejus (« Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur. »). Article 2.

QUI CONCEPT(US) EST DE SP(SPIRIT)V S(AN)C(T)O NAT(TUS EST) EX MARIA VIRGINE [37]Qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus est ex Maria Virgine (« […] qui a été conçu du Saint Esprit, né de la vierge Marie. »). Article 3.

PASS SVB PONTIO PILATO [38]Passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus est (« […] qui a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli. »). Article 4.

DESCENDIT AD INFEROS [39][…] descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis (« […] est descendu aux enfers, est ressuscité le troisième jour d’entre les morts. »). Article 5.

TERTIA DIE RESURREXIT A MORT(U)IS [40]Article 5, d’après l’ Évangile selon Saint Luc (Lc 24, 39-46-47-51) : Postquam resurrexit a mortis vinculis, Dominus noster (« Après être ressuscité des liens de la mort, notre Seigneur [… »). Article 6.

ASCENDIT AD CELOS SEDET AD DESTRA DEI PATRIS OMNIPOTENTIS [41]« […] ascendit ad cælos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis ([…] est monté aux cieux et est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant. »). Article 7.

INDE VENTVRVS E IVDICARE VIVOS 7MORTVOS [42]« […] inde venturus est iudicare vivos et mortuos (« […] d’où il doit venir juger les vivants et les morts. »). Article 8.

CREDO IN SPIRITVM SANCTVM [43]Credo in Spiritum Sanctum (« Je crois au Saint-Esprit. »). Article 9.

SANCTAM ECCLESIAM CATOLICAM S(AN)C(T)O(RVM) CO(MMUN)IONEM [44][…] sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem (« [« à la sainte Église catholique, à la communion des saints. »). Article 10.

REMISSIOREM PECCATORVM [45][…] remissionem peccatorum (« à la rémission des péchés. »). Article 11.

CARNIS RESURRECTIONE(M) VITAM ETERNAM. AMEN [46][…] carnis resurrectionem, vitam aeternam. Amen (« à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen. »). Article 12.

OM(N)ES IN MOISE BACTIÇÇATI ESTIS I(N) NUBE 7 I(N) MA(R)I [47]Omnes in Moyse baptizati (estis) sunt in nube et in mari (), Première épitre aux Corintiens (1 Cor 1, 2).

QUERITE DOMINVM 7 CONFIRMAMINI [48]Laetetur cor quaerentium Domerite, et confirmamini: faciem eius semper (« Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse : cherchez le Seigneur, et soyez affermis : cherchez sans cesse sa face. »). Livre des Psaumes (Ps 104, 03-04).

SACERDOTES STETERV(N)T IN ORDINE SVO [49]Iuravit Dominus et non paenitebit eum tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech (« Le service fut ainsi organisé : les prêtres se tenaient à leur place, de même les lévites, en fonction de leurs classes, selon le commandement du roi. »). Deuxième livre des Chroniques (2 Ch 35, 1).

MELCHISEDEC OTTVLIT PANEM 7 VINVM [50]Melchisedec obtulit panem et vinum (« Melchisedec offrit le pain et le vin. »). Livre de la Genèse (Ge 14, 18).

SI PECCAVERIT ANIMA AGAT PENITENTIA P(RO) P(E)CAT(O) SVO [51]Il s’agit de deux versets du Lévitique, chapitre 5 : Si peccaverit anima, et audierit vocem jurantis, testisque fuerit quod aut ipse vidit, aut conscius est: nisi indicaverit, portabit iniquitatem suam (« lorsque quelqu’un, après avoir été mis sous serment comme témoin, pêchera en déclarant pas ce qu’il a vu ou ce qu’il sait, il restera chargé de sa faute. »). … Poursuivre

QVOS DEVS CONIV(N)GIT HO(MO) NON SEPARER [52]Itaque iam non sunt duo sed una caro quod ergo Deus coniunxit homo non separet (« Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. »). Évangile selon Matthieu (Mt 19, 6).

VNTIONES CO(N)FICIET SA(N)ITATIS [53]In his curans mitigabit dolorem : et unguentarius faciet pigmenta suavitatis, et unctiones conficiet sanitatis: et non consummabuntur opera ejus (« Le médecin utilise les plantes pour soigner et ôter la douleur, le pharmacien en fait des préparations. Ainsi l’œuvre de Dieu ne se termine pas : le bien-être qui vient de lui s’étend sur la face de la terre. »). Siracide ou … Poursuivre

BACTISMVS (sic)

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CONFIRMATIO

ORDO

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EUCHARISTIA

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PENITENTIA

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MATRIMONIUM

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EXTREMA UNCTIO

ITE DOCETE OMNES GENTES BACTIÇÇA(N)TES EOS. [54]Eutes ergo docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus Sanctus (« Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »). Évangile selon Matthieu (Mt 28, 19).

TV ALIQUANDO CO(N)VERS(VS) CO(N)FIRMA FR(ATRE)S TVOS. [55]Ego pro te rogavi, Petre, ut non deficiat fides tua; et tu aliquando conversus confirma fratres tuos (« Moi, j’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne defaille pas ; et toi, une fois converti, confirme tes frères. »). Évangile selon Luc (Lc 22, 32).

TV ES SACERD(O)S SECV(N)DV(M) ORDINEM MELCHISEDEC. [56]Tu es sacerdos in aeternum, secundum ordinem Melchisedech (« Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech. »). Livre des Psaumes (Ps 109, 4).

HOC E(ST) (ENIM) CO(R)P(VS) MEVM. HOC FACITE IN ME COM(M)E(M)ORATIONE(M). [57]Et accepto pane gratias egit et fregit et dedit eis dicens hoc est corpus meum quod pro vobis datur hoc facite in meam commemorationem (« Ensuite il prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. »). Évangile selon Luc (Lc 22, 19).

NISI PENITENTIA(M) EGE(RIA) (HABUER)ITIS OM(NE)S SIMVL PERIBITIS. [58]Non, dico vobis: sed nisi poenitentiam habueritis, omnes similiter peribitis (« Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. »). Évangile selon Luc (Lc 13, 3).

SACRAMENTVM HOC MAGNVM EST EGO AVTEM DICO IN XPO ET IN ECC(LES)IA. [59]Sacramentum hoc magnum est ego autem dico in Christo et in ecclesia (« Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église. »). Épitre aux Éphésiens (5, 32).

I(N)FI(R)MAT(VR) QUIS I(N) VOBIS I(N)DVCAT P(RE)SBITEROS (ET ORENT SVPER EVM) V(N)GEN(TES) EV(M) OLEO (IN NOMINE DOMINI) 7 OR(ATI)O FIDEI SALVABIT INFIRMVM 7 SI P(E)C(AT)O SIT REIEI (?) EI [60]Infirmatur quis in vobis ? et orent super eum, ungentes eum oleo in nomine Domini, et oratio fidei salvabit infirmum et si in peccatis sit dimittentur ei (« Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade, et le … Poursuivre

Notes

Notes
1 Fr : « Je crois ».
2 François Boespflug, Le Credo de Sienne. Paris, Cerf, 1985, p. 7.
3 La formule du Symbole de la foi dans la nuit pascale, issue du Concile de Vatican II, est la même que celle du Symbole des Apôtres, mise sous la forme d’un dialogue.
4 Cappella dei Signori, Battistero di San Giovanni, Sagrestia Vecchia, …
5 K. F. BÜHLER, « The Apostles and the Creed », dans Speculum, XXVII, 1953, pp. 335-339 ; J. D. GORDON, « The articles of the Creed and the Apostles », dans Speculum, XL, 1965, pp. 634-640 ; J. N. D. KELLY, I simboli di fede nella Chiesa antica, Naples, 1987 ; M. A. ORCASITAS, Agostino e la sua Arca, il pensiero e la gloria, Pavie, 2000. Bibliographie d’après Anna Rosa CALDERONI MASETTI, « Concerto d’arti », dans Max Seidel (dir.), Storia delle arti in Toscana. Il Trecento, Florence, Edifir – Cassa di Risparmio di Firenze, 2004, pp. 117-146.
6 « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles ; il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts; et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen. »
7 Émile Mâle, L’art religieux en France de la fin du Moyen Âge en France. Paris, Librairie A. Colin, 1908 (7e édition, 1998), p. 247.
8 A l’origine, le symbolon était un objet coupé en deux dont deux hôtes conservaient chacun la moitié qu’ils transmettaient à leurs enfants : les deux parties rapprochées servaient à faire reconnaître les porteurs et à prouver les relations contractées antérieurement.
9 « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. »
10 Émile Mâle, L’art religieux en France de la fin du Moyen Âge en France. Paris, Librairie A. Colin, 1908 (7e édition, 1998), p. 246.
11 L’étude de Françoise Gay fait apparaître que « David, Isaïe, Ézéchiel, Daniel, Osée, Joël et Amos figurent dans tous les ensembles. Jérémie est absent de deux ensembles et la présence des autres prophètes est plus occasionnelle. »
12 Françoise Gay, « Prolongation : ailleurs et plus tard », In-Scription : revue en ligne d’études épigraphiques [En ligne], Deuxième livraison, mis à jour le : 23/10/2019, URL : https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr:443/in-scription/index.php?id=228.
13 Il existe parfois des erreurs d’attribution ou des échanges de textes entre deux prophètes. Ici, Ezéchiel cite Daniel.
14 La Lex novaLex dicitur amoris ou Les Amoris (Loi d’Amour), est le nom donné au Nouveau Testament, en opposition à la Lex vetus ou Lex Timoris (ou Loi de la Crainte) : l’Ancien Testament.
15 Stefano Orlandi, Beato Angelico, Florence, Olschki, 1964.
16 « […] la Nouvelle Loi est comparée à l’Ancienne comme le parfait à l’imparfait. Or tout ce qui est parfait comble ce qui manque à l’imparfait. Et en conséquence la Nouvelle Loi remplit l’Ancienne en suppléant à ce qui manquait à l’Ancienne Loi. » Thomas d’Aquin, Summa Theologica (I, II, 107).
17 Voir Armadio degli Argenti.
18 Patrem invocabitis qui terram fecit et condidit cœlum (« Vous m’invoquerez en tant que Père qui a fait la terre et construit les cieux »). Cette citation ne correspond pas au texte de Jérémie malgré les références à Ez 3, 19-29-12 et 10, 12 ; Isaïe 51. Les deux premiers mots (Patrem invocabitis) rappellent Jérémie 3, 19 Patrem vocabis me, et post me ingredi non cessabis (« Tu m’appelleras : mon père ! Et tu ne te détourneras pas de moi »). Livre de Jérémie (Jr 3, 19). « La seule citation non biblique est présentée par Jérémie dans […] la Lex Amoris de Fra Angelico ; Patrem invocabitis qui terram fecit et condidit coelum est un texte que l’on trouve déjà dans tous les manuscrits à partir du Verger de Soulas. On pourrait reconnaître dans ce texte ou bien un verset de Jérémie 10, 12, ou bien une interférence entre le verset 3, 19 de Jérémie et un texte que Guillaume Durand attribue à DavidA principio terram fundasti et opus manuum tuarum caeli, verset de Ps CII, 26 cité sous la forme d’Hébreux I, 10. » Françoise Gay, Prolongation : ailleurs et plus tard, https://in-scription.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=228, consulté le 02.06.2022.
19 Dominus dixit ad me Filius meus es tu, ego hodie genui te.] (« L’Eternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui. » Livre des Psaumes (Ps 2, 7).
20 Ecce virgo concipiet et pariet filiumet vocabitur nomen eius Emmanuel (« Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel. »). Livre d’Isaïe (Es 7, 14).
21 […] et effundam super domum David et super habitatores Hierusalem spiritum gratiae et precum et aspicient ad me quem confixerunt et plangent eum planctu quasi super unigenitum et dolebunt super eum ut doleri solet in morte primogeniti (« Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. »). Livre de Zaccharie (Za 12, 10).
22 O mors, ero mors tua morsus tuus ero, inferne (« O mort, je serai ta mort ; je serai ta morsure, enfer »). Livre d’Osée (Os 13, 14).
23 […] qui aedificat in caelo ascensionem suam et fasciculum suum super terram fundavit qui vocat aquas maris et effundit eas super faciem terrae Dominus nomen eius (« Il a bâti sa demeure dans les cieux, Et fondé sa voûte sur la terre ; il appelle les eaux de la mer, et les répand à la surface de la terre : l’Éternel est son nom. »). Livre d’Amos (Am 9, 6).
24 Et accedam ad vos in iudicio et ero testis velox maleficis et adulteris et periuris et qui calumniantur mercedem mercennarii viduas et pupillos et opprimunt peregrinum nec timuerunt me dicit Dominus exercituum (« Je m’approcherai de vous pour le jugement, et je me hâterai de témoigner contre les enchanteurs et les adultères, contre ceux qui jurent faussement, contre ceux qui retiennent le salaire du mercenaire, qui oppriment la veuve et l’orphelin, qui font tort à l’étranger, et ne me craignent pas, dit l’Eternel des armées. »). Livre de Malachie (Ma 3, 5).
25 Quia comunicabit mecum de bonis (« J’ai donc résolu d’amener la Sagesse à partager ma vie, car je savais qu’elle serait ma conseillère pour bien agir, mon réconfort dans les soucis et la tristesse. »). Livre de la Sagesse (Sa 8, 9).
26 Et erit post haec effundam spiritum meum super omnem carnem et prophetabunt filii vestri et filiae vestrae senes vestri somnia somniabunt et iuvenes vestri visiones videbunt (« Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair ; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos vieillards auront des songes, Et vos jeunes gens des visions. ») Livre de Joël (Jl 2, 28).
27 Propterea vaticinare, et dices ad eos : Haec dicit Dominus Deus : Ecce ego aperiam tumulos vestros, et educam vos de sepulchris vestris, populus meus, et inducam vos in terram Israel. (« Prophétise donc, et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici, j’ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple, et je vous ramènerai dans le pays d’Israël. »). Livre d’Ezéchiel, (Ez, 37, 12).
28 […] et multi de his qui dormiunt in terrae pulvere evigilabunt alii in vitam aeternam et alii in obprobrium ut videant semper (« Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l’opprobre, pour la honte éternelle. »). Livre de Daniel (Da 12, 2).
29 « Dieu le Père. »
30 « Jésus-Christ. »
31 « Venue dans le monde. »
32 « L’Église et les saints. »
33 « Pardon du crime (des péchés ».
34 « Vie éternelle. »
35 Credo in unum Deum Omnipotentem, creatorem coeli et terrae (« Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. ») Article 1.
36 Et in Jesum Christum filium ejus (« Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur. »). Article 2.
37 Qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus est ex Maria Virgine (« […] qui a été conçu du Saint Esprit, né de la vierge Marie. »). Article 3.
38 Passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus est (« […] qui a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli. »). Article 4.
39 […] descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis (« […] est descendu aux enfers, est ressuscité le troisième jour d’entre les morts. »). Article 5.
40 Article 5, d’après l’ Évangile selon Saint Luc (Lc 24, 39-46-47-51) : Postquam resurrexit a mortis vinculis, Dominus noster (« Après être ressuscité des liens de la mort, notre Seigneur [… »). Article 6.
41 « […] ascendit ad cælos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis ([…] est monté aux cieux et est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant. »). Article 7.
42 « […] inde venturus est iudicare vivos et mortuos (« […] d’où il doit venir juger les vivants et les morts. »). Article 8.
43 Credo in Spiritum Sanctum (« Je crois au Saint-Esprit. »). Article 9.
44 […] sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem (« [« à la sainte Église catholique, à la communion des saints. »). Article 10.
45 […] remissionem peccatorum (« à la rémission des péchés. »). Article 11.
46 […] carnis resurrectionem, vitam aeternam. Amen (« à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen. »). Article 12.
47 Omnes in Moyse baptizati (estis) sunt in nube et in mari (), Première épitre aux Corintiens (1 Cor 1, 2).
48 Laetetur cor quaerentium Domerite, et confirmamini: faciem eius semper (« Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse : cherchez le Seigneur, et soyez affermis : cherchez sans cesse sa face. »). Livre des Psaumes (Ps 104, 03-04).
49 Iuravit Dominus et non paenitebit eum tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech (« Le service fut ainsi organisé : les prêtres se tenaient à leur place, de même les lévites, en fonction de leurs classes, selon le commandement du roi. »). Deuxième livre des Chroniques (2 Ch 35, 1).
50 Melchisedec obtulit panem et vinum (« Melchisedec offrit le pain et le vin. »). Livre de la Genèse (Ge 14, 18).
51 Il s’agit de deux versets du Lévitique, chapitre 5 : Si peccaverit anima, et audierit vocem jurantis, testisque fuerit quod aut ipse vidit, aut conscius est: nisi indicaverit, portabit iniquitatem suam (« lorsque quelqu’un, après avoir été mis sous serment comme témoin, pêchera en déclarant pas ce qu’il a vu ou ce qu’il sait, il restera chargé de sa faute. »). Lévitique 5, 1) et Agat pœnitentiam pro peccato suo (« Celui donc qui se rendra coupable de l’une de ses choses, fera l’aveu de son pêché. »). Lévitique 5, 5).
52 Itaque iam non sunt duo sed una caro quod ergo Deus coniunxit homo non separet (« Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. »). Évangile selon Matthieu (Mt 19, 6).
53 In his curans mitigabit dolorem : et unguentarius faciet pigmenta suavitatis, et unctiones conficiet sanitatis: et non consummabuntur opera ejus (« Le médecin utilise les plantes pour soigner et ôter la douleur, le pharmacien en fait des préparations. Ainsi l’œuvre de Dieu ne se termine pas : le bien-être qui vient de lui s’étend sur la face de la terre. »). Siracide ou livre de Ben Sira (38, 7-8).
54 Eutes ergo docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus Sanctus (« Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »). Évangile selon Matthieu (Mt 28, 19).
55 Ego pro te rogavi, Petre, ut non deficiat fides tua; et tu aliquando conversus confirma fratres tuos (« Moi, j’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne defaille pas ; et toi, une fois converti, confirme tes frères. »). Évangile selon Luc (Lc 22, 32).
56 Tu es sacerdos in aeternum, secundum ordinem Melchisedech (« Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech. »). Livre des Psaumes (Ps 109, 4).
57 Et accepto pane gratias egit et fregit et dedit eis dicens hoc est corpus meum quod pro vobis datur hoc facite in meam commemorationem (« Ensuite il prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. »). Évangile selon Luc (Lc 22, 19).
58 Non, dico vobis: sed nisi poenitentiam habueritis, omnes similiter peribitis (« Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. »). Évangile selon Luc (Lc 13, 3).
59 Sacramentum hoc magnum est ego autem dico in Christo et in ecclesia (« Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église. »). Épitre aux Éphésiens (5, 32).
60 Infirmatur quis in vobis ? et orent super eum, ungentes eum oleo in nomine Domini, et oratio fidei salvabit infirmum et si in peccatis sit dimittentur ei (« Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné. »). Lettre de Jacques apôtre (5, 14-15).